50e festival national de théâtre amateur Un demi-siècle d’art et de partage

50e festival national de théâtre amateur Un demi-siècle d’art et de partage

Tout a commencé en 1967. Un groupe de passionnés du 4e art, issus des scouts musulmans, avec à sa tête le regretté Djilali Abdelhalim, a  décidé d’offrir à Mostaganem un événement culturel. Cinquante ans après, il est impossible de dissocier le Festival du nom de cette magnifique ville côtière de l’ouest algérien. Le Festival national de théâtre amateur, doyen des festivals de théâtre, non seulement au niveau maghrébin mais aussi, à l’échelle africaine et arabe. Il s’agit d’un des plus anciens festivals de théâtre dans le monde, après celui d’Avignon.

Par Farès M.

Cette année, ce rendez-vous culturel, qui a témoigné du passage des plus grands noms du théâtre algérien, célèbre un demi-siècle d’existence. Un record de longévité pour un événement qui a connu des hauts et des bas, mais a toujours répondu présent pour les amateurs du 4e art venus des quatre coins du pays.

Un programme haut en couleur

Pour cette 50e édition, pas moins de vingt troupes amatrices se sont produites sur les planches du théâtre régional de Mostaganem, Djalili Abdelhalim, et celles de la salle bleue de la Maison de culture Ouled Abderrahmane Kaki.  Les artistes ont également  joué au théâtre régional d’Oran, au théâtre régional de Mascara et à la Maison de culture de  Relizane. En plus des représentations en section off qui ont été données dans de nombreuses communes de Mostaganem, à l’instar de Stidia et  Ain Tedles. «Nous avons opté pour de nombreuses scènes et ce, dans le but de permettre aux troupes qui participent au festival de toucher le maximum de gens et aussi d’offrir aux habitants des villes limitrophes un aperçu du festival», explique Mohamed Boudane, directeur artistique du FNTA.  Cette année, le FNTA  a accueilli trois troupes invitées d’honneur,  venues d’Espagne, de France et de Tunisie.

L’histoire du doyen des festivals de théâtre a également été mise à l’honneur lors du symposium organisé les 14 et 15 juillet dernier. Fidèle à son objectif premier qui est la formation des artistes en herbe, le festival a abrité cette année deux ateliers dont un consacré à la danse urbaine avec le chorégraphe français, Jonathan Leureux, et un second, dédié à l’actorat, encadré par le comédien tunisien, Mahrez Elghali.

De nouveaux partenaires

En évolution constante, le Festival national de théâtre amateur est un événement qui a su se bonifier et gagner en maturité au fil des années. C’est aussi un rendez-vous culturel dédié à l’échange et au partage d’expériences. Preuve en est, la signature cette année d’une convention avec le Festival arabe de théâtre juvénile du Caire. Cette nouvelle collaboration permettra non seulement des échanges entre les deux institutions, mais offrira également une place en compétition officielle au Caire pour le lauréat du grand prix du FNTA.  

Jamais très loin des cœurs des Algériens, la Palestine a aussi été présente à ce rendez-vous artistique devenu incontournable par le biais de l’Union culturelle palestinienne avec laquelle une convention a également été signée. Profondément engagé pour la cause palestinienne, le FNTA  a décidé de baptiser son premier prix «le prix Palestine», et ce, afin de rendre hommage au peuple martyr et à sa lutte acharnée contre l’occupant.

Enfin chez soi !

Ayant occupé, pendant des années, les locaux de la Maison de culture de Mostaganem, le commissariat du FNTA s’est vu cette année offrir son propre siège. Un véritable soulagement pour l’équipe artistique qui a longuement souffert de l’exigüité de son ancien local. Réceptionné le 2 avril dernier par le ministre de la Culture, il s’agit d’un centre culturel complet, abritant de nombreux espaces et une petite salle de théâtre. Situé au quartier Mont Plaisir à l’est du centre-ville de Mostaganem,  le centre est un véritable acquis pour le festival, mais aussi pour toute la région. Une région qui respire le théâtre et la joie de vivre.

Djamel Bensaber, ancien commissaire du festival national de théâtre amateur.

Dziri Magazine : Vous avez longtemps été à la tête du FNTA qui fête cette année ses 50 ans. Comment évaluez-vous ce parcours ?

Djamel Bensaber : Le festival a avancé à pas de géant. Grâce à cet événement, je dirais que  le mouvement du théâtre amateur se porte mieux. Les artistes dits amateurs font souvent face à de nombreux obstacles et manquent de soutien financier. Mais cela ne les a guère découragés, bien au contraire. Malgré les difficultés,  ils participent par leur créativité et intelligence à étoffer le répertoire national du théâtre. Au fil de ces cinquante ans d’existence, le festival est devenu un véritable forum pour les jeunes et moins jeunes qui se côtoient et discutent non seulement de la culture, mais aussi des choses de la vie.

Estimez-vous que le festival a rempli sa mission au profit des jeunes talents ?

Aujourd’hui, plus de 80% des jeunes comédiens, visibles dans les productions des quatorze théâtres régionaux dont dispose l’Algérie, ont effectué au moins un passage par le festival de théâtre amateur de Mostaganem. Ce sont des jeunes passionnés que nous avons formés et qui ont bénéficié de nos stages. Le théâtre amateur est devenu un réservoir de talents pour le théâtre professionnel.

Il y a eu des tentatives de faire sortir le festival de son statut national, pourquoi cela n’a pas abouti ?

Pour ma part, j’ai  tenté trois fois de lui donner une dimension internationale. Chacune de mes  tentatives a rencontré un succès retentissant, surtout auprès du public. Il y a eu une édition maghrébine, une édition euro-méditerranéenne et une édition mondiale au cours de ces cinquante années d’existence. Hélas, les responsables du ministère de tutelle nous ont à chaque fois rappelés à l’ordre et demandé de préserver le cachet national du festival. C’est bien dommage, car il serait vraiment intéressant de collaborer avec les troupes amatrices qui viennent d’autres rives. Certes, le festival doit respecter son cahier des charges, mais cela n’empêche pas de s’ouvrir sur d’autres horizons. A mon avis, le festival doit être jumelé avec d’autres festivals similaires de par le monde pour qu’il puisse s’enrichir et offrir plus d’échange et d’expérience aux jeunes artistes amateurs.

Propos recueillis par Farès M.

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