Ryad oussedik La success-story de NovaSup

Ryad oussedik La success-story de NovaSup

Véritable échantillon de la Silicon Valley, coincée au détour de l’une de ces ruelles étroites, typiques des
quartiers de la capitale algéroise, la société NovaSup compte aujourd'hui parmi les leaders du marché de
la communication en Algérie. Elle est née en 2009 de la rencontre entre l'Ansej et la volonté de fer de son
fondateur, Ryad Oussedik. Pour cet entrepreneur, la communication comporte de nombreux segments avec de
multiples possibilités de développement et d'innovation. C'est pourquoi, l'entreprise veille à définir clairement
les métiers de la communication et à les répartir en centres de profit ou « business units », comme Ryad
Oussedik aime tant les appeler. Ainsi, l'entreprise est organisée en plusieurs pôles : l'Agence Htag, qui est
une agence publicitaire qui accompagne les annonceurs en conseil et en achat média ; Applinova qui se
charge du développement des applications mobiles et des innovations publicitaires et enfin, MetropoleHD qui
pilote le réseau d'écrans haute définition, notamment dans le cadre du contrat d’affichage à l'Aéroport
international d'Alger, décroché par Innomedia, une régie publicitaire partenaire, dirigée avec la même politique
entrepreneuriale. Vous l’aurez compris, les nouveaux entrepreneurs sont en marche !
Propos recueillis Par Amina Hadjiat

Dziri : La croissance est
au ralenti dans le secteur
de la communication,
particulièrement dans la
publicité. Peut-on parler
de crise ?
Ryad Oussedik : Je
parlerais plutôt d'une
conséquence de la portée
médiatique de la crise,
même si « crise » est un
mot un peu fort. En temps
de récession ou de recul du
chiffre d'affaires, la publicité
est l'un des premiers
budgets que l'entreprise
souhaite sacrifier. Mais c'est
aussi un vecteur riche et
stratégique pour redémarrer
ou s'imposer au moment où
les choses vont le plus mal.
Il faut souligner que c'est
dans de pareils moments
qu'il est utile de s'imposer
en termes de notoriété,
grâce aux coûts avantageux
des supports publicitaires.
Dans chaque secteur, les
entreprises cherchent
à stabiliser et même à
arracher de nouvelles parts
de marché, en faisant un
focus sur les produits et
services qui correspondent
à l'ère que nous vivons. En
somme, la communication
reste un volet stratégique et
transversal.
Chez Novasup, on observe
un ralentissement général
dans le secteur depuis le
dernier trimestre de l'année

2016. Les annonceurs
deviennent plus sceptiques,
notamment ceux qui se
voient pénalisés d'une
forte taxe de
10% sur leurs
achats médias au
motif d’utiliser
des campagnes
publicitaires ou
des produits issus
de l'étranger.
Aussi, il ne
faut pas sousestimer
l'effet de rétention
lié à la mise en place des
licences d’importation. Sans
importation, bon nombre
de multinationales opèrent
des coupes budgétaires.
Bien évidemment, nous
devons nous adapter à
ces nouveaux paramètres.
C’est d’ailleurs ce qui nous
a poussés à revoir notre
stratégie pour les années
2017 et 2018.
Concrètement, que faitesvous
pour traverser cette
conjoncture ?
Le pôle conseil de
l’entreprise se charge de
la gestion de la relation
client. Il s'agit de défendre
la notoriété de chacun dans
le secteur d'activité qui lui
est propre. Grâce à nos
stratégies créatives, nous
avons réussi à dépasser les
objectifs fixés pour certains
clients et avons constaté un

gain significatif en termes de
parts de marché. Souvent,
c'est en période de crise
que l’on gagne du terrain,
contrairement
à ce que les
dirigeants
peuvent penser.
Pour ce qui
est de la
partie digitale,
effectivement,
nous constatons
un léger recul,
mais de nombreux indices
confortent objectivement le
potentiel de croissance de ce
segment, ce qui encourage
le maintien de notre activité.
À titre d'exemple, nous
proposons un service de
commande et de retrait en
magasin dans l'application
mobile du centre commercial
Ardis. Cette innovation
permet un réel gain de
temps dans le quotidien des
consommateurs.
D’autre part, nos espaces
publicitaires haute
définition, gérés par
le pôle MetropoleHD,
restent très plébiscités
par les annonceurs. Cela
nous permet de soutenir
l’investissement dans
la R&D pour favoriser
l’innovation et le progrès
scientifiques et techniques
dans les Technologies
de l’Information et de la
Communication.

la publicité est un vecteur stratégique pour redémarrer ou s'imposer au moment où les choses vont le plus mal.

