Les dangers des intoxications alimentaires

Les dangers des intoxications alimentaires

On ne cessera jamais de parler des intoxications alimentaires. Un phénomène qui s’accentue surtout en été. Tous les produits alimentaires sont exposés aux germes. Les restaurants, les pizzerias, les campus universitaires et les salles des fêtes sont des foyers à haut risque pour les cas d’intoxication alimentaire.

 

Par Fayçal Djoudi

 

Des denrées alimentaires avariées, l’expiration du délai de consommation, le manque d’hygiène et l’insalubrité des lieus de consommation ou encore la vente de produits exposés au soleil. Des pratiques commerciales frauduleuses perpétrées quotidiennement, au su et au vu des consommateurs, souvent attirés par les bas prix, sans se soucier des risques de sécurité ou de santé associés. Les chiffres sont accablants : au moins 3.000 à 4.000 cas d’intoxication alimentaire sont recensés chaque année en Algérie.

Au cours du 1er semestre de l'année 2017, le Ministère de la Santé, de la Population et de la réforme hospitalière a enregistré 2.863 cas d'intoxication alimentaire au niveau national, ayant entraîné 2 décès dans les wilayas de Chlef et d'El Oued. Ces cas d’intoxication alimentaire ont été enregistrés durant la période allant du premier janvier au 9 juillet dans 22 wilayas du pays. La wilaya de Bouira vient en tête de ce funeste classement avec 882 cas d'intoxications alimentaires collectives à l'occasion de la célébration du nouvel an amazigh (Yennayer), suivie par la wilaya de Relizane avec près de 500 cas, de Jijel avec 335 cas, de Mascara avec 208 cas, d'El Oued avec 200 cas et par le reste des 22 wilayas, mais à un degré moindre.

 

Le défaut d’hygiène représente 50% des infractions 

Le défaut d'hygiène, qui englobe l'infraction de la rupture de la chaîne de froid, arrive toujours en tête des principales infractions constatées en matière de contrôle de la conformité et de la répression des fraudes. Il représente environ 50% des infractions répertoriées. Afin de renforcer et d’améliorer les capacités techniques des agents de contrôle en matière de contrôle de rupture de la chaîne de froid, le ministère du Commerce s'est doté, depuis trois ans, des moyens les plus modernes en la matière, indique un responsable de ce département. « Les inspecteurs de contrôle disposent des instruments les plus modernes comme la puce électronique permettant de suivre l'enregistrement et l'évolution de la température dans le temps ou encore du thermomètre infrarouge qui est un moyen sophistiqué et moderne dans le contrôle du respect de la chaine de froid », explique-t-il.

 

Impossible de contrôler des repas lors des fêtes de mariage

 

Ces intoxications sont majoritairement dues au non-respect des règles d’hygiène ainsi qu’à la rupture de la chaine du froid, notamment pour les produits périssables tels que les œufs, utilisés dans la confection des gâteaux et des pâtisseries, les viandes ou encore le lait et ses dérivés... Une situation qui s’explique par un problème juridique qui empêche les agents de contrôle d’effectuer des investigations dans les salles des fêtes ou lors de repas collectifs. Le bras de fer est donc engagé entre des traditions héritées du temps où la population était réduite, et la nécessité de préserver la santé publique dans un pays qui compte, désormais, selon les dernières statistiques,  41,7 millions d’habitants … 

 

Sur la quarantaine d’associations activant dans la défense et la protection des consommateurs, une quinzaine d’entre elles ont bénéficié, en 2016, d’un montant de 10 millions de dinars, au titre de l’exercice 2017.À cette occasion, le président de l’Association Apoce (Alger protection et orientation du consommateur), Mustapha Zebdi a mis en garde contre la désunion qui règne dans les rangs du mouvement associatif. Dans ce contexte, il a souligné la nécessité de coordonner les actions menées dans le domaine de la défense et de la protection des consommateurs, et de renforcer les campagnes de vulgarisation et de sensibilisation à l’endroit de ces derniers.

 

Le président de l’Apoce qualifie de «très faible» le mouvement de défense et de protection des consommateurs en Algérie en dépit de son importance. « Malheureusement, les associations activant dans ce domaine sont mal vues par certains organismes relevant de tous les secteurs, santé, transport, autorités locales…du fait qu’elles dénoncent des réalités qui peuvent gêner les organismes en question». La crainte se fait sentir également, ajoutera-t-il, auprès de certains opérateurs économiques, qui «oublient que nous sommes leurs partenaires dans l’amélioration de la qualité de leurs produits et services».

 

Cependant, ce qui semble le plus inquiétant, demeure «cette guerre de positionnement au sein de la société», qui règne et divise les différentes associations de protection des consommateurs et qui au final affaiblit leur rôle et l’efficacité de leurs actions.

À noter qu’une quarantaine d’associations agréées activent aujourd’hui à travers le pays dans le domaine de la protection des consommateurs, dont trois nationales et le restant réparti entre associations de wilaya et de commune.

Que faire en cas d’intoxication ?

Une intoxication alimentaire peut être due à des bactéries ou à des virus qu’on trouvera dans des aliments mal cuits, mal conservés ou consommés dans de mauvaises conditions d’hygiène. Que faire en cas d’intoxication alimentaire ? Voici ce que recommandent les spécialistes.

 Première chose à faire : diagnostiquer l’intoxication alimentaire par un médecin.

Dès que l'intoxication alimentaire est envisagée, faites en sorte de vous hydrater régulièrement et de vous reposer. Les principes à respecter sont les mêmes qu'en cas de gastro-entérite. Ceux-ci restent valables tant que les symptômes persistent (ils peuvent être présents entre 24 heures et dix jours en fonction de la nature de l'intoxication). Dans les premiers temps et pour faciliter une bonne réhydratation, buvez par petites gorgées plutôt que par grands traits et évitez les boissons gazeuses ; les boissons sucrées en général, qui vont avoir tendance à aggraver la diarrhée comme le café. Au niveau de l’alimentation, tant que vous n’êtes pas complètement remis, ne mangez pas de produits solides (en particulier tant que vous présentez des vomissements ou une diarrhée) ; d’aliments gras ou frits ; de produits laitiers.

La meilleure solution reste de prendre des soupes maison, peu grasses et peu salées. Dans les premières 48 heures, vous pouvez sauter certains repas (pour laisser votre système digestif se normaliser sans trop le fatiguer). Pendant une petite semaine, privilégiez les aliments plutôt fades (pain, riz, pommes de terre...) et mangez en petites quantités et régulièrement si vous avez faim.

 

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