Hausse des prix dès 2016  Solution efficace ou replâtrage ?

Hausse des prix dès 2016 Solution efficace ou replâtrage ?

Le gouvernement a présenté les premières perspectives d’un budget qui se resserre sous l’effet d’une crise patente. Le budget global prévu pour l’exercice 2016 se rétrécit comme peau de chagrin, les dépenses injectées dans l’équipement accusent le coup, les dommages collatéraux entraînent les ménages et les entreprises dans une dangereuse spirale. Autres temps, autres mœurs. Le gouvernement ira chercher des économies chez les consommateurs, de moyenne et grande envergure. C’est ainsi que la loi budgétaire de 2016 prévoit de taxer davantage les contribuables parmi les consommateurs et les entreprises. Concrètement, le projet de loi de finances 2016 prévoit un relèvement de 7 à 17% de la TVA appliquée sur la vente du gasoil et d’autres carburants. Il est ainsi prévu que le coût d’un litre de gasoil ou d’essence croîtrait de 10% en 2016. Ce n’est pas tout, puisque le PLF-2016 prévoit le même niveau de majoration pour les consommateurs de gaz naturel dépassant 2500 thermies/trimestre ainsi que pour les consommateurs d’électricité dépassant les 250 kilowatts/heure/trimestre. A entendre par là que cette hausse vise essentiellement le portefeuille des entreprises, dites grands consommateurs. Pour les carburants, puisque cette niche de consommateurs concerne à la fois les consommateurs, les transporteurs et les entreprises, les hausses prévues devraient se traduire, à la pompe, par une augmentation de 5 dinars/litre pour l’essence super, le normal, le sans plomb et 2 dinars/l pour le gasoil.

Le pouvoir d’achat mis à rude épreuve

En 2016, le déficit du Trésor devrait diminuer à l’arrivée de nouveaux approvisionnements issus de ces augmentations prévues par la loi budgétaire de la même année. A contrario, les pouvoirs d’achat des ménages et les corporatifs seront mis à rude épreuve. L’Etat a décidé de lever le pied sur certains de ses concours budgétaires, un prélude éventuellement à une remise en cause plus large de sa politique des subventions qui grèvent son budget. Le contexte est bien propice aux ajustements budgétaires. L’Exécutif, sans pour autant se mettre à un régime de rupture, a décidé de jouer sur le levier de la fiscalité des biens énergétiques, d’autant que cette niche fiscale est sujette à plusieurs fléaux, dont le trafic, la contrebande et le gaspillage. Les sommes injectées annuellement par l’Etat dans le cadre des subventions aux prix des produits énergétiques sont stupéfiantes. Elles sont surtout implicites. Autrement dit, elles ne sont aucunement incluses dans le budget de l’Etat. Il y aurait 775 milliards de dinars, soit l’équivalent de 7,5 milliards de dollars, injectés dans le soutien aux prix des carburants, près de 6 milliards de dollars pour le gaz et autant pour l’électricité, ce qui correspond à 2000 milliards de dinars (près de 20 milliards de dollars) pour les trois produits énergétiques. A fin 2014, il y aurait un peu plus de 2400 milliards de dinars injectées dans le soutien aux produits énergétiques, puisque la consommation domestique évolue chaque année en moyenne de 10%.

2 milliards USD d’économies

Des chiffres pour le moins ahurissants. L’équivalent d’un tiers du PIB est injecté dans le soutien aux prix des produits énergétiques. Les statistiques de la Banque mondiale en la matière ne font que confirmer le constat. Ces « subventions corrosives » captent 30% du PIB en Algérie. Après avoir mis l’accent sur l’augmentation des taxes appliquées à la vente des produits énergétiques, c’est dans le budget des ménages et des entreprises que l’Etat va devoir tailler. Si elle paraît bien acquise, pour l’Exécutif, à cette décision d’augmenter les prix de vente à la pompe, une question se pose et s’impose ; combien va-t-elle apporter en définitive ? En attendant que ces hausses soient validées par les deux chambres du parlement, un simple calcul fait ressortir qu’une augmentation de 5 DA sur chaque carburant rapporterait à l’Etat l’équivalent de 500 000 dollars. Ainsi, les 5 dinars/litre de hausse prévus pour l’essence super, l’essence normale, l’essence sans plomb et 2 dinars pour le gasoil feront gagner à l’Etat environ Votre présence sera une vraie valeur ajoutée à l’évènement et rehaussera la soirée.
Nous espérons vous compter parmi nos invités les plus prestigieux.
Bien cordialement. 2 milliards de dollars, ce qui équivaudrait à la masse salariale de près d’un demi-million de salariés, dont le revenu mensuel brut est de 25 000 dinars. Le pari mérite bien que l’on s’y mette dès à présent, mais il ne sera pas sans conséquences sur l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages et des entreprises. La dévaluation du dinar se traduit par la hausse des prix des carburants qui viennent grever davantage les portefeuilles.

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