vendredi , 26 mai 2017
Abdehafid Brahma general manager de Falait 

Abdehafid Brahma general manager de Falait 

« Mon défi repose sur l’exportation »

 

ALORS QU’IL VIENT D’INAUGURER SA SECONDE USINE DE PRODUCTION FROMAGÈRE À LA POINTE DE LA TECHNOLOGIE, ABDEHAFID BRAHMA, GENERAL MANAGER DE L’ENTREPRISE FALAIT, FABRICANT DE DE LA MARQUE DE FROMAGE TARTINO, REVIENT SUR SA BELLE ASCENSION DANS LE SECTEUR DE L’AGROALIMENTAIRE AUQUEL POURTANT RIEN NE LE PRÉDESTINAIT.

Interview réalisée par : Sabrina Aksouh

 

« Notre objectif est certes d’être présents à travers tout le territoire national, mais il va sans dire qu’il existe des wilayas à très faible potentiel. »

 

General manager de FalaitDziri : Depuis quelques années, Tartino est l’une des marques de fromages les plus incontournables sur le marché algérien. Or, on ne sait que très peu de choses sur l’entreprise en question. Alors comment cette dernière a-t-elle vu le jour ? Est-ce une affaire familiale ou bien est-ce vous qui l’avez créée de votre propre initiative ?

Abdehafid Brahma: Non, Falait n’est pas une affaire familiale, c’est une entreprise que j’ai moi-même créée.  Pour tout vous dire, avant de me lancer dans la production agroalimentaire, j’étais importateur. J’ai commencé cette activité en 1993. J’importais surtout des produits alimentaires, tels que le café, le lait et les arachides entre autres. À la fin des années 90, ne voyant pas beaucoup de perspectives dans le secteur de l’importation, il est vrai qu’à l’époque, nous étions peu nombreux à exercer cette activité, qui s’est énormément développée par la suite, j’ai décidé de me reconvertir dans l’industrie. J’ai donc fait une demande de terrain dans la zone industrielle de Rouiba, qui m’a été accordée. L’idée de départ, était de produire de la margarine, mais sur les conseils d’un ami, je me suis lancé dans la production du fromage.

En quelle année avez-vous donc démarré la production ?

Nous avons commencé la production fromagère en 2001, alors que nous avions entamé la construction de l’usine en 1999. Quasiment un an et demi plus tard, elle était opérationnelle. A l’époque, c’était une fromagerie tout ce qu’il y a de plus traditionnel, pour ne pas dire archaïque.

Vous venez à peine d’inaugurer une nouvelle usine, comment cela s’est-il fait ?

La première usine a été conçue au départ pour la production de margarine, comme je vous l’ai expliqué. Nous avons donc dû nous adapter pour fabriquer du fromage. A un moment donné, l’activité a tellement pris de l’ampleur, que cet espace était devenu exigüe. Nous avons donc décidé d’investir dans une nouvelle structure, beaucoup plus moderne. Il a ainsi été décidé que ce nouveau site de production serait entièrement consacré à la production du fromage en portions triangulaires et la marque Tartino est né.

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Vous avez commencé par l’importation de produits alimentaires avant de vous reconvertir dans la production fromagère. Ambitionnez-vous d’étendre votre activité actuelle à l’exportation ? Dans l’affirmative, quels sont les potentiels marchés que vous convoitez ?

Il faut savoir qu’à un moment donné, le marché algérien, comme partout ailleurs, finira par être saturé. Nous serons donc obligés de rechercher de nouveaux marchés à l’étranger afin d’écouler notre production. De plus, l’Algérie a aujourd’hui besoin d’exporter. Nous espérons en ce sens faire partie de l’aventure.  Dans un premier temps, il nous faudra adapter l’usine aux normes internationales pour pouvoir exporter. Ce n’est pas chose aisée, mais c’est faisable. Nous avons reçu l’aide de l’Etat pour l’obtention de la certification, plus précisément du ministère de l’Industrie qui nous a accompagnés dans la mise à niveau de l’entreprise afin que nous puissions prétendre aux normes internationales. Nous visons surtout le marché africain et la région Mena. Mon objectif, mon souhait le plus cher et mon défi, c’est l’exportation. Nous nous devons de montrer au monde entier les capacités de l’Algérie. Nous sommes capables de beaucoup de choses et nous le ferons si Dieu le veut.

Possédez-vous en ce sens certaines certifications internationales ? Et lesquelles vous sont nécessaires pour votre activité  en vue de l’exportation de vos produits ? 

Pour le moment, nous disposons de l’HACCP pour l’ancienne usine. Nous souhaitons à présent obtenir l’ISO 9001 et l’ISO 22000, afin d’entamer l’exportation d’ici 2016.

Vous êtes présent sur le marché algérien avec la marque Tartino, entre autres,  depuis plusieurs années maintenant. Quel est votre positionnement actuel par rapport à vos concurrents et quelles sont vos parts de marché? 

Selon une étude de marché réalisée par la concurrence il y a environ 4 ans, nous nous positionnions à la seconde place sur le marché avec 13% de parts de marché, juste après le groupe Bel qui produit La Vache qui rit,  lequel disposait de 36%. Ceci dit, je ne préfère pas trop me prononcer puisque ce n’est pas une étude que nous avons-nous même réalisée. Toutefois, il est important de préciser en ce sens, les parts de marché en Algérie, sont évaluées selon les capacités de production. Après, tout dépend de l’opérateur, s’il travaille 24h/24. C’est pour cette raison que ces études ne sont pas toujours fiables.

Qu’en est-il de votre réseau de distribution à travers le territoire national ?

Actuellement, nous sommes présents dans environ une vingtaine de régions. Sur le reste du territoire nous sommes présents grâce aux grossistes. Nous desservons les petites régions via les grandes wilayas limitrophes.

Pensez-vous étendre votre réseau de distribution actuel ?

Notre objectif est certes d’être présents à travers tout le territoire national, mais il va sans dire qu’il existe des wilayas à très faible potentiel. Néanmoins, avec cette nouvelle usine dotée d’une capacité de production de 150%, nous sommes donc dans le devoir de prospecter de nouveaux clients.

L’entreprise possède-t-elle sa propre flotte de distribution ?

Oui, nous disposons de notre propre flotte de distribution sur l’Algérois. Nous disposons également de distributeurs exclusifs au niveau des autres wilayas. Ils achètent nos produits et les distribuent selon nos propres conditions.

Avec l’inauguration de cette nouvelle usine et la production qui va tripler, qu’elle sera l’envergure de votre future campagne publicitaire ?

Il faut savoir qu’avec la construction de la deuxième usine, nous avons quelque peu délaissé l’aspect communication, qui comme vous le savez coûte assez cher, nous avons préféré nous consacrer à ce projet jusqu’au bout. Maintenant que c’est fait, nous avons l’intention de lancer une campagne publicitaire assez importante, d’autant plus que nous allons opérer un changement de packaging sur notre produit. La première étape est de donner un nouvel élan au mix-marketing du produit. L’une des étapes les plus importantes est justement le relooking du packaging. Les consommateurs vont ainsi pouvoir découvrir le produit dans son nouvel emballage qui est l’élément clé du lancement de notre campagne publicitaire, au moyen de supports classiques, à savoir spots publicitaires, affichages, radios et bien entendu les animations.

Qu’en est-il de votre chiffre d’affaires pour l’année 2014 ?

Notre chiffre d’affaires pour l’année passée, s’élève à deux milliards et cinq cents millions de dinars.

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 « Nous nous devons de montrer au monde entier les capacités de l’Algérie… »

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