PARENTS D’ENFANTS AUTISTES UN COMBAT AU QUOTIDIEN

PARENTS D’ENFANTS AUTISTES UN COMBAT AU QUOTIDIEN

Ils se battent au quotidien pour changer le regard de la société sur l’autisme et pour assurer un avenir meilleur
à leurs enfants. C’est un combat perpétuel que les parents d’enfants autistes mènent pour accompagner leurs
enfants et faire face aux différentes contraintes sociales, dont principalement la défaillance de la prise en
charge de cette frange de la société.
Par Farid Bouhatta

Abdelkrim, 41 ans, se souvient du jour où le
diagnostic du médecin est tombé. « Votre fils est
atteint d’autisme ! », lui dit le médecin traitant.
Choc, tristesse, confusion, déception, le papa est
passé par tous les états d’âme avant de se rendre
à l’évidence que son enfant était handicapé et qu’il
avait besoin d’être assisté. Aujourd’hui, son fils
Amine a 11 ans, il a des difficultés scolaires, mais
son père ne baisse pas les bras. Courageux, patient,
il accompagne son fils, veille sur son bien-être et
l’assiste au quotidien.
Des enfants oubliés
Yanis, 14 ans, est autiste. Ses parents ont appris à
l’âge de 9 ans que leur fils souffrait de cet handicap.
« Il était un peu trop tard pour sauver notre enfant
car le diagnostic n’a pas été établi plus tôt », raconte
Karim, son père. Aujourd’hui, Yanis est en 3e année
primaire, il est assisté d’une auxiliaire de vie sociale
dans une école classique. « Ce n’est pas facile tous
les jours, mais on tient le coup et on essaye de
remonter la pente. En dépit de la prise en charge
insuffisante, nous ne baissons pas les bras et nous
ne perdons pas espoir », avoue ce père courageux.
De son côté, Samir, 40 ans, père de famille, nous
livre son histoire avec ce handicap. « Par rapport
à ma fille aînée, mon fils Lamine, 7 ans, avait une
attitude plutôt étrange. À aucun moment sa maman
et moi n’avions douté qu’il s’agissait d’un handicap
et pourtant notre fils est autiste. Les gens dans mon
entourage ne cessent de dire qu’il paraît normal,
pourtant, ses difficultés sont bien là. » M. Leulmi, vice-président de l’Association nationale
autisme Algérie (ANAA), a, lui aussi, un enfant
autiste actuellement âgé de 23 ans. Le papa n’a
découvert le handicap de son fils Salim qu’à l’âge de
5 ans. « Ce fut un choc pour la famille, mais je n’ai
jamais arrêté d’interpeller l’Unicef, les associations
humanitaires internationales, comme Médecins sans
frontières, pour faire entendre la voix de ses enfants
oubliés et continuellement stigmatisés », confie-t-il.
Le chemin des parents d’enfants autistes est
parsemé d’embûches, mais un point commun les
unit tous : l’amour qu’ils portent à leurs enfants, un
amour qui permet de réaliser des miracles et surtout
de ne jamais perdre espoir.

Des diagnostics pas toujours fiables

3 questions à…
Oussedik Asma, pédopsychiatre
Comment reconnaît-on un enfant autiste ?
Un enfant autiste présente des incapacités au niveau du
développement social, des difficultés de communication ainsi que
des troubles du compor tement. L’enfant autiste accuse un retard de
développement, il ne réagit pas comme les autres, il se comporte
souvent comme si les autres n’existaient pas. Quand on l’appelle, il
ne répond pas, n’est jamais attentif, ne manifeste pas d’émotions,
évite le contact visuel, ne répond pas aux signes d’affection. L’enfant
autiste accepte mal le changement, préfère se replier sur lui-même
et accomplir des jeux rituels. Il a des difficultés à recourir au langage
verbal et il lui arrive quand il est frustré de s’exprimer par la colère.
Pourquoi l’autisme est souvent mal diagnostiqué en Algérie ?
Malheureusement, il arrive que des enfants atteints d’autisme ne
manifestent aucun symptôme qu’on puisse déceler sur le champ
au cabinet du médecin. Cette maladie peut être confondue avec
plusieurs troubles tels que la surdité, des troubles émotionnels
ou du langage, un retard mental ou une simple lenteur dans le
développement.
Qu’en est-il de la prise en charge de ce handicap en Algérie et quelles
sont vos recommandations ?
Le manque de personnels qualifiés pour poser le diagnostic des
troubles envahissants du développement comme l’autisme est à
déplorer en Algérie. C’est pour cette raison que plusieurs cas sont
découver ts tardivement. Il est impératif d’améliorer la prise en charge
médicale et psycho éducative et d’accompagner les personnes
souffrant d’autisme et leurs familles tout au long de la vie, de
favoriser le dépistage précoce entre 12-18 mois, ouvrir des classes
spéciales dans différentes communes en Algérie et augmenter le
nombre de structures de santé dotées de matériels adéquats.
Dr Oussedik Asma, pédopsychiatre au centre de guidance parentale
Mahfoud-Boucebci de Dély-Ibrahim

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