samedi , 24 juin 2017
Aziz Hamdi paysagiste, coordinateur du projet STPCA

Aziz Hamdi paysagiste, coordinateur du projet STPCA

«La cartographie permet de connaître le potentiel culturel du pays»

AZIZ HAMDI EST DIPLÔMÉ PAYSAGISTE DE L’ÉCOLE D’HORTICULTURE DU JARDIN D’ESSAI. IL EXERCE SON MÉTIER POUR UNE EPIC DE LA WILAYA D’ALGER DEPUIS SON JEUNE ÂGE. EN PARALLÈLE DE SON TRAVAIL, AZIZ A FAIT LE TOUR DANS LE MOUVEMENT ASSOCIATIF, NOTAMMENT À LA FONDATION LOUNES MATOUB ET ACTUELLEMENT AU GTPCA OÙ IL OCCUPE LE POSTE DE «COORDINATEUR DE PROJET» DEPUIS 2013. IL A PARTICIPÉ, DANS DES ATELIERS, AVEC DES ORGANISMES CULTURELS NTERNATIONAUX TELS QUE L’UNESCO EN 2013 ET DÉCROCHÉ UN DIPLÔME DÉLIVRÉ À BEYROUTH PAR LE RÉSEAU EUNIC EN 2015 DANS LA GESTION CULTURELLE. EN MARGE DE SON ENGAGEMENT POUR LA CULTURE DANS SA DIVERSITÉ, AZIZ EST MUSICIEN ET POÈTE. IL EST EN PLEIN CHANTIER POUR SON PREMIER RECUEIL DE POÉSIE ARABE. DANS CET ENTRETIEN, IL NOUS PARLE DU PROJET D’UNE CARTOGRAPHIE CULTURELLE EN ALGÉRIE.

Entretien : Arezki Ibersiene

Dziri : Pouvez-vous nous présenter votre projet ?
Aziz Hamdi : La cartographie culturelle d’Algérie est le nouveau projet du GTPCA ( Groupe de travail sur la politique culturelle en Algérie ), un projet qui se trouve actuellement en chantier depuis le lancement des travaux de recherches en début d’année. La cartographie culturelle est une base de données qui englobera toutes les institutions (maisons de culture..) et structures (école, théâtre..) et les associations à  caractère culturel et les localiser sur une carte géographique interactive sous forme de site internet.

Dans quel but faites-vous ce travail ?
La cartographie du secteur culturel fait suite à une série d’activités organisées par le groupe depuis 2013. Je peux en citer le brouillon de politique culturelle et les ateliers de managements culturels organisés dans tous les coins du pays. Parallèlement à ça, la cartographie culturelle est l’un des outils appliqués pour l’instauration d’une politique culturelle transparente. La cartographie culturelle offre aux communautés locales et nationales ainsi qu’aux acteurs du secteur culturel la possibilité de mettre en évidence un potentiel quasiment ignoré dans la perspective du développement des États et territoires. Il s’agit d’une initiative intégrée, stratégique de recensement.
La cartographie culturelle permet avant tout de faire reconnaître la valeur et le potentiel des savoirs, des
pratiques et de la créativité inhérents aux communautés, dans toutes leurs diversités. En plus de ça, elle va contribuer à faire l’état des lieux sur le potentiel culturel du pays ainsi que la création d’un réseau opérateur culturel.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?
Comme je l’ai souligné plus haut, la carte culturelle est l’un des outils des politiques culturelles et l’idée de faire cette carte n’est pas nouvelle. Elle a toujours existé dans l’esprit de notre groupe mais on attendait juste le moment opportun pour l’entamer. Sachant que le groupe est composé majoritairement de jeunes, il a donc pris le temps de se former dans ce domaine qui reste méconnu (politiques culturelles) pour un pays comme l’Algérie. De plus, tous les pays qui adoptent la politique culturelle dans leurs projets de lois possèdent une cartographie culturelle et après le lancement de la carte, nous serons le deuxième pays qui en possède sur le continent et dans la région Mena, ce qui booste notre motivation.

Votre projet nécessite des moyens humains et matériels pour sa concrétisation. Comment allez-vous procéder ?
L’équipe qui travaille sur ce projet se compose de 4 personnes. Quant aux autres membres, ils contribuent à nous fournir des données ainsi que notre réseau sur l’ensemble du territoire. Je tiens à préciser qu’on a organisé 3 formations sous forme d’atelier à Alger, Oran et Constantine dont 70 personnes en ont bénéficié.
La fondation El Mawreed Takafi a financé une partie du projet ainsi que la boîte tunisienne «Talan» qui s’occupe de l’aménagement du site.

cartographie

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Les difficultés commencent déjà dans le fait que nous sommes en train de réaliser un travail culturel indépendant à 100%. La superficie du territoire et le partage inéquitable du potentiel culturel nous posent également un énorme problème. Les structures des régions de l’intérieur ne nous communiquent que rarement leurs coordonnées. Quant aux petites associations, nous somme obligés de faire des déplacements pour les joindre. Un autre point négatif c’est la non actualisation des données qu’on trouve sur internet. En effet, souvent les données sont erronéesou modifiées, ce qui nous impose un travail d’investigation considérable.

Est-ce qu’il y a un engouement des associations et organismes culturels pour s’inscrire dans votre cartographie culturelle ?

Au début de notre travail, on a lancé un «sondage online», un formulaire en ligne dans lequel les associations ou les structures culturelles peuvent nous envoyer leurs coordonnées en remplissant ce formulaire. On a eu quand même plus de 200 réponses. On a arrêté ce sondage pour le moment et il sera relancé une fois la carte opérationnelle terminée. Tous les acteurs culturels indépendants contactés n’ont jamais hésité de nous fournir leurs coordonnées et d’afficher leurs aide et encouragement.

Comment comptez-vous gérer le projet, lorsqu’il sera finalisé ?
La cartographie culturelle sera portée sur un site internet et le travail de recensement ne se terminera pas,
car au fur et à mesure qu’on reçoit une information, on l’inscrit. Donc, à partir du deuxième semestre, on
va lancer la carte avec les premières données collectées et ensuite, la carte sera mise à jour en fur et à mesure.
C’est le GTPCA, bien sûr, qui va la gérer ainsi que notre partenaire, la boîte Talan.

Vous avez d’autres projets pour l’avenir ?
Le GTPCA est un groupe de jeunes amoureux de la culture qui porte une réflexion sur les politiques culturelles afin de booster ce secteur pour plus d’organisation, d’efficacité, de diversité, d’échanges, et d’intégration de la société civile et le secteur indépendant au centre des décisions. Donc, le GTPCA s’est lancé dans cette dynamique pour traiter la culture dans son aspect pédagogique et pour cela, on a déjà organisé 3 formations en management culturel avec l’aide d’experts de dimension internationale. On va continuer sur cette lancée et pour cela, on va organiser 4 formations culturelles prochainement dans le sud algérien car l’avenir est dans cette région dont le potentiel est malheureusement marginalisé. Il y aura aussi le projet des assises de la culture et les états généraux de la culture qui vont revenir et plein d’autre projets et rendez-vous à l’échelle internationale …. Promis (rires).

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