L’Algérie  s’implique  dans  l’automobile

L’Algérie s’implique dans l’automobile

 

POUR RELANCER L’INDUSTRIALISATION DU PAYS, LE GOUVERNEMENT COMPTE DIVERSIFIER LES SECTEURS D’ACTIVITÉ ET SURTOUT OFFRIR AU PAYS UNE INDUSTRIE AUTOMOBILE PERFORMANTE. UNE MANIÈRE DE RENOUER AVEC UNE TRADITION QUI A DÉJÀ EXISTÉ AU LENDEMAIN DE L’INDÉPENDANCE DU PAYS.
APRÈS UNE ABSENCE DE PLUSIEURS DÉCENNIES, LE CONSTRUCTEUR FRANÇAIS RENAULT REVIENT EN ALGÉRIE POUR LANCER, DÈS LE MOIS DE NOVEMBRE 2014, LE MONTAGE DE LA RENAULT SYMBOL. TOUT UN SYMBOLE POUR UN PAYS QUI DEVIENT, EN QUELQUES ANNÉES, UN RÉCEPTACLE POUR DES CONCESSIONNAIRES DU MONDE ENTIER. EN QUELQUES ANNÉES, LES IMPORTATIONS AUTOMOBILES SONT PASSÉES DE QUELQUE 150 000 VÉHICULES PAR AN À PRÈS DE 500 000 EN 2012, FAISANT DE L’ALGÉRIE LE DEUXIÈME PLUS GRAND MARCHÉ AUTOMOBILE D’AFRIQUE APRÈS L’AFRIQUE DU SUD.

Par Nesma Aghiles

Au commencement, il y a Renault

automibilesDans un premier temps, l’usine, implantée à Oued-Tlelat, près d’Oran, devait produire 25 000 véhicules par an. Mais la marque au Losange, qui accepte de devenir minoritaire (elle détient 49% des actions contre 51% pour l’Etat algérien) ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Elle compte produire, dès l’année prochaine quelque 75 000 véhicules par an destinés au marché local.
En plus des 500 emplois créés directement par l’activité du montage, le développement des sous-traitants va permettre la création de nouveaux postes. En plus de Joktal, le fournisseur de pièces d’injection plastique, trois autres entreprises (Martur, Sirel et Satel) ont annoncé la création de 500 nouveaux emplois. De plus, il est question, selon les responsables de la société française, de voir arriver de nouveaux sous-traitants venus de Turquie et de Roumanie.
C’est sans doute pour profiter de cette nouvelle industrie de sous-traitance qui prolifère que les autorités ont décidé d’implanter, dans la région d’Oran, la nouvelle usine Peugeot. Cette autre marque française construira bientôt une usine qui produira, cette fois-ci, plusieurs modèles. «Nous nous sommes mis d’accord pour construire en Algérie quatre modèles dont trois pour les véhicules C1, (la 301 et la 208) et un pick-up, dans un premier temps », a affirmé, récemment, le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb. Selon ce dernier, le constructeur automobile viendra en Algérie avec ses filiales qui agissent dans la sous-traitance. Elles vont intervenir dès le départ dans la sous-traitance afin d’augmenter le taux d’intégration de production. « Peugeot viendra en Algérie avec sa filiale Faurecia pour prendre en charge la sous-traitance. Ce qui va nous permettre d’atteindre, dès le lancement de la production, un taux d’intégration appréciable », indiquera le ministre.

Peugeot, Fiat et les autres

Si ces deux constructeurs vont travailler avec l’Etat, d’autres marques ont choisi de s’associer avec des entreprises privées algériennes. Cusine renault’est le cas de l’italien Fiat. Le constructeur, qui a raté une première fois de s’installer en Algérie à travers l’usine Fatia de Tiaret (un projet mort-né en 1987), reviendra cette fois-ci dans la wilaya de Bouira où il construira une usine en coopération avec le groupe Ival. La marque italienne n’a toujours pas affiché les modèles qui seront fabriqués en Algérie. Mais dans les milieux initiés, on parle déjà des coqueluches de la marque turinoise, à savoir la Uno, la Bravo et très probablement le Dublo.
Avant Fiat, une autre marque italienne va s’installer à Bouira. Il s’agit du constructeur de véhicules utilitaires, Iveco. Cette usine, qui entrera en production fin 2016, consacrera 15% de ses produits à l’exportation. C’est du moins ce qu’a déclaré récemment Mohamed Baïri, dans une conférence de presse. Il a même annoncé qu’un partenariat entre la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et ZF Algérie a été signé pour la fabrication, à Bouira, de la boîte à vitesses destinée exclusivement aux véhicules utilitaires Iveco. «Cette boîte à vitesses sera fabriquée suivant les normes et standards internationaux», a précisé M. Baïri.

Le ressort des véhicules industriels

Avant Ival, c’était l’homme d’affaires, Abdelwahab Rahim, patron de Arcofina, qui a lancé l’idée d’un partenariat entre son entreprise et un groupe public chinois. Les deux partenaires devaient s’allier pour construire, en Algérie, les voitures chinoises de marque Lifan. Mais pour l’heure, rien de concret n’as filtré sur cette entreprise.
En plus des véhicules légers, l’Algérie a choisi ces dernières années de renforcer l’industrie déjà existante dans le domaine des véhicules industriels. Ainsi, en plus de la SNVI (Société nationale des véhicules industriels) qui existe depuis des années, de nouvelles entités ont été créeés. Il s’agit d’une joint-venture entre la société nationale du matériel des travaux publics (ENMTP) et l’Allemand Liebherr. Cette société produit, à Constantine, des pelleteuses et rétrochargeuses destinées aux travaux publics. Un autre accord est signé avec une société suédoise pour la production de moissonneuses batteuses.
Mais c’est dans le domaine du montage des tracteurs et notamment bus et autobus que l’Algérie a pris de l’avance. Ainsi, en plus des modèles que produit la SNVI, l’Allemand Mercedes Benz s’est installé à Rouïba pour le montage de ses modèles. L’usine fabriquera également des camions.
Pour ne pas rester en marge de ce « train » qui avance à grands pas, l’Armée nationale populaire (ANP) a construit, elle aussi, des usines pour le montage de certains modèles de véhicules. C’est le cas d’une chaîne de montage de voitures Mercedes, située à Tiaret. Des véhicules utilitaires, dont une partie est destinée aux particuliers. C’est le cas du véhicule Transporter, destiné au transport de marchandises.
Tous ces projets, ambitieux, sont par contre confrontés à une réalité bien algérienne : il n’y a pas assez de sociétés de sous-traitance. Chose qui rend parfois le lancement de ce genre d’industries difficiles. Plus que cela, l’importation massive de pièces nécessaires au montage de ces véhicules ne réduit pas de beaucoup la facture d’importation, puisque pratiquement tous les intrants sont importés. Cependant, il y a un début à tout.

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