samedi , 24 juin 2017
Hassen Khelifati PDG d’Alliance Assurances

Hassen Khelifati PDG d’Alliance Assurances

HASSEN KHELIFATI EST LE PDG D’ALLIANCE ASSURANCES, LA PREMIÈRE ENTREPRISE PRIVÉE D’ASSURANCES COTÉE EN BOURSE EN ALGÉRIE. DANS CETTE INTERVIEW ACCORDÉE À DZIRI, M. KHELIFATI NOUS PARLE DE SA COMPAGNIE D’ASSURANCE, DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU PAYS ET DES PROCHAINS DÉFIS QUE SA COMPAGNIE COMPTE RELEVER POUR ÉVOLUER ET S’IMPOSER DAVANTAGE SUR LE MARCHÉ.

Entretien réalisé par : Aboubaker Khaled

HASSEN KHELIFATI EST LE PDG D’ALLIANCE ASSURANCES

DZIRI : Bientôt, Alliance Assurances fêtera ses 11 ans. Comment se porte votre entreprise aujourd’hui ?

Hassen Khelifati : C’est déjà 11 années d’aventure, de défis, de réalisations, de bonnes choses et de sacrifices. Aujourd’hui, Alliance Assurances a su se faire une place sur le marché et marquer sa présence dans le monde des assurances. Nous sommes d’ailleurs la première entreprise privée introduite en bourse. Sur le plan de la solidité financière et organisationnelle, Alliance Assurances a fait ses preuves sans tomber dans l’autosatisfaction. Notre notoriété et notre marque font partie intégrante du paysage économique national. Nous cherchons toujours à nous améliorer. Nous sommes une institution financière 100% algérienne et nous sommes fiers de l’être. Cette entreprise a été construite pierre par pierre par des cadres algériens et ici en Algérie.

En juillet, 2014, vous avez déclaré dans une interview accordée à l’émission «L’invité du direct» de radio M, qu’une intervention de l’État pour réguler le marché des assurances s’impose plus que jamais. Pourquoi ?

Laissez-moi vous préciser que le marché des assurances est réglementé. Aujourd’hui, l’Etat réglemente l’activité à travers plusieurs outils et institutions comme les différentes lois amendées, la direction des assurances et aussi la commission de supervision des assurances qui doit veiller au maintien de la solvabilité des acteurs, au droit des assurés, au respect des règles de jeu et l’application des lois et règlements du secteur.  La dernière réforme remonte à février 2006, cela fait une décennie. Entre temps, l’Algérie a changé et son économie a évolué. Nous devons avoir une nouvelle génération de réformes pour impulser une nouvelle dynamique, élever le niveau qualitatif de la compétition, et mettre plus d’ordre et de régulation pour éviter toutes pratiques nuisibles à la bonne marche du secteur.  
La présence de l’Etat dans le cadre de la réglementation est impérative avec des règles de jeu claires et aussi une totale impartialité entre les acteurs conformément à la nouvelle constitution algérienne 2016 qui confirme et renforce l’aspect de liberté d’entreprendre, d’égalité des chances et surtout l’abolition de toute discrimination entre le secteur public et privé. Cela serait une avancée majeure pour le secteur et pour l’économie nationale.

Existe-t-il toujours une différence de traitement entre les entreprises privées et publiques ?

Dans les textes réglementaires, cela n’existe pas, mais dans les faits et les pratiques de certains managers ou responsables d’institutions, la discrimination existe. Nous mettons cela sur le compte d’initiatives beaucoup plus personnelles et aussi une méconnaissance des lois régissant les marchés publics.
L’Algérie n’a aucun intérêt à avoir des monopoles. Ce dont elle a besoin, par contre, c’est d’une économie diversifiée,
ouverte, dynamique et un secteur des assurances fort, parce que c’est l’un des moteurs de croissance sur lequel l’Algérie devrait s’appuyer. Le monopole a toujours été une source de distorsion sur les prix et une diminution de la qualité de service et le consommateur en a été toujours victime.  L’Algérie a besoin d’entrepreneurs
publics et privés, loin des pratiques bureaucratiques. Elle ne sera construite que par ses enfants issus du secteur public
ou privé et ensemble bien sûr avec égalité des chances et protégés par des lois équitables.
Personne ne peut avoir le monopole du nationalisme, de l’amour pour le pays, de l’honnêteté, de la probité, et de
l’exclusivité de contribuer positivement à l’essor du pays. Il faut combattre les clichés qui collent aux deux secteurs et développer leur initiative, en privilégiant le partenariat public-privé.

Pensez-vous que la guerre des prix existe toujours en dépit de la décision du plafonnement entre assureurs des remises promotionnelles à 50 % ?

