CANCER DE LA PROSTATE EN ALGÉRIE TRAITEMENTS ET DIAGNOSTIC ?

CANCER DE LA PROSTATE EN ALGÉRIE TRAITEMENTS ET DIAGNOSTIC ?

Le cancer de la prostate arrive en tête des cancer s
masculins. Ainsi, il est classé par mi les 5 types
de cancers les plus fréquents dans le monde. En
2015, plus de 1.500 nouveaux cas ont été détectés
en Algérie, sauf que les spécialistes parlent d’un
nombre beaucoup plus élevé par rapport aux
chiffres déclarés… Quelle est la prévalence de
cette maladie en Algérie ? Comment détectet-
on un cancer de la prostate ? Quels sont les
traitements proposés ? Explications du professeur
Mustapha Yaker, radiologue et directeur du Centre de
cancérologie de Sidi Abdellah.
Par Karima Belasli

Quels en sont les traitements adéquats ?

Le traitement appliqué dépend du stade
de la maladie. Lorsque la tumeur est
confinée à la glande, le traitement peut
être chirurgical, par radiothérapie, en
particulier par Tomothérapie en raison de
la réduction de ses effets secondaires,
par curiethérapie avec implantation
de grains d’or sous échographie. Un
autre type de traitement par ultra-sons
focalisés se développe aux USA et en
Europe. Lorsque la tumeur a dépassé les
limites de la glande, le traitement se fait
par radiothérapie, à un stade plus évolué,
on associe castration et hormonothérapie.
Cependant, aucune existence à ce jour
de remèdes naturels. En conclusion, il n’y
a aucun conseil particulier à émettre, il
suffit d’avoir une bonne hygiène de vie et
une alimentation saine.

Dziri : Le cancer de la prostate est de
plus en plus fréquent comme le constate
les urologues…
Professeur Yaker : Les chiffres concernant
l’Algérie ne sont pas très fiables. Récemment
on a parlé de 1.500 nouveaux cas par an sur
45.000 nouveaux cas pour une population de
40 millions. À titre de comparaison, le récent
rapport sur les cancers en France en 2016
donne un chiffre de 54.000 nouveaux cas par
an sur 210.882 cancers affectant les hommes
et un total de 384.442 nouveaux cas.
Comment se déroule le diagnostic ?
«Le diagnostic positif se fait par biopsies de
la prostate réalisées sous échographie (12
à 24 prélèvements) ». À partir de 50 ans,
tout homme doit contrôler sa prostate, une
glande au sein de laquelle se développent
généralement des tumeurs. Bien qu’elles
peuvent être bénignes (adénomes), elles
peuvent être aussi cancéreuses. On évoque
un adénome de la prostate (ou hypertrophie
bénigne de la prostate, HBP) quand la partie
centrale de la glande gonfle.
Quels sont les différents types du cancer
de la prostate ?
Il existe effectivement plusieurs types
histologiques de cancers, mais 90% d’entre
eux sont des adénocarcinomes. Ceux-ci
sont classés en grade selon un score dit de
Gleason qui indique le niv eau de gravité ; il

est établi lors de l’analyse des biopsies.
Ces cancers sont aussi classés selon le
niveau d’agressivité. Ce niveau traduit le
développement du cancer, d’abord à l’intérieur
de la glande, puis dans la zone autour de la
glande (envahissement local) puis à distance
(métastases dans les ganglions, les os, etc.)
Peut-on guérir d’un cancer de la
prostate ?
C’est une maladie curable qui dans l’immense
majorité des cas évolue très lentement. Par
exemple, Mitterand, lors de son élection en
1981, était porteur d’un cancer de la prostate.
Il en est mort en 1995.
Existe-t-il des symptômes communs qui
caractérisent la maladie ?
Il n’y a pas de symptômes du cancer de
la prostate. Il est parfois suspecté par un
taux élevé de PSA (enzyme prostatique
retrouvée dans le sang) mais ce dosage n’est
absolument pas spécifique. A la faveur d’un
toucher rectal, l’urologue peut détecter une
zone d’induration et prescrire des biopsies.
Actuellement, la tendance est à la réalisation
d’IRM de la prostate avant les biopsies afin
d’établir une évaluation de la glande et
des structures adjacentes et de guider les
biopsies. Par contre, il peut être découvert
dans les formes évoluées par des hématuries
(sang dans les urines), des douleurs osseuses
(métastases osseuses).

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