Développer une solution
de comptage humain
est un exemple de cette
diversification ?
L'idée d'offrir un comptage
du trafic humain nous
est venue pour pallier
la problématique de
quantification des ODV
(occasion de voir, Ndlr.) qui
sont « la clé de voûte » de
chaque support d’affichage.
Sans cette innovation
technologique, il était
difficile de quantifier le
nombre de visiteurs dans un
site fortement fréquenté. La
prouesse de cet outil nous
rend très fiers. D'ailleurs,
pour la seule année 2016,
nous avons dépassé les
12 millions de personnes
comptées grâce au dispositif
VisioCompta. Au-delà
de la nécessité de ces
chiffres pour les domaines
publicitaires, cette solution
permet de justifier le ratio
entre la fréquentation
et le chiffre d'affaires et
d'apporter un outil puissant
pour la gestion des flux
humains.
Aujourd'hui, nous fêtons
notre 7e année de
partenariat avec une startup
française qui se charge
de fournir la solution
matérielle. Quant à nous,
nous prenons en charge
le développement, le
traitement de données et
la sécurisation des rapports
depuis 5 ans au sein du pôle
Applinova.
Après avoir procédé à de
nombreuses améliorations
fonctionnelles, nous
commençons à avoir
des demandes issues
de l'étranger. Je tiens à
rappeler que c'est grâce
au pôle innovation que
VisioCompta a été réfléchi et
développé.

Cet investissement s'estil
avéré profitable pour
vous ?

Aujourd’hui, c’est
un outil que nous ne
commercialisons pas
puisqu’il vient s’ajouter
aux différentes solutions
publicitaires que nous
proposons à nos clients.
Cependant,
au vu de son
succès et de
la conjoncture
actuelle,
VisioCompta
risque de
muter vers une tarification
accessible.
L’Agence Htag a
récemment lancé une
campagne publicitaire
originale : la websérie
« CousCous C'est
Nous ! ». Quelle a été la
recette de ce succès ?
L’Agence Htag a participé
à ce projet ambitieux
qui a réuni Safina et la
talentueuse Nawell Madani.
Les chiffres parlent d’euxmêmes
: « CousCous C'est
Nous ! », c’est plus de
15 millions de "vu" avant
même la fin de la première
saison. Notre objectif
était de faire connaître
une marque algérienne à

l'étranger en véhiculant un
message fédérateur. Il faut
dire qu’entre le soutient
sans faille de la marque
Safina et le génie créatif
de l'humoriste, nous avons
mis toutes les chances
de notre côté.
Stratégiquement,
nous avons choisi
de diffuser sur les
supports digitaux
de la marque: la
page Facebook de
Safina en l’occurrence (www.
facebook.com/safinadz,
N.D.L.R.). Grâce à ce travail,
Safina bénéficie aujourd'hui
d'une notoriété française à
la hauteur de ses ambitions.
Par ailleurs, l’entretien d’une
relation privilégiée entre
Nawell Madani et les artistes
qui nous ont accompagné a
aussi contribué à ce succès.
J’ai eu le plaisir d’assister
au spectacle « C'est moi
la plus belge ! », et je me
permets de dire qu’au-delà
de l’aspect humoristique, le
spectacle contient un réel
message et une prise de
conscience. Nawell finit son
spectacle par une phrase
émouvante : « Si l’on peut
rire ensemble, c’est que

l'on peut vivre ensemble.»
Je pense que ce leitmotiv a
toute son importance quand
on prend en considération
le climat dans lequel les
sociétés occidentales
évoluent actuellement.

“ 12 millions de personnes comptées grâce au dispositif VisioCompta ”

Et donc, quelle est la cible
de cette web-série ?
Notre objectif était de cibler
la communauté algérienne
en France. Ce sont près
de 5millions de personnes
vivants en France ou ayant
un lien avec l'Algérie. Ce
projet constitue une double
réussite. D'abord, le succès
de la web-série. Ensuite,
c'est la première fois qu'une
marque algérienne arrive
à proposer un concept de
communication qui s’adresse
directement au public
français.
Pour NovaSup, est-ce un
pas vers l’exportation ?
Les marques occidentales
s’adressent tous les jours
au public algérien alors
nous nous sommes dit :
« Pourquoi ne pas adopter
l’approche contraire ? ».
Grâce au casting prestigieux
de la web-série, réunissant
des personnalités comme
Zaho, Hatem Ben Arfa ou
encore Artus, nous avons
relevé ce défi. Nous avons
réussi avec brio l'installation
d'une marque algérienne
en France. Nous pouvons
nous féliciter de cet
aboutissement.
Pourquoi considérez-vous
Applinova comme le pôle
le plus important de votre
entreprise ?
Applinova défend
l’innovation et la synergie
entre les différents systèmes
publicitaires. Grâce à ce
pôle, nous pouvons proposer
des solutions adaptées et
apporter des innovations
supplémentaires aux
systèmes existants dans le
domaine de la publicité.