D’abord, il y a un accord multilatéral signé en 2012, relativement respecté à ses débuts. Mais, par la suite, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Nous sommes très inquiets par la tournure des événements au sein de l’association UAR. D’ailleurs, nous avons entamé une réflexion sérieuse pour étudier le moyen de stabiliser le secteur en 2016 avec un texte un peu plus étoffé et engageant. Sans jeter la pierre à qui que ce soit, nous ne souhaitons pas rester passifs à l’égard de certaines pratiques collectives jugées partiales. Le nombre de véhicules importés aujourd’hui, à mon avis, n’aura aucun impact significatif sur la croissance du chiffre d’affaires du secteur. Pour être plus précis, l’Algérie a importé en 2015 plus de 300 000 véhicules. Donc, avec la moyenne de 40 000 DA de prime d’assurance par véhicule, ce sont 12 milliards de dinars qui devaient être réalisés comme chiffre d’affaires additionnels sur le potentiel existant et qui s’ajoutent au chiffre d’affaires de 2014 abstraction faite des autres branches notamment en transport, engineering et en IARD. En réalité, nous n’avons réalisé que 200 millions environ selon les chiffres provisoires communiqués récemment par le CNA

(Conseil national des assurances). Cela veut dire que même les 12 milliards ou plus, qui sont arrivés en apport nouveau, n’ont pas pu combler la perte du chiffre à cause de la politique de bradage, du dumping et du non-respect des tarifs.

Cela engendre aussi des pertes sèches au Trésor public en termes d’impôts et de taxes que nous estimons à environ 20 % de ces chiffres annuellement en direct et en indirect de la capacité des assureurs de mobiliser de l’épargne et de le diriger vers le financement à long terme de l’économie. Nous avons puisé sur le potentiel existant à cause de cette situation qui devient alarmante et qui interpelle tous les acteurs et aussi les régulateurs. On n’accuse personne, mais si nous arrivons à assurer le potentiel existant avec un prix juste et des bonnes provisions techniques à la hauteur des engagements de tout un chacun, on arrivera, alors, à avoir un taux de croissance correct même pour les prochaines années qui seront dures pour tous.
Dans cette situation, personne n’est gagnant, les compagnies perdent du chiffre d’affaires et des moyens financiers pour faire face à leurs engagements futurs. La qualité de service se trouvera diminuée à cause du manque de moyens financiers, le trésor perdra des ressources importantes en impôts et taxes et aussi des placements à long terme et le consommateur ou l’assuré, perdra en qualité de service et en délais de règlement de ses sinistres.  Je précise qu’on ne parle pas ici d’augmentation des tarifs mais du respect des tarifs planchers qui couvrent le minimum de charges techniques et permettent un équilibre entre prime et engagement actuels et futurs des sinistres.

Est-ce que cet avis est partagé par vos confrères du secteur ?

Ma vision et ma conception des choses m’obligent à dire et à titre personnel que nous n’avons pas le droit de reporter le
traitement de ces sujets et que l’urgence est dans la maison et le seuil d’alerte a été franchi. Je serai probablement contredit par des collègues, mais cela reste ma conviction profonde et sincère.  Nous ne pouvons pas parler d’innovation et d’amélioration de la qualité de service, si tous les jours que Dieu fait, la seule préoccupation est de survivre dans un environnement difficile et une concurrence impitoyable parfois déloyale où les règles ne sont pas complètement respectées et dans plusieurs domaines du management des assurances qui peuvent entraîner une insolvabilité chronique et irréversible de certaines compagnies et même au-delà. C’est tout le secteur  qui risque d’être impacté.  
Au sein de l’UAR, sous l’égide de notre président et aussi avec la bonne volonté affichée par les managers des grandes compagnies publiques et certains privés, nous avons commencé un travail important et ouvert beaucoup de dossiers en collaboration avec les cadres de l’UAR avec les membres des commissions et aussi les différentes commissions pour prendre en charge certaines réformes et discuter du problème des tarifs sous l’impulsion et l’autorité opérationnelle du délégué général, qui abat un travail énorme avec ses équipes.  Après le gel de l’importation des véhicules par le gouvernement, quels sont les impacts sur le marché des assurances automobile ?
L’impact est bien visible chez les concessionnaires et l’indisponibilité de véhicules neufs.
Chez les assureurs, cela n’a aucun impact actuellement, nous venons de nous rendre compte que les pratiques du marché se répercutent négativement sur les valeurs et les richesses. Les chiffres sont fébriles et révélateurs. L’apport des importations de véhicules et de nouveaux projets est insignifiant, pas en termes financiers mais en termes de destruction de valeurs. On est passé de 7% en 2014 à 0.2% en 2015 sur les chiffres d’affaires, sur un marché estimé entre 15 et 20 milliards de dinars minimum.
D’autre part, la partie sinistre et provisions techniques qui doivent augmenter mécaniquement parce que la valeur du dinar a baissé, les coûts de réparations ont augmenté aussi de 30% à 40% à cause de la pièce de rechange et le comportement des consommateurs qui souscrit, de moins en moins, l’assurancetous risques à cause de la baisse du pouvoir d’achat. Alors, la seule solution est de se mettre autour d’une table et trouver des solutions collectives, graduelles, objectives, qui allient les intérêts particuliers à celui du collectif sans que ce soit nécessairement une augmentation tarifaire mais déjà le respect des tarifs actuels. Le marché des assurances de personnes pourrait être une nouvelle locomotive dans ce sens mais cela ne se réalisera pas tant que nous ne disposons pas d’un marché financier dynamique qui le soutiendrait. Faire de l’assurance de personnes sans un marché financier dynamique et un secteur bancaire profondément réformé, ouvert, avec des règles transparentes et modernisées est utopique et n’atteindra pas les objectifs.

