SORTIE DE CRISE VUE PAR TEBBOUNE LES PME POUR DIVERSIFIER L’ÉCONOMIE

SORTIE DE CRISE VUE PAR TEBBOUNE LES PME POUR DIVERSIFIER L’ÉCONOMIE

Sur les 60 pages q ue compte le document du plan d’action du gouvernement Tebboune, le chapitre
économique occupe une bonne par tie. Le premier ministre signe la fin de la cr oissance par la dépense
publique uniquement. Le secteur économique, notamment le privé, est appelé à pr endre le relais.
Abdelmadjid Tebboune tranche avec l’équipe précédente et décrète la fin des « mégaprojets »
investissements pour libérer davantage de financements en dir ection des micro-entreprises, petites et
moyenne entreprises et des stratups.
Par Amina Hadjiat

Honnête, mais pas plus clair.
Honnête car, ce plan d’action
est basé sur la réalité
économique. La dégradation des
finances de l’Etat ne permet plus
de soutenir la croissance. C’est
un dur retour à la réalité que
devra affronter notre économie.
Fini l’économie perfusée, il faut
désormais créer de la richesse
autrement qu’en comptant
sur les dépenses publiques.
Pour réaliser cette transition,
le plan du gouvernement fixe
des priorités : cap sur les petits
investissements, à rendement
rapide. Certains y voient même
une critique de l’ancienne politique
d’investissement. « Beaucoup de
projets Ansej sont aujourd’hui plus
bénéfiques pour notre économie
que certains grands projets,
financés à coups de milliards »,
relève le premier ministre.
Le message est clair : le
gouvernement va favoriser les
petits investisseurs. Pour cela, il
est prévu de réformer le système
bancaire pour qu’il accompagne
davantage les PME. La fiscalité sera

également révisée. Le système
est jugé inégal. « Il est temps
que les grandes fortunes payent
plus d’impôts et il est temps que
les exonérations fiscales et les
aides accordées aux investisseurs
rapportent de l’argent à l’Etat !»
Le premier ministre compte même
éventuellement exonérer les bas
salaires. Cette réforme vise donc
deux objectifs principaux : mettre
un peu de justice dans la répartition
de l’impôt et augmenter la part de
la fiscalité ordinaire, en élargissant
l’assiette fiscale, pour que le budget
fonctionnement de l’Etat puisse
être couvert entièrement par nos
impôts.
Des chiffres trop optimistes
Mais des incertitudes demeurent.
Les chiffres contenus dans ce plan
d’action sont peu nombreux et
très peu clairs. « Je ne sais pas sur
quelle base ils ont été calculés mais
cela me semble un peu utopique »,
commente l’économiste Youcef
Benabdallah. Le plan d’action fixe
comme objectifs de multiplier par
2,3 le Pib par habitant d’ici 2030

ou encore d’augmenter la part
de l’industrie dans le Pib pour
atteindre 10%, toujours, d’ici
2030. Des objectifs chiffrés qui
seront difficiles à atteindre en une
dizaine d’années. Mais l’optimisme
du gouvernement se base sur
le fait d’avoir choisi des secteurs
prioritaires tels que les mines,
l’agriculture ou encore les énergies
renouvelables. Il est vrais que
ces secteurs pourraient fortement
booster la croissance, à condition
de réellement les encourager.
L’autre vérité inédite contenue
dans ce plan d’action, c’est
l’aveu du gouvernement sur la
révision prochaine du système
de subvention. De généralisée,
il va passer à une répartition
ciblée. Même si cette question est
impopulaire, la réalité économique
a rattrapé l’exécutif. Le tout
subventionné n’est plus viable.
Cibler les aides permettra, selon
le gouvernement, de sauvegarder
l’Etat social. Dans cette équation
difficile, il reste un inconnu. C’est le
facteur temps.

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