EDITION FIKRA 2015

EDITION FIKRA 2015

Les  grands patrons parlent DES START-UP

Même les grands patrons s’y mettent. En tête d’affiche des acteurs économiques qui se sont exprimés en marge de la 2e édition de la conférence Fikra qui s’est tenue en févier dernier  à l’hôtel Aurassi, figure  Isaâd Rebrab, à qui, il a été demandé si l’Ansej est le dispositif adéquat pour aider les jeunes à se frayer un chemin vers le monde des affaires. Il a répondu : « Je vous dirais simplement qu’il faut absolument que l’on choisisse des jeunes de qualité, avec des projets viables et banquables, justement parce que ce sont les petites et moyennes entreprises qui deviendront de grandes entreprises, avant d’enfanter à leur tour d’autres petites entreprises ». A cela, il ajoute également : « Nous n’avons pas le droit de gaspiller les deniers publics qui doivent servir au développement économique du pays en distribuant, à tout va, cette ressource à des jeunes, qui, quelques fois savent à l’avance qu’ils ne pourront pas rembourser ». M. Rebrab s’est pourtant dit favorable au dispositif Ansej. « C’est un bon dispositif, mais il faudrait étudier au cas par cas les types de projets ainsi que le profil des postulants. Il y a des projets viables qu’il faut encourager. »

Mohamed Laïd BenamorLe PDG des industries Benamor, Mohamed Laïd Benamor, a, à son tour, répondu à Dziri sur le dispositif Ansej : « Sincèrement, je n’ai jamais été d’accord avec ce dispositif, parce que ça n’a jamais porté ses fruits. L’idée en elle-même, est bonne, mais le fait que des jeunes perçoivent des crédits, alors qu’ils savent à l’avance qu’ils ne les rembourseront pas et qu’ils ne disposent d’aucun savoir-faire ni d’aucune formation, c’est déjà un gros problème.  Ce que nous avons demandé, et sur quoi nous travaillons au sein du Forum Actif des Chefs d’entreprises,  c’est de pouvoir offrir des formations à une centaine de jeunes par wilaya afin de les aider à créer leurs propres entreprises, savoir élaborer un business plan, les coacher et également les recommander auprès des banques. Ceci aurait été beaucoup mieux, si ces jeunes là, avaient été formés, auparavant, par l’Ansej. Mais accorder des crédits pour monter des entreprises telles que les locations de voitures, est une action stérile. Nous avons pu observer des jeunes, qui, avec la complicité de fournisseurs, achètent des machines à 2 millions de dinars et en récupèrent 8 des 10 millions qui leur ont été octroyés pour s’acheter des voitures et je ne sais quoi d’autres. Si l’on fait aujourd’hui le bilan de toutes les entreprises qui ont été créées à partir du dispositif Ansej, il en ressortirait que 10% seulement ont survécu. Ce qui revient à dire que 90% de ces jeunes n’ont ni remboursé leur crédit, ni même créé de véritables entreprises. C’est pour cette raison, qu’il faut à l’avenir réfléchir à deux fois avant de continuer à mettre en place ces projets là.»Slim Othmani,

Slim Othmani, le PDG de NCA-Rouiba  a également exprimé son avis sur la question du dispositif Ansej. Voilà ce qu’il a confié à Dziri : « Ce qui manque  au dispositif Ansej, c’est avant tout de l’accompagnement, de l’encadrement, mais aussi le suivi de cet argent qui a été octroyé, non pas dans le sens de contrôle ou de répression. C’est simple ; je t’ai donné de l’argent quasiment gratuitement  pour que tu puisses réaliser ton projet, qui a eu l’accord  des gens du monde des entreprises. Mais si maintenant tu m’amènes un projet où tu souhaites devenir chauffeur de bus et que je te donne de l’argent pour acheter un bus, eh bien je suis désolé. Ce n’est ni un projet entrepreneurial ni une ambition mais plutôt un choix de vie…entreprendre c’est réellement concrétiser quelque chose. »

« il faut absolument choisir des jeunes avec des projets de qualité et banquables, « 

 

 

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