LÉGISLATIVES 2017 QUELLE ASSEMBLÉE SOUS LA NOUVELLE CONSTITUTION ?

LÉGISLATIVES 2017 QUELLE ASSEMBLÉE SOUS LA NOUVELLE CONSTITUTION ?

Même si la majorité absolue reste aux mains des deux par tis traditionnels : FLN et RND, cette législature
promet des surprises. Nouvelle Assemblée, nouvelle Constitution et nouvelles prérogatives offertes aux
députés. En feront-ils bon usage ? Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'ils auront du pain sur la planche. Le
contexte économique difficile leur imposera de statuer sur davantage de lois rigo ureuses, voire impopulaires.
Amina Hadjiat

La composition de la nouvelle
Assemblée élue n'a pas connu
de grands bouleversements.
A eux seuls, le FLN et le RND
conservent la majorité absolue avec
plus de 260 sièges. Pour autant, le
nombre de députés FLN a baissé
alors que celui du RND a augmenté.
La troisième force politique reste le
MSP avec 33 députés. Les autres
partis se partagent le reste des
sièges.
En somme, rien de nouveau
sous le soleil. Ou presque.
Avec la Constitution amendée,
les députés ont de nouvelles
prérogatives. Il leur suffit de
former une coalition de 50 députés
pour pouvoir : proposer des lois,
saisir le Conseil Constitutionnel
en cas de désaccord avec un
texte de loi, mettre en place une
commission d'enquête ou encore
imposer un ordre du jour, une
fois par mois. Autre particularité
de cette nouvelle Assemblée : les
indépendants. Ils obtiennent 28
sièges et représentent désormais la
quatrième force à l'APN.
Les indépendants : la nouvelle
opposition ?
Traditionnellement, l'opposition est
constituée des partis dits islamistes.
Le MSP a perdu quelques sièges

aux élections du 4 mai dernier il
reste pour autant majoritaire parmi
les partis de cette mouvance.
Malgré leur nombre, les partis
islamistes ont du mal à s'unir. A
force d'alliances conjoncturelles, ils
défendent leur position en rangs
dispersés, et ça ne risque pas
de s'arranger si le MSP accepte
d'intégrer le gouvernement. Du
côté du courant dit démocrate,
le petit nombre de députés ne lui
permet toujours pas de faire porter
sa voix au sein de l'Assemblée. Sauf
si, des alliances se forment avec
les indépendants, qu'ils atteignent
le seuil des cinquante députés et
qu'ils fassent valoir leur nouvelles
prérogatives. Ce scénario n'est pas
à écarter sachant que certains de
ces nouveaux indépendants sont
en fait des dissidents des partis de
l'opposition démocrate. Noureddine
Ben Hamouda, ex-RCD, en est
l'emblème.
Les députés face à la crise
Si les indépendants avaient, dans
les législatures précédentes,
l'habitude de se ranger aux côtés
de la majorité, il n'est pas dit que
ce soit encore le cas maintenant
qu'ils sont plus nombreux. C'est
d'autant moins évident lorsqu'on
pense au prochain agenda législatif.

La situation économique difficile
que traverse le pays va imposer
des réformes et, sans doute,
des lois impopulaires. Quel bord
vont-ils choisir à la prochaine loi
de finances ? Quel sera leur vote
lorsqu'il faudra légiférer pour
accompagner la mise oeuvre du
nouveau plan de croissance, tracé
par le gouvernement ? L’avenir
nous le dira.
Vote blanc et abstention : les
grands vainqueurs
Les citoyens, eux, sont davantage
préoccupés par les impératifs de la
vie quotidienne. Un quotidien qui,
pour certaines catégories, devient
de plus en plus difficile. L'inflation,
la santé, l'éducation et même la
peur du lendemain, occupe l'esprit
des Algériens. Si bien qu'ils ont
boudé les urnes. Moins de 36%
de taux de participation ce qui
représente quelques huit millions
de votants, selon les statistiques du
Conseil Constitutionnel. Une grande
première : le vote blanc a battu
un record. Près de deux millions
de bulletins blancs. En d'autres
termes, 25% des Algériens qui ont
accompli leur devoir de citoyen
ne se sentent pas représentés par
l'actuelle classe politique.

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