Applinova offre des
applications professionnelles
qui répondent aux
problématiques des
grandes entreprises et des
applications dites « grand
public ». Ces applications
sont téléchargeables
gratuitement depuis les
plateformes en ligne (Google
Play et App Store) et sont
utilisées dans plus de 10
pays actuellement.
Aujourd’hui, lire la presse
algérienne dans le métro
à Montréal, à Paris ou aux
États-Unis est devenu
une réalité. Nous avons,
effectivement, conçu
les applications de la
plupart des quotidiens
nationaux et ambitionnons
de faire davantage pour
dématérialiser les modes
de consommation et
exporter notre savoir-faire à
l'étranger.
Vous venez de décrocher
un important contrat
d'affichage à l'Aéroport
international d’Alger qui
vous pousse à dédier un
nouveau pôle d'activité.
Expliquez-nous votre
démarche.
Mettre un pied à l'Aéroport
international d'Alger c'est
décrocher le précieux
sésame. Les systèmes
que nous avons installés
localement répondent
aux standards
qualitatifs
internationaux
et permettent
de renforcer
notre avancée
en matière
de gestion de
maillage d'écrans
publicitaires.
Certaines des solutions
algériennes que nous
avons exposées auprès
de Aéroport de Paris
Management ont retenu
l'attention des spécialistes à
Paris grâce à leur stabilité,
leur robustesse et la

“ Aujourd’hui, lire la presse algérienne dans le métro à Montréal, à Paris ou aux États-Unis est devenu une réalité ”

l'étranger en véhiculant un
message fédérateur. Il faut
dire qu’entre le soutient
sans faille de la marque
Safina et le génie créatif
de l'humoriste, nous avons
mis toutes les chances
de notre côté.
Stratégiquement,
nous avons choisi
de diffuser sur les
supports digitaux
de la marque: la
page Facebook de
Safina en l’occurrence (www.
facebook.com/safinadz,
N.D.L.R.). Grâce à ce travail,
Safina bénéficie aujourd'hui
d'une notoriété française à
la hauteur de ses ambitions.
Par ailleurs, l’entretien d’une
relation privilégiée entre
Nawell Madani et les artistes
qui nous ont accompagné a
aussi contribué à ce succès.
J’ai eu le plaisir d’assister
au spectacle « C'est moi
la plus belge ! », et je me
permets de dire qu’au-delà
de l’aspect humoristique, le
spectacle contient un réel
message et une prise de
conscience. Nawell finit son
spectacle par une phrase
émouvante : « Si l’on peut
rire ensemble, c’est que

l'on peut vivre ensemble.»
Je pense que ce leitmotiv a
toute son importance quand
on prend en considération
le climat dans lequel les
sociétés occidentales
évoluent actuellement.

De nombreux annonceurs
nous font confiance et
commencent déjà à exploiter
notre réseau. Cela prouve
que ce nouveau mode de
communication est promis à
un bel avenir.
En quoi c’est innovant
comme support et quelle
conclusion en retenir ?
Grâce à la gestion
informatique et à un niveau
élevé de sécurisation,
nous pouvons changer
de campagne publicitaire
au rythme que nous
souhaitons. La qualité de
nos supports constitue aussi
un atout de taille étant
donné que le géant coréen
Samsung nous accompagne
pour la fourniture des
écrans professionnels.
Quant à la gestion et à
l'entretien, nous nous
appuyons sur nos équipes
techniques performantes et
assidues qui démontrent,
depuis 7 ans, l'étendue de
notre savoir-faire.
Par ailleurs, nous travaillons
pour le compte de
l’entreprise INNOMEDIA,

