MACRON ET NOUS…

Emmanuel Macron est élu Président de la France !
L’Algérie a misé sur le bon cheval. Elle compte saisir
l’opportunité pour donner un coup d’accélérateur
à son partenariat économique avec l’Hexagone ;
un moteur qui s’est grippé ces dernières années,
faute d’une dynamique des investissements
français en Algérie qui, de l’avis-même du Premier
ministre, connaissaient une « tendance baissière
inquiétante ». Avec Emmanuel Macron, c’est une
nouvelle page qui vient de s’ouvrir. Les défis ne sont
pas des moindres. Pour Alger, il serait souhaitable
que les investissements français reviennent en
ces temps de vaches maigres, tandis que pour
Paris, le défi consiste à reconquérir sa place de
premier fournisseur de l’Algérie. Les Chinois leur
ont volé la vedette des années durant sans que le
privilège ne se traduise par un quelconque retour
sur investissement. Exception faite de l’hégémonie
exercée par des entreprises chinoises sur les
activités du BTP. En tout cas, l’arrivée d’Emmanuel
Macron à l’Elysée est, potentiellement, une bonne
nouvelle pour l’Algérie.
Le pays pourrait renouer sous peu avec
l’endettement. Les poids lourds du Conseil
d’administration de la Banque mondiale étaient
reçus début mai à Alger. Assurément, leur escale
est loin d’être une simple visite de courtoisie. Les
experts de cette institution de Bretton Woods

ont fait leur offre de service. Une semaine avant
qu’ils ne débarquent à Alger, les experts de la
Banque mondiale et du FMI ont remis au goût du
jour les fragilités de l’économie algérienne. Dans
des rapports distincts, ils anticipent un recul de la
croissance sur la période 2017-2019, un rebond
du chômage et des tensions inflationnistes. Ils ont
plaidé pour la poursuite des réformes budgétaires
et l’émission de nouveaux emprunts tant en interne
qu’à destination des créanciers étrangers.
Ce serait la phase ultime d’une série de mesures
mise en place en réponse à une crise durable du
pétrole. L’Exécutif l’a compris. Il sait qu’il faut en
finir avec la rente pétrolière. Un plan anticrise a été
élaboré. Il consiste en une réduction progressive
du déficit budgétaire par la baisse des dépenses
publiques. Mais la question cruciale, maintenant
que la remontée des cours pétroliers au-delà de
60 dollars le baril est définitivement écartée, va
concerner les moyens et les voies à emprunter
pour un atterrissage en douceur. Certaines
mesures seront impopulaires. Autrement, la
prochaine phase de réformes consistera à
enclencher les privatisations, dégraisser les
effectifs de la Fonction publique, reprendre le
chemin des créanciers… ce à quoi le pays serait
confronté s’il échoue dans l’exécution de son
premier plan anticrise.

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