Insertion des handicapés

Insertion des handicapés

L’opération accuse du retard

Par : Farid Bouhatta

L’insertion des personnes en situation de handicap dans le milieu professionnel, que ce soit dans les entreprises, les administrations ou les établissements publics, constitue un enjeu majeur de cohésion sociale et d’égalité des chances au travail. Accablés par les mentalités et les idées reçues, la majorité d’entre eux se trouvent malheureusement aujourd’hui abandonnés à leur triste sort. Selon le ministère de la Solidarité nationale et de la Condition de la Famille (MSNCF), et l’Office National des Statistiques (ONS), le nombre de personnes aux besoins spécifiques s’élèverait à deux millions...Mais ce chiffre semble inexact, puisque plusieurs organisations non gouvernementales et associations de la société civile, à l’image de l’Association Nationale des Handicapés, avance le nombre de quatre millions. En effet, depuis 2007, la pension mensuelle qui était de 3000 DA, s’est vue augmentée aujourd’hui de seulement 1000 DA. Cette prime peut-elle répondre aux besoins du handicapé qui, rappelons-le, est souvent appelé à dépenser deux fois plus de frais qu’une personne valide ? Subvenir à ses besoins relève du parcours du combattant. S’interrogeant sur les dispositifs d’intégration, l’article 27 de la loi n° 02-09 relative à la protection et à la promotion des personnes handicapées, prévoit que «Tout employeur doit consacrer au moins un pour cent (1%) des postes de travail aux personnes handicapées dont la qualité de travailleur est reconnue. Dans le cas contraire, il est tenu de s’acquitter d’une contribution financière dont la valeur sera fixée par voie réglementaire, versée dans le compte d’un fonds spécial de financement de l’activité de protection et de promotion des personnes handicapées».
Pour Aude Bumbacher Kellou, chef de mission de Handicap International en Algérie, interrogé par El-Watan, la situation des handicapés est plus qu’alarmante.

«On ne pourra pas établir un programme qui correspond aux besoins réels des handicapés, dont l’application des lois est confrontée à des difficultés sur le terrain»,

 

souligne-t-il. Depuis 2007, la pension mensuelle qui était de 3000 DA, a été augmentée de 1000 DA seulement. Injustice Bien entendu, l’intégration des salariés en situation de handicap doit être préparée et structurée en amont. La loi en vigueur somme l’employeur de rester vigilant pour traiter les besoins et les préoccupations des postulants handicapés. Comme dans tout recrutement, les rendez-vous d’entretiens avec les personnes reconnues handicapées sont axés surtout sur ce que ces dernières peuvent apporter comme valeur ajoutée à l’entreprise. Le recruteur doit s’assurer que
le poste de travail souhaité soit en fonction des capacités de ces personnes aux besoins spécifiques.
Mais la réalité est tout autre. C’est le cas de Samir, 28 ans, rencontré à la station de bus de Ben Aknoun, à Alger. Cet ingénieur en génie-mécanique à chaise roulante affirme:
«Aucune entreprise ne veut me recruter... Pas parce qu’ils ne veulent pas d’un handicapé mais parce que leurs locaux ne sont pas adaptés». «Moi aussi, je veux mener ma vie dans un environnement décent», déplore-t-il. «Personne ne se met à notre place...Nous sommes une catégorie à part», poursuit-il. Face aux difficultés que vivent les handicapés en Algérie, l’ensemble des responsables du département du ministère de la Solidarité Nationale et de la Condition de la Famille, à leur tête M me Mounia Meslem, a du pain sur la planche quant à l’insertion effective de cette catégorie sociale dans le milieu
professionnel. L’article 27 de la loi n° 02-09 relative à la protection et à la promotion des personnes handicapées, stipule :

«Tout employeur doit consacrer au moins un pour cent (1%) des postes de travail aux personnes handicapées dont la qualité de travailleur est reconnue».

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