INTERVIEW DU RÉALISATEUR RIADH TOUAT « L’Algérie est un challenge »

INTERVIEW DU RÉALISATEUR RIADH TOUAT « L’Algérie est un challenge »

C’est l’histoire d’un jeune qui rencontre d’autres jeunes. Leur point en
commun : l’Algérie. Dans cette inter view accordée à Dziri Magazine,
le réalisateur Riadh Touat raconte l’aventure naissante de la série
Wesh derna ?
Propos recueillis par : Farès M.

Dziri Magazine : Comment
est conçu un épisode de
Wesh derna ?
Riadh Touat : Avec Wesh
Derna, tout se fait au feeling.
Je fais du « one shot ». Il n’y
a ni scénario ni répétition. Les
intervenants ne connaissent
pas les questions à l’avance
et j’essaye d’adapter la
discussion en fonction des
profils. Par ailleurs, on pourra
remarquer que certaines
questions que je considère
importantes reviennent
dans les différents épisodes,
notamment celles en rapport
avec la fuite des cerveaux et la
décennie noire. Ce sont, à mon
sens, deux sujets importants.
Le premier en rapport avec nos
compétences. L’autre évoque
une partie sombre de notre
histoire.
Quel a été le budget
nécessaire à cette
production?
Je n’ai pas eu besoin de grand chose pour réaliser le projet.
Une simple caméra que j’avais
déjà, un micro et beaucoup de
nuits blanches ! Et c’est aussi
ça le message que j’ai envie de
véhiculer à
travers ce projet. C’est qu’il
est possible de faire des
choses avec peu de moyens.
Il suffit de travailler et d’y
croire mais, surtout, de faire le
premier pas.

Parlons-en, quel est votre
message à travers Wesh
derna ?
A travers ce projet, le message
que je souhaite véhiculer
c’est que nous ne sommes
pas moins compétents que
d’autres. Que l’Algérie se
construit par tous et que ses
forces vives doivent prendre
conscience qu’il y a encore
énormément de choses à
faire, malgré les difficultés.
L’Algérie est un challenge et je
suis persuadé que c’est par le
travail et l’engagement citoyen
qu’on pourra améliorer les
choses.

Prochainement

Après avoir tourné déjà trois épisodes
de Wesh derna, disponibles sur la
chaîne youtube du jeune réalisateur,
d'autres épisodes ne devraient
pas tarder à voir le jour, si l’on en
croit Riadh Touat. « A ce jour, j’ai
tourné avec plus d’une quinzaine de
personnes. Je continue les inter views.
En fait, le travail avance au fur et à
mesure des rencontres », confie le
réalisateur.

Naziha, 30 ans, jeune chef d’entreprise

« J'aimerais changer le regard des
Algériens qui n'aiment plus l'Algérie.
J'aimerais pourvoir faire en sorte qu'ils
voient mieux ce qu'ils ne voient pas.
L'Algérie est un pays très jeune, plus
jeune que nos propres parents ! Il y a une
certaine spontanéité, il y a une joie de
vivre et beaucoup d’humour. Mais il y a,
surtout, énormément de choses à faire »

Houda, 31 ans, pharmacienne

« J'adore l'humour algérien car il fait
partie des bonnes choses en Algérie.
Les Algériens, qu’ils soient tristes ou
contents, vont toujours trouver le
moyen de rire de leur situation. Il y a
beaucoup d'autodérision. Surtout durant
les années 90, on faisait même des
blagues sur le terrorisme ! »

Moncef Bouhadji, 27 ans, manager dans une entreprise algéro-canadienne

« L'Algérie c'est un territoire. C’est un
pays. Que veux-tu que l'Algérie fasse
pour toi ? Avant de te poser cette
question, qu’est ce que tu as fait, toi,
pour l'Algérie concrètement ? Cite-moi
trois ou quatre choses que tu as faites
pour ce pays ? »

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