RICCARDO NICOLAI ÉCRIVAIN ITALIEN, AUTEUR DU ROMAN Ali Bitchin, pour l’amour d’une princesse

RICCARDO NICOLAI ÉCRIVAIN ITALIEN, AUTEUR DU ROMAN Ali Bitchin, pour l’amour d’une princesse

Dans cette inter view, l’écrivain romancier Riccardo Nicolai, auteur du
roman Ali Bitchin, pour l’amour d’une princesse, a par tagé avec nous
l’expérience qu’il a vécue en Algérie quand il a commencé à faire des
recherches sur ce personnage mythique. Il nous parle aussi du succès
que son ouvrage a connu en Italie, mais aussi en Algérie.
Propos recueillis par Nassima Bensalem

Votre dernier roman
porte sur un personnage
italien ayant vécu en
Algérie, comment vous est
venu l’idée d’écrire cette
histoire ? Quelles étaient
vos inspirations ?
Moi, j’habite à Mirteto, un
village près de la ville de
Massa en Toscane (Italie),
là où Ali (personnage du
roman) a vécu. L’idée
d’écrire le roman Ali Bitchin
m’est venue, il y a quelques
années lorsque j’ai retrouvé
une lettre que le Prince de
la ville Alberico Malaspina
avait écrite à Aldino Piccinin
(tel était son nom italien qui
signifie petit) quand il fut
enlevé par les barbaresques
d’Alger alors qu’il avait 10
ans. Cela a créé un déclic
et j’ai commencé mes
recherches qui m’ont conduit
dans un voyage incroyable,
fascinant et émouvant.
Qu’en est-il de l’aspect
historique autour du
parcours d’Ali Bitchin ?
Ali est un personnage qui a
réellement existé. On sait
de lui qu’il fut un corsaire
incroyable et que cet
aspect lui a valu le titre de
Amiral de la flotte navale
algérienne, puis chef de
la Taifa (corporation des
Raïs) et enfin, Pacha. Pour
RICCARDO NICOLAI
63 DZIRI
ses capacités de corsaire
redoutable, il fut nommé
Le lion des mers. Ali tombe
amoureux d’une femme,
Lalla Lallahoum, fille du roi
Koukou, Ahmed Belkadi.
Il l’épousa et lui offrit une
mosquée comme cadeau
de mariage, cette mosquée
existe toujours et se trouve
dans la basse Casbah,
plus précisément à Zoudj
‘Ayoun. La mosquée a été
construite avec le marbre
des montagnes de ma terre
(Italie).

Vous avez adapté le roman à
une pièce théâtrale en Italie,
cette adaptation a-t-elle
connu un succès ? Comptezvous
présenter cette oeuvre
en Algérie ?
Le metteur en scène Alberto
Nicolai, mon frère, a tiré et
adapté du roman une pièce
qui a eu un énorme succès
en Italie. Pour reproduire
la pièce en Algérie, nous
avons déjà rencontré à deux
reprises le directeur de
l’Opéra d’Alger, M. Noureddine
Saoudi. Nous avons aussi
eu une discussion avec la
directrice du Centre culturel
italien, Mme Maria Battaglia,
nous sommes donc en train
de préparer la représentation
de la pièce à Alger.
Comment le livre a-t-il été
accueilli en Italie ?
En Italie, personne ne
connaissait l’histoire de Aldo
Piccinin et surtout on ignorait
cette page de l’histoire. Le
livre a connu un succès,
mais le grand succès a été
constaté auprès des lecteurs
algériens à tel point que son
Excellence, l’ambassadeur
d’Algérie à Rome a décidé
d’organiser une conférence
portant sur le roman et
la pièce théâtrale le 13
septembre 2017. Plusieurs
personnes relevant du monde
de la culture de la diplomatie
et de l’art y ont pris part.

Pensez-vous que ce
personnage italien ayant
vécu en Algérie a pu créer
un certain lien entre les
deux pays, essentiellement
après la publication de
votre roman qui a fait
renaître l’histoire de ce
marin qui n’a plus jamais
quitté l’Algérie ?
Ce roman a permis de créer
un lien fort entre les deux
pays, un pont est en train de
se construire entre les deux
rives de la Méditerranée.
Mon ambition est que la
relation entre les deux pays
soit renforcée davantage et
je pense que c’est possible.
Je souhaiterai aussi qu’un
jumelage entre ma ville natale
Massa et le quartier de la
Casbah d’Alger voie le jour.
L’Algérie a inspiré
beaucoup d’écrivains
étrangers, qu’en est-t-il
pour vous ?
Avant d’imprimer mon roman,
je suis venu à Alger, je voulais
être Ali, être dans la peau
de ce personnage. Lors de
mon séjour, j’ai parcouru la
rue des Esclaves, j’ai visité la
mosquée Ali Bitchin et aussi
le palais Bastion 23 là où
Ali a vécu une partie de sa
vie, j’ai vécu des moments
forts en émotions. J’ai fait
renaître le personnage en
moi au point de sentir l’air
qu’il respirait, voir avec ses
propres yeux, toucher avec
ses mains, j’ai même écouté
avec ses oreilles. Toute cette
expérience m’a vraiment ému.
Je me suis senti Ali Bitchin,
un corsaire, un marin, j’ai
vraiment revécu le moment au
point de sentir sa présence en
me baladant dans les ruelles
de la Casbah. Un jour en étant
à la plage, j’ai eu l’impression
qu’une voix me parlait et qui
me disait : ‘‘La Méditerranée,
elle non plus n’a pas de
nation, elle est de tous ceux
qui sont à son écoute, d’ici et
de là, là où le soleil naît et là
où il meurt’’. C’est la préface
du roman. C’est pour cela que
j’estime que tout est possible,
il y a un lien qui relit les deux
rives de la mer. Je termine
en disant : Ali Bitchin vit
toujours. Merci à lui, merci à
moi-même.

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