En tant que 1er vice-président de l’UAR, comment comptez-vous procéder pour mettre un terme à cette discrimination dans l’octroi des marchés publics qui perdurent entre assureurs privés et publics ?

Je pense que cela dépasse le cadre de l’association professionnelle du secteur de l’UAR, et il est très délicat de poser le problème à ce niveau car il y a des intérêts antagonistes et c’est compréhensible.  Ce problème, doit avoir une solution au niveau du gouvernement par la clarification des règles de jeu et de compétition. Et aussi à travers le conseil de la concurrence qui doit être beaucoup plus présent sur la scène économique pour veiller à la saine et rigoureuse application des lois de la république abstraction faite du statut juridique des acteurs et également, d’un arsenal de lois spécialisées dans les questions économiques.

Qu’est-ce qui vous permet de demeurer optimiste en dépit de tous les obstacles et difficultés que vous rencontrez sur le terrain ?

D’abord, je suis de nature optimiste, parce que l’Algérie n’est pas figée. Malgré la situation actuelle qui manque de dynamisme, nous attendons le meilleur à l’avenir. Le premier ministre parle d’un nouveau modèle de croissance qui sera annoncé prochainement lequel, nous espérons prendra en considération deux leviers importants : la nécessité de promouvoir le secteur privé, de casser les monopoles, de mettre fin à la bureaucratie et un marché financier dynamique, moderne et flexible. Sans cela, le changement serait «utopique».
Par ailleurs, maintenant que la nouvelle constitution est très claire sur le choix économique du pays, nous souhaitons une mise en place réglementaire très rapide afin de libérer les initiatives et moderniser  notre économie et nous sommes capables

«Nous sommes très optimistes quant à l’avenir. Le premier ministre parle d’un nouveau modèle de croissance qui sera annoncé prochainement. Nous espérons qu’il prendra en considération deux leviers importants : la nécessité de promouvoir le secteur privé et un marché financier dynamique et flexible. Sans ces deux suggestions, le changement serait «utopique».

d’avancer très vite vers le développement et la prospérité.

Alliance Assurances a fait son entrée à la Bourse d’Alger, comment jugez-vous cette décision ?

Nous ne regrettons rien malgré les obstacles et les contraintes. Nous avons indiqué le chemin, pris des risques et ouvert le bal. Déjà, aujourd’hui, nous sommes trois privés et si la confiance est rétablie, il y en aura d’autres.  Nous avons eu beaucoup de succès lors de l’introduction, grâce aux différents acteurs qui ont cru en nous. Nous avons
eu 142% de souscrits et si nous avions pris toutes les demandes, nous aurions pu atteindre les 200%. Malheureusement, à un moment donné, il y a eu un blocage au niveau du marché secondaire. Nous sommes 5 groupes introduits à la Bourse d’Alger et d’ici à la fin de l’année, d’autres arriveront. Le problème de la Bourse d’Alger est sur le plan de l’animation et la liquidité des titres.
Parfois, on nous explique que c’est à cause des problèmes techniques du fixing et des séances. Mais le problème de la liquidité est politique, surtout avec la non implication des banques IOB intermédiaire en Opération Boursière et autres institutions financières.
Nous sommes dans le paradoxe de la poule et de l’œuf. Est-ce qu’il faut avoir un marché dynamique pour s’impliquer et créer la dynamique. Cette question ne pourra être tranchée et réglée que par le gouvernement car les grandes institutions
financières telles que les banques qui dominent le marché sont sa propriété.  Notre combat n’est pas pour notre propre intérêt car nous ne sommes qu’un petit acteur, mais c’est pour l’Algérie et son économie. Nous nous battons pour doter notre pays d’un marché financier digne des projets et de l’avenir de notre nouveau modèle économique.  Des efforts énormes sont fournis par les autorités boursières, à l’instar de COSOB, SGVB pour régler certaines questions techniques et par l’ABEF à travers l’ouverture des points bourses au niveau des guichets bancaires. Cependant, la question fondamentale reste la liquidité des titres et la possibilité ou la nécessité aux IOB publics d’avoir les moyens financiers et la liberté d’actions pour animer le marché sans distinction de la nature juridique des capitaux.

