Réformes budgétaires

Réformes budgétaires

Une nouvelle orthodoxie pour gérer la crise

Nouvelles règles en matière d’affectation des ressources, baisse des
dépenses, optimisation des recettes de la fiscalité ordinaire et stabilisation
de la valeur de la monnaie nationale… l’Exécutif adopte les principes de
l’orthodoxie financière sur la période 2017-2019.
Yani T.

Un ensemble de mesures
qui concourent toutes
à réduire les déficits
budgétaires et assainir les
finances publiques. Au moment
de la diffusion de son texte
sur la codification budgétaire
des trois prochains exercices,
l’Exécutif expliquait qu’il était
destiné à mettre en place de
nouvelles pratiques et des
règles nécessaires à une baisse
de la pression sur le budget
de l’Etat. Parallèlement au
nouveau modèle de croissance
qui, lui, fixe le cap vers une
économie moins dépendante
des recettes pétrolières. Le
cadrage budgétaire de la

période 2017-2019 tente de
refonder un nouveau contrat
social autour des impératifs
d’assainissement des comptes
publics, de maîtrise des
dépenses et d’une meilleure
affectation des ressources. De
fait, les réformes proposées
par la nouvelle politique
budgétaire ont un objectif
commun : répondre à une
crise endémique qui a fini
par fragiliser les positions
financières internes et
externes du pays.
Le gouvernement qui s’est
affranchi de la sacro-sainte
référence de 37 dollars le baril
sur laquelle étaient fondées les

précédentes lois de finances
compte faire de même pour
les deux prochaines années,
2018 et 2019. La nouvelle
codification budgétaire propose
ainsi de porter le prix de
référence à 55 dollars le baril
en 2018 et 60 dollars le baril
pour l’exercice budgétaire
de 2019. Une révolution ! A
l’avenir, le prix de référence
sera fixé en fonction des
prévisions d’évolution du
marché pétrolier. De fait, avec
de tels niveaux de référence,
le Fonds de régulation des
recettes n’aura plus aucune
raison d’être. Tout comme le
déficit fictif qui était jusqu’ici

comblé grâce aux disponibilités
du FRR. Autrement dit, l’on
s’achemine désormais vers
des pratiques comptables
transparentes où il n’y aurait
plus de facilités de caisses
alors que les précédents bilans
comptables et budgétaires
étaient chargés d’ajouts et de
ratures.
L’enjeu de réduire les
déficits
Selon la nouvelle feuille
de route présentée par le
gouvernement, ce dernier
sera tenté de maintenir le
taux de change à 108 dinars
pour un dollar sur les trois

prochaines années, l’inflation à
4% en moyenne, les dépenses
budgétaires globales à 6.800
milliards de dinars par an en
moyenne (baisse de 12,2%
par rapport à 2015), une
hausse annuelle de 11%
des recettes de la fiscalité
ordinaire et la croissance
économique autour de 3,5%
en moyenne. Cependant, le
chapitre principal des réformes
budgétaires proposées par
l’Exécutif porte sur la réduction
des dépenses. Une action
nécessaire pour réduire les
déficits budgétaires constatés
lors des deux précédents
exercices. Il ne sera plus
possible de dépenser au-delà
de 6.800 milliards de dinars.
L’objectif est de ramener le
déficit à 6,4% du PIB en 2017
puis à 5% en 2018 et à 1,9%
en 2019.
Pour réussir son pari, le
gouvernement doit faire des
économies tant dans le poste
de l’équipement que dans
celui du fonctionnement.
Au chapitre des dépenses
de fonctionnement, le
gouvernement vise une
baisse de 2% sur les deux
prochains exercices pour
pouvoir stabiliser les dépenses

autour de 4.500 milliards
de dinars. Les dépenses de
fonctionnement suivraient
quant à elle la tendance
baissière amorcée dès 2016.
Moins 27% par rapport aux
niveaux de 2015. Les dépenses
d’équipement auront ainsi
été stabilisées autour de
2.300 milliards de dinars en
2018-2019, alors que l’actuel
exercice est marqué par une
baisse de 28% des dépenses
d’équipement.
Maintenant que les seuils et
les règles sont ainsi fixés, aux
ordonnateurs de respecter les
niveaux de dépenses arrêtés
et au gouvernement de veiller
à la bonne exécution de sa
nouvelle orthodoxie financière.
Sous d’autres cieux, c’est
la Cour des comptes et le
Parlement qui font office de
contrôle et de suivi de l’action
du gouvernement et des autres
institutions. En Algérie, la Cour
des comptes n’endosse ce rôle
que dans le cadre de la loi
sur le règlement budgétaire.
Une façon de contrôler, a
posteriori, la bonne exécution
des dépenses. Quant à l’action
du Parlement, c’est une autre
paire de manches…

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page