FORMATION PROFESSIONNELLE: UNE ALTERNATIVE ET DES OPPORTUNITÉS

FORMATION PROFESSIONNELLE: UNE ALTERNATIVE ET DES OPPORTUNITÉS

Considérée, à tort, comme étant le réceptacle de l'échec scolaire, la formation professionnelle est en
réalité une alternative, une option supplémentaire offerte aux jeunes désireux d'apprendre un métier.
Aujourd'hui, nombreux sont les bacheliers et les universitaires à chercher à intégrer certains centres
d’excellence, à l’exemple de celui des TIC de Bou Ismaïl ou de celui dédié à l’électronique, de Schneider
de Rouiba. Une consécration ultime pour le secteur q ui forme, chaque année, une main-d’oeuvre qualifiée
et qui fait mûrir les projets de milliers de jeunes entrepreneurs.
Par : Nesrine Charikhi

 

S’il y a un secteur qui
ne connaît pas la crise,
c'est bien celui de la
formation professionnelle !
Année après année, le secteur
se développe et continue
son expansion. De nouvelles
spécialités voient le jour à
chaque rentrée et l'offre de
formation s'enrichit au fil du
temps et des mutations socioéconomiques
du pays.
Cette dynamique d’expansion
est rendue possible grâce
aux résultats enregistrés par
le secteur. Les sortants de la formation professionnelle,
tous niveaux confondus,
n'ont aucun mal à s'intégrer
dans le monde du travail.
En témoignent les chiffres
de l'Anem. Pour le premier
trimestre de 2017, l'Agence
nationale de l'emploi a placé
durant les six derniers mois
83% des sortants de la
formation professionnelle.
«Ce sont plus de deux cent
mille demandeurs d’emploi,
issus de la formation
professionnelle, qui ont été
placés entre trois et six
mois après leur inscription à
l'agence», précise Mohamed
Tahar Chaâlal. Le directeur
général de l'Anem confirme
la tendance : «Les jeunes de
la formation professionnelle
ont beaucoup plus de chance
d'être insérés dans le marché
de l'emploi. La majorité
d’entre eux, pour ne pas dire
l'écrasante majorité, des
jeunes qui ont réussi à faire un
parcours professionnel, tant
au niveau du salariat que dans
l'entreprenariat, sont issus de
la formation professionnelle.»

L’apprentissage : clé de la réussite
Même son de cloche du côté de
l'Ansej. 65% des financements
de l'Agence nationale de soutien
à l'emploi des jeunes ont été
accordés au profit de porteurs
de projets issus de la formation
professionnelle. Pour Mourad
Zemali, actuel ministre du Travail
et ancien directeur général de
le l'Ansej, c'est la proximité
des jeunes avec l'entreprise
qui est à l'origine de ce succès.
«C'est le mode de formation,
en apprentissage, qui favorise
l'entreprenariat. Le stagiaire
passe quatre jours par semaine,
durant les deux années et demie
de sa formation, en entreprise. Il
devient un employé comme les
autres.» Durant sa formation, le
stagiaire a toute la latitude de voir
et d'apprendre le fonctionnement
d'une entreprise. Il apprend à
utiliser le matériel et à intervenir
sur la chaîne de production. C'est
un premier pas dans la vie active
pour «l'employé-stagiaire» qui
peut entrer en contact avec les
fournisseurs et démarcher des
clients. «Le stagiaire apprend
plus que les rouages du métier,
il acquiert aussi le sens de
l'entreprenariat», affirme l'ancien
directeur général de l’Ansej.
Les entreprises jouent, elles
aussi, le jeu. En plus d’accueillir
en leur sein des stagiaires durant
leur formation, elles sont invitées
à intervenir directement dans
l'élaboration des contenus et
des programmes dispensés.
Certaines entreprises sont
carrément partenaires dans
l’offre de formation et s’engagent
à recruter tous les sortants des
centres d'excellence, à l'exemple
de Cosider pour le centre
d'excellence des travaux public
ou celui d’Algérie Télécom pour
le Centre dédié aux nouvelles
technologies de l’information et
de la communication.

Accompagner
le développement
économique du pays
Mohamed Mebarki, ministre
de l'Enseignement et de la
Formation professionnelle,
dans son allocution, lors de la
cérémonie de remise de diplômes
aux lauréats de la formation
professionnelle, n'a pas manqué
de saluer le rôle essentiel du
secteur économique. Pour lui, il
est indispensable de multiplier
les passerelles entre son secteur
et les entreprises pour «définir
les profils des candidats et le
contenu des formations, afin
de nous permettre de mieux
répondre aux attentes des
entreprises et de satisfaire les
besoins réels du développement
économique du pays». D’autant
que, dans la nomenclature des
formations, certains secteurs sont
prioritaires, tels que l’agriculture,
le BTP, le tourisme et l’industrie.
Sur les 300.000 diplômés sortant
de la formation professionnelle
pour l'année scolaire 2016-2017,
une soixantaine a été honorée
lors d'une cérémonie qui s'est
déroulée début juillet au Palais
de la culture. Parmi ces lauréats
honorés, Khallil Mahdid qui a
décroché son BTS mécanique
automobile avec la mention
«Excellent». Du haut de ses 23
ans, Khalil ne se pose pas de
question quant à son avenir.
Il a un objectif clair : intégrer
l'entreprise Renault Algérie de
Oued Tlelat pendant un temps,
avant de se lancer dans la soustraitance.
«L’industrie automobile est en
plein essor, dit-il. Que ce soit
avec Renault, Volkswagen ou
Hyundai, beaucoup d'opportunités
existent.» Celui qui rêvait
juste d'être mécanicien se voit
aujourd’hui en chef d’entreprise,
travaillant pour les plus grands
constructeurs automobiles dans le
monde.
L’entreprenariat, c’est également
la voie qu'a choisie Tarek Smaïli.
Natif de Bordj Bou-Arréridj, ce
jeune homme a choisi l’installation
et la maintenance des panneaux
solaires comme spécialité.
Après un stage de deux ans et
demi chez Condor Electronics,
Tarek est prêt à se lancer. Il a
même préparé son businessplan.
«Le domaine est encore
vierge, le pays recèle d'énormes
potentialités. Je veux être parmi
les premiers à me positionner sur
ce marché.» Pour lui, le passage
aux énergies renouvelables est
inéluctable, surtout en ces temps
de baisse du prix du baril.
Si les passerelles existent avec
les entreprises, il manque
encore d'autres liens à créer
avec l'université. En aucun
cas, les jeunes de la formation
professionnelle ne peuvent
intégrer l'enseignement supérieur.
Un manque à gagner évident
pour la maîtrise technologique,
la recherche scientifique et
l'enseignement universitaire.
L'autre zone d'ombre est
l'absence de formation
continue. Le secteur n'offre
pas l'opportunité à ses sortants
d'actualiser leurs connaissances
ni d'en acquérir de nouvelles
dans des domaines qui évoluent
pourtant très vite. Ces efforts
dans la diversification de l'offre
et des contenus de formation
professionnelle sont freinés, à
terme, par l'obsolescence des
savoir-faire acquis.

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page