Parlez-nous un peu du fonds privé pour accompagner les privatisations que vous venez de proposer au FCE ...

C’est une proposition ou une idée que nous avons soumise parmi d’autres, mais malheureusement nous n’avons pas eu de réponse jusqu’à présent. Nous avons constaté qu’en Algérie, le privé algérien est potentiellement suspect jusqu’à preuve du contraire. Maintenant, nous essayons d’inverser la donne, de combattre les clichés et de le démontrer sur le terrain. Le FCE est en train de créer, à travers ses membres, son propre fonds d’investissement, JIL FCE, pour accompagner les jeunes créateurs d’entreprises.  Notre idée est d’agir en amont et de créer un nouveau fonds privé pour accompagner les privatisations et rassurer les pouvoirs publics ainsi que l’opinion publique algérienne avec des solutions innovantes et être au diapason avec la réalité économique algérienne et mondiale. Ce fonds pourra agir en complémentarité avec le FNI (Fond National d’Investissement). Il ne faut pas oublier aussi le rôle que jouent les différentes associations patronales et les cercles de réflexion (FCE, CARE NABNI...).

Quels nouveaux produits comptez-vous
introduire cette année ?

Nous avons lancé de nombreux produits d’assurance en septembre 2015 et depuis le début de l’année en marge du salon international de l’automobile qui s’est tenu en mars, ndontb un certain nombre de packs dédiés aux professionnels et aux métiers : d’avocat, de notaire, d’ingénieur, d’agence immobilière et d’agence de voyage... qui couvrent leurs responsabilités civiles et les risques professionnels. Nous avons aussi commencé à travailler sur d’autres produits qui seront annoncés en fin d’année à la prochaine rentrée sociale. Ces offres allieront la qualité du

Il faut savoir qu’Alliance Assurances n’appartient pas à un groupe international. Nous sommes une institution financière 100% algérienne et nous sommes fiers de l’être. Cette entreprise a été construite pierre par pierre pas des Algériens et ici en Algérie. Ses premiers actionnaires historiques sont venus de divers horizons et régions, se sont fait confiance et ont pris le risque ensemble et le résultat est merveilleux. 

service et une couverture au juste prix. Par ailleurs, il faut souligner l’amélioration de  l’efficacité opérationnelle de nos équipes, qui fournissent un travail de qualité.

Et en termes de perspectives de l’économie nationale ?

Les perspectives sont énormes et le potentiel de l’Algérie est loin d’être exploité, que ce soit dans notre secteur ou dans toute l’économie nationale.  Nous attendons l’annonce d’un nouveau modèle économique du gouvernement et notre souhait est qu’il amènera des réformes structurelles et innovantes. Bien-sûr, l’Etat doit garder sa vocation de régulateur et de protecteur social.  Nous pouvons convaincre et conquérir le Maghreb, l’Afrique et le monde arabe et pourquoi pas des niches dans la sous-région euro Méditerranée.  Nous espérons et souhaitons que le

nouveau modèle économique promis et en attente d’annonce soit basé sur : 

- Un marché financier dynamique, des banques et assurances modernisées, une bourse dynamique et fluide et
des instruments de paiements conformes à ce qui se fait de mieux à l’international.
Une vision basée sur «l’entreprise et l’initiative privées au cœur du nouveau modèle économique algérien», qui doit être la locomotive.

L’ambition des hommes d’affaires consciencieux et la mienne est que le nouveau modèle de croissance que l’on attend avec beaucoup d’impatience soit à la hauteur des défis et de nos attentes pour que nous puissions les relever ensemble et faire face au challenge de la  construction nationale, donner des perspectives aux Algériens, de la confiance à nos jeunes et de l’espoir en un avenir meilleur chez nous.
Oui, ensemble nous pouvons.

TAC au TAC

Par quel mot décrivez-vous la situation actuelle du pays ?

-La croisée du chemin et nous espérons choisir le bon et ne pas faire d’erreur.

Qui est votre modèle économique ?

-Steve Jobs d’Apple et Walch de Général Electric.

Vos références historiques ?

-L’Emir Abdelkader et Mohammed Boudiaf

Que lisez-vous actuellement ?

-«Les Musulmans et l’économie» de Malek Benabi, et je relis actuellement dans sa version arabe la Mokkadema d’Ibn Khaldoun. Bien sûr sans oublier que je consulte beaucoup la presse et les magazines spécialisés en économie.

Vous buvez du thé ou du café ?

-Je suis plutôt café

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