CHANGEMENT DE CAP PROFESSIONNEL UNE AVENTURE À HAUT RISQUE

CHANGEMENT DE CAP PROFESSIONNEL UNE AVENTURE À HAUT RISQUE

Ils ont choisi un domaine d’étude bien précis, suivi des formations, trouvé du travail et acquis de l’expérience. Et
puis avec le temps, vint ce petit déclic, le moment propice où l’on se sent prêt à foncer vers l’inconnu. Folie
ou lassitude ? Ces personnes ont bien changé leur profession pour un domaine tout nouveau. Ils témoignent…
Par Sarra Safar Bati

Pour ce couple quinquagénaire
savourant paisiblement leur
quotidien, l’envie de tout
laisser tomber pour vivre une
aventure leur est venue sur un
coup de tête : « Nous savions ce
que nous laissions derrière nous,
mais pas ce que nous allions
découvrir. Surtout que nous
étions tous les deux bien placés
dans nos professions, jouissant
d’une bonne réputation, avec des
revenus confortables. Après un
voyage touristique en Algérie,
nous décidons de construire
une maison d’hôte. Nous avons
quitté notre pays pour nous
y installer. Et à partir de ce
moment-là, nous avions 20 ans à
nouveau ! »
« J’en avais ras-le-bol… »
Fatigue, épuisement, cumul
ont poussé Nadia, architecte
de 42 ans, à retourner au point
départ, cherchant une autre
voie : « L’idée de changer de
métier et de vie se faisait plus
pressante. Mais changer pour
faire quoi ? Et surtout pourquoi
vouloir changer ? À vrai dire,

je n’en avais aucune idée, mais
j’étais décidée à changer de
cap, découvrir d’autres horizons
et surtout chasser ma routine
ennuyante. Je me suis, donc,
lancée dans ce pari fou. Je suis,
certes, passée par des moments
difficiles, je me suis vue
retourner à la case départ, mais
j’avoue ne pas m’être ennuyée
une seule seconde. »
« Je cherchais autre
chose… »
Pourtant à la tête d’une grande
entreprise, Rédha, 39 ans,
affirme que sa décision est le
fruit d’une réflexion longuement
mûrie : « Je voulais du fun,
je voulais m’amuser tout en
travaillant. Alors je me suis
lancé dans le domaine de la
restauration. Je ne savais pas
comment m’y prendre. Ce
n’est qu’au bout de deux ans
que l’activité décolle enfin.
Aujourd’hui, les gens viennent de
partout pour goûter aux saveurs
que proposent l’établissement et
surtout pour la bonne ambiance
qui y règne ! »

Se lancer à son propre compte
Sihem et Dina, anciennes
cadres dans l’informatique et les
télécoms, voulaient, elles aussi,
créer leur société : « De la culture
du blé, à la préparation de la
farine, jusqu’à la fabrication du
pain, on a tout appris du métier
en se formant, notamment,
à un brevet professionnel
de responsable agricole. Un
changement de vie radical. Cela
demande beaucoup d’énergie.
Nous ne nous attendions pas à
un projet aussi lourd, d’autant
que nous avons monté notre
bâtiment. Il a fallu apprendre le
métier d’agriculteur et se former
à la gestion administrative.
Aujourd’hui, on a changé notre
mode de vie et nos habitudes de
consommation et nous en sommes
très satisfaites. »

Devenir son propre patron, être artiste, voyager,
créer son activité ou s’installer à la campagne.
Tous ces projets, ou fantasmes, obéissent à la
même logique : sortir du salariat, prendre sa vie
en main. Plus que l’argent, les personnes qui se
reconvertissent veulent donner du sens à leur
métier et réaliser leurs rêves.

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