une régie d'affichage qui,
comme nous, est issue du
dispositif Ansej.
Nous sommes fiers d'être
deux sociétés nées de ce
mécanisme gouvernemental.
Ensemble, nous continuons
à être un véritable vivier
d'emplois et une pépinière
d'idées dont le principal
vecteur
est l'esprit
d'entreprise.
Mais c'est
clairement
un triomphe
surtout
lorsqu'on
voit certains
concurrents
nationaux
et étrangers
tenter de nous
déstabiliser à travers des
articles négatifs et indirects.
Qu'à cela ne tienne, toute
publicité est bonne à
prendre dans le contexte
que nous vivons ; parole de
publicitaire !
De nombreux acteurs
économiques veulent
accompagner l'essor

numérique du pays.
Certains parlent même
de « Smart City ». Quel
est votre avis sur ce
concept ?
NovaSup a déjà été
sollicitée pour ce type
d'innovation. Le pôle
Applinova a même déposé
un brevet, dans le cadre
d'une solution
pour personnes à
mobilité réduite
dans le milieu
urbain. En ce
qui concerne
le concept de
« Smart City »,
je dis qu’il ne
faut pas mettre
la charrue avant
les boeufs.
C'est brûler
les étapes. Cela
revient à s'imposer une
pluridisciplinarité qu'il est
impossible de maîtriser.
Il ne faut pas confondre
le métier de régie
publicitaire avec celui de
société de mobilier urbain
ou d'informatisation du
domaine public.
Je pense qu'il faut d'abord

“ L'Aéroport d'Alger et INNOMEDIA nous ont imposé des normes draconiennes et des mois de préparation pour inaugurer le premier
réseau publicitaire sur des écrans HD. ”

s'occuper des régulations
qu'il est nécessaire
d'apporter. Pour ma part,
j'estime qu'une régie
publicitaire, de la plus
petite à la plus grande,
doit commencer par payer
ses redevances et être à
jour envers les collectivités
locales et que c'est aux
collectivités
locales d'utiliser
les fonds qui leur
sont alloués.
Ces fonds leur
permettront
d’améliorer le
quotidien des
Algériens et
non pas celui
des Algérois
uniquement. Contrairement
à ce que l'imaginaire
collectif suggère, l'Algérie
ne se résume pas à sa
capitale. l'Algérie est
plurielle.
Sur l'idée de la smart city,
je pense qu’il est pertinent

de faire de la recherche
et du développement.
C'est intéressant bien
évidemment de penser
à demain mais il faut
également se poser
les bonnes questions
aujourd'hui. Actuellement,
on voit bien que plusieurs
questions restent posées.
La sécurité
des réseaux
informatiques
est un exemple
concret. Pour
préparer
l'avènement des
« Smart City », il
serait primordial
de s'occuper de
la stabilité des
réseaux électriques. À ce
stade, nous ne pouvons pas
prendre le risque d’une telle
dépendance et vulnérabilité.
Que se passera-t-il si
demain, quelqu'un peut
contrôler l'éclairage de
vos rues, vos moyens de

“ Quand on parle d’une ville, posons clairement la question : qui la “smart city” rend-elle smart (intelligent, ndlr) ? ”

déplacement ou vos écrans
d’information ? L’effet
d’annonce est une chose,
mais la maîtrise réelle dans
notre quotidien est bien loin
de la communication faite
autour de ce concept.
Pour éclairer les plus
néophytes, la maîtrise
de l’information c’est
le nerf de la guerre. Il
serait prématuré pour
nous de s'attaquer à une
métamorphose urbaine de
cette envergure. Derrière
les arguments techniques,
économiques ou juridiques,
on se bat pour le pouvoir.
Si l'on veut être sérieux, il
faut l'être jusqu'au bout.
Quand on parle d’une
ville, posons clairement
la question : qui la
“smart city” rend-elle
smart (intelligent, ndlr) ?
Comment redistribue-t-elle
le pouvoir et au bénéfice de
qui ? Comment appréhender
ce concept alors qu'il est
encouragé par un acteur
précis ?
Y a-t-il un message
que vous voudriez
partager avec les jeunes
entrepreneurs ?
Je voudrais leur adresser
le message suivant :
restez motivés et faites
de la nuisance déloyale
de vos concurrents une
hormone de croissance
psychologique. En somme,
préparons l'Algérie de
demain, une Algérie ouverte
au progrès, laissons la place
à l'innovation publicitaire.

NovaSup en résumé
-3 pôles : Htag, Applinova
et MetropoleHD.
-Croissance annuelle à deux
chiffres.
-Technologies utilisées dans plus de
10 pays.
-NovaSup compte 50
collaborateurs.
-Cette entreprise respecte la parité
homme-femme.

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