Le zapping Eco

Ce serait l’un des plus tristes Noël de ces 15 dernières années, tant un air d’anxiété et de pessimisme vient embuer le moral des ménages. Le père Noël n’a pas prévu de cadeaux pour cette année. Les enfants qui restent privilégiés en cadeaux de Noël doivent comprendre par de simples calculs que la crise ne fait que commencer et l’hiver s’annonce pour le moins des plus rudes. L’embellie financière de ces dernières années s’était révélée éphémère. Cette inflexion de tendance s’explique par la déprime des marchés pétroliers sous l’effet combiné de deux facteurs ; la surabondance de l’offre et le ralentissement de l’économie mondiale. Cette déprime devrait se traduire par une diminution de moitié des recettes algériennes libellées en devises. La crise perdurera encore quelques années, à en croire les projections du FMI, de la Banque mondiale, de l’Agence internationale de l’énergie et de l’influente banque américaine Goldman Sachs qui, tous, s’accordent à dire qu’un rééquilibrage des marchés ne devrait pas intervenir de sitôt.

Contrairement aux années précédentes, les Algériens devraient être surtaxés dès 2016. Ils devraient payer à leur tour une partie du coût de la crise que le gouvernement n’a pas vu venir, faute d’anticipation et d’un effort de prospective. Le projet de loi de finances 2016 n’a jamais été aussi contraignant pour les consommateurs, tant il apporte des hausses en cascade des prix qui touchent directement et indirectement aux portefeuilles des ménages. L’on commence déjà à se serrer la ceinture, à guetter les promotions et les prix bas d’entre-saisons. Ils seront encore plus nombreux cette année à se bousculer pour les rabais de fin d’année, ce qui correspond déjà à une anticipation d’une année 2016 de très chères factures de carburants, de médicaments, d’électricité, de gaz et de téléphonie. La prudence est mère de sureté. L’adage s’applique non seulement aux ménages, mais aussi sur un exécutif qui, des années durant, excellait dans sa politique de brûler les chandelles par les deux bouts.
Ce serait un triste Noël également pour les entreprises qui verront leurs bénéfices se rétrécir comme peau de chagrin à la fin de l’exercice en cours. Frappées de plein fouet par une inflation galopante (plus de 5% en octobre) et un dinar en perte de vitesse par rapport aux devises étrangères, il est fort probable que leurs dirigeants se voient obligés de procéder à des plans sociaux de redressement, autrement dit à des coupes budgétaires qui pourraient gripper la machine de la croissance, tant ces coupes toucheraient inévitablement l’investissement. C’est l’effet destructeur de la crise. L’investissement reculera donc. Ce qui contrariera les plans du gouvernement qui consistent à miser sur une économie hors hydrocarbures pour faire face à la crise des hydrocarbures. Il ne reste plus qu’à espérer que les cours du pétrole reprennent des couleurs. Ou alors, que la Sonatrach fasse carburer à plein régime sa production pour compenser la baisse des recettes. Le pari est lancé.

Par Ali Ben Mohamed

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