vendredi , 26 mai 2017
Décrépitude avancée du parc zoologique de Ben Aknoun

Décrépitude avancée du parc zoologique de Ben Aknoun

Les animaux en souffrent

LE PARC ZOOLOGIQUE DE BEN-AKNOUN, OUVERT EN 1977 EST LE PLUS GRAND EN ALGÉRIE. IL ÉTAIT ÉGALEMENT CLASSÉ PARMI LES PLUS IMPORTANTS AU MONDE, VU LA GRANDE DIVERSITÉ ANIMALIÈRE QU’IL ABRITE. IL FUT UNE ÉPOQUE OÙ IL ÉTAIT UNE DESTINATION DE CHOIX POUR DES MILLIERS DE VISITEURS EN QUÊTE D’ATTRACTION. LE PARC EST, DE NOS JOURS, EN ÉTAT DE DÉCRÉPITUDE AVANCÉE. CE QUI A INTERPELLÉ DE NOMBREUX CITOYENS.

Par : Bob Khaled

Abandon et interpellation

zoo2Les animaux de différentes espèces qui se trouvent dans ce parc vivent dans des conditions lamentables. C’est le constat que font tous les visiteurs qui s’y rendent. Le samedi 7 novembre, des dizaines de jeunes, qui se sont donné le mot d’ordre sur les réseaux sociaux, se sont rassemblés à l’intérieur du parc pour dénoncer cet état de fait, et exiger l’amélioration des conditions de vie des animaux qui s’y trouvent. Cette action citoyenne intitulée « SOS ! Tous ensemble pour aider les animaux du zoo de Ben Akoun », vise à interpeller les responsables concernés pour une meilleure prise en charge.
Affamés, assoiffés, atteints de différentes maladies, manquant d’hygiène, les animaux du plus grand zoo d’Algérie sont abandonnés à leur triste sort. Une situation à laquelle les différentes parties se rejettent la responsabilité. Le nouveau DG du parc zoologique de Ben Aknoun, M. Rahou Abdelhamid, qui était sur place, s’est entretenu avec les jeunes protestataires pour les rassurer de sa volonté d’améliorer la situation dans les jours à venir.
Les initiateurs de ce mouvement ont, après avoir été reçus par le directeur du parc, dénoncé l’état lamentable dans lequel se trouve l’établissement.
Des cages exiguës, une aire de plaisance pour enfants trop près des animaux, un manque flagrant d’hygiène. Les bassins d’eau réservés aux éléphants étaient à sec. Les protestataires veulent connaître les raisons de ce laisser-aller. Les habitués de ce lieu ont témoigné que cette situation existe depuis très longtemps.

-Des animaux morts par négligence

Selon des rapports du secrétaire général de l’UGTA à l’unité zoologie, dont nous détenons des copies, 558 animaux ont péri en 4 ans, entre 2009 et 2012. Parmi les espèces rares qui ont disparu du parc, figurent des pythons et des wallabies.
Les causes probables des décès de ces animaux sont dues, selon les rédacteurs du rapport, en premier lieu à la négligence, au manque d’entretien, et au manque de compétence dans la prise en charge de ces animaux.Durant 2014, 2 éléphants et 5 faucons pèlerins sont morts. La négligence est prouvée déjà par l’inadaptation de plusieurs cages à la taille des animaux. Parmi les exemples les plus évidents, il y a ceux des éléphants qui sont regroupés dans l’enclos des girafes.

Point rouge

Un budget annuel de 80 millions de dinars est réservé à la nourriture des animaux et l’entretien des espaces. Des anciens responsables du parc ont été condamnés par la justice, en novembre 2003, pour le détournement de grosses sommes d’argent destinées à la gestion de ce parc.
Un minimum de responsabilité citoyenne
Ils étaient plus de 100 personnes à avoir répondu à l’appel des initiateurs sur Facebook. Leurs avis sont unanimes au sujet de l’état lamentable dans lequel vivent les animaux. Leur objectif, disent-ils, est de défendre et sauver ce qui en reste, mais aussi de dénoncer le laxisme et la mauvaise gestion des responsables.

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