Les Start-up sous l’œil bienveillant du gouvernement

Les Start-up sous l’œil bienveillant du gouvernement

JUSQU’EN 2013 L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE, PLUTÔT FAVORABLE, MARQUÉ PAR UNE CROISSANCE DE 3,05% ET UN PIB PAR HABITANT DE 5 583 USD ET EN AUGMENTATION CONSTANTE DE 3% PAR AN, ÉTAIT TRÈS PROPICE À LA CRÉATION DE JEUNES ENTREPRISES EN ALGÉRIE.

Le rôle des PME et PMI dans la relance économique

bouchouarebLa relance économique, sujet plus que jamais important pour le pays, a permis de booster l’activité du secteur privé dans un environnement économique favorable aux entreprises publiques. De fait, l’instabilité est jusqu’à présent considérée comme l’une des principales entraves à la promotion de l’investissement privatif.  Pour y remédier, l’Etat a approuvé différents accords internationaux afin d’assurer la protection des investissements tout en garantissant le transfert des capitaux investis.

En ce sens, de nombreuses mesures ont été donc prises afin d’aider les jeunes, qu’ils soient diplômés ou non, à réaliser leur projets. Bon nombre de dispositifs de créations d’entreprises, à l’instar de l’Ansej et l’Angem, bénéficient de retenues fiscales étudiées.

Ces programmes visant à soutenir la création de start-up, ont été élaborés dans le but de cultiver l’esprit entrepreneurial de la jeune génération. Toutes ces initiatives on eu l’effet escompté d’après le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb, jugeant qu’elles ont créé  « un important impact sur la masse du tissu de PME, qui a connu, grâce à elles, un véritable essor ».

S’exprimant en marge de l’ouverture des travaux de la Semaine de l’entreprenariat qui s’est déroulée en novembre dernier, le premier responsable du secteur a précisé que la stratégie de l’actuel gouvernement a pour objectif premier de tout faire pour que la relance économique du pays soit dirigée par la jeunesse entrepreneuriale algérienne.

Ces propos témoignent à eux seuls de l’intérêt et l’attention toute particulières, qu’accorde au jour d’aujourd’hui, l’État à cette ressource humaine inestimable qu’est la jeunesse et qui représente, selon M. Bouchouareb, « la clé de la réussite ».

Des alternatives au secteur des hydrocarbures et à l’importation

Ainsi, la promotion des start-up et de l’entreprenariat reflète parfaitement la détermination du gouvernement à insuffler une nouvelle impulsion à l’économie nationale hors hydrocarbures. L’autre motif réside dans sa volonté à réduire la facture des importations qui ont pris en quelques années une dimension trop importante dans les habitudes, pour ne pas dire la culture de la consommation des Algériens. Promouvoir le produit local  est devenu une nécessité urgente. Il faut savoir que certains  produits de consommation courante, constituent à eux seuls près de 80% des importations algériennes.

Pour remédier à cet état de fait, le gouvernement a mis en place de nombreux programmes d’accompagnement et de financement réservés aux jeunes  entrepreneurs qui souhaitent lancer leur propre entreprise, à l’image de l’Ansej (Agence Nationale de Soutien pour l’Emploi des Jeunes), qui finance des projets de création en octroyant des prêts non rémunérés, allant jusqu’à prendre en charge une partie des intérêts bancaires redevables aux  prêts contractés auprès de banques privées pour des sommes allant jusqu’à 10 millions de dinars. L’Andi (Agence Nationale de développement de l’investissement), quant à elle, œuvre à encourager et promouvoir l’investissement en Algérie accordant des avantages fiscaux assez intéressants aux investisseurs comme la garantie de transfert de revenus de bénéfices et de dividendes, l’exonération de l’Impôt sur le Bénéfice des Sociétés (l’IBS), ou encore la franchise de TV ainsi que la Taxe sur le Chiffre d’Affaires (TCA).

Un autre organisme étatique l’Angem (Agence Nationale de Gestion du Microcrédit), assure le financement de petits projets  dont le coût est inférieur à 1 million de dinars. Cette option est très appréciée par une certaine catégorie de personnes aux revenus instables ou irréguliers, mais surtout bon nombre de femmes au foyer qui y ont vu une bonne occasion de se lancer dans une activité professionnelle à leur propre compte.

Des entreprises à la mesure d’une popu­lation relativement jeune

Il est très important, lorsque l’on parle de l’environnement économique et d’évoquer son contexte socioculturel. C’est ainsi que dans une société composée de plus 70% de jeunes, dont le taux de chômage reste assez élevé, 9,8% en 2014, les jeunes entrepreneurs, qui parviennent  à constituer une start-up qui génère des emplois tout en faisant fructifier leur affaire, ont de grandes chances de réussir dans les 5 ans à venir.

Ces jeunes chefs d’entreprises ont également la possibilité de s’inspirer de l’expertise de certains de leurs voisins, qui, au demeurant, baignent dans le même environnement socioculturel.  De nombreuses start-up algériennes ont pu innover dans leurs produits, en s’inspirant de l’expérience des activités des autres et donc d’être plus performantes et plus rentables.

Des progrès jugés encore insuffisants

En dépit de tous les efforts consentis par le gouvernement Sellal pour que la jeune génération des entrepreneurs soit le pilier de cette nouvelle aire de relance économique, le chemin de la réussite reste encore long et semé d’obstacles.

Pour parler de ce problème, le magazine N’TIC, revue spécialisée dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication, a organisé il y a de cela quelques mois, la première édition d’un Forum de discussion sur le même thème. L’événement a été l’occasion  de réunir certains experts pour débattre  de la question des start-up en Algérie.

Ce panel comptait un groupe composé d’experts en la matière à savoir MM. Louai Djaffer, Mouloud Koudil et Ali Kahlane, respectivement co-fondateur du site Emploitic, Directeur de l’Ecole Supérieure d’Informatique (ESI) et Président de Satlinker et membre du Cercle d’Action et de Réflexion autour de l’Entreprise (CARE).

L’un des points les plus importants de cette rencontre a été de constater que le nombre de start-up créées en Algérie est largement insuffisant en comparaison avec d’autres pays et en s’appuyant sur différents paramètres. C’est simple : Les jeunes qui ambitionnent de se lancer dans une activité  entrepreneuriale rencontrent de nombreuses difficultés. Cette situation, qui a fini par en décourager plus d’un, pourrait être considérablement améliorée. Parmi les questions auxquelles ont répondu les experts réunis lors de ce forum : Comment faire pour développer le marché des start-up en Algérie ?

Ainsi, les experts réunis autour de ce forum ont été formels sur le rôle prépondérant de la formation. M. Koudil en a profité pour inciter les entreprises à recruter davantage de jeunes diplômés, les invitant à mieux apprécier les véritables compétences ainsi que la richesse de la ressource humaine algérienne. Pour ce faire, des efforts ont été consentis par cet établissement dans le seul but de rapprocher les universitaires du monde de l’entreprise.

C’est ainsi que des programmes de formation complémentaires aux enseignements académiques ont été élaborés par l’école,  afin de pallier, un tant soit peu, les besoins en constante évolution du secteur des Ntic et des start-up.

  1. Ali Kahlane a, lui aussi, insisté sur le fait que le coaching et la formation sont indispensables à tout futur entrepreneur, encore faudrait-il qu’un investissement soit prévu pour la formation de la jeune génération. Louai Djaffer a pour sa part regretté le manque de grandes écoles consacrées aux Ntic en Algérie.

En ce qui concerne le volet financement, l’assistance trouve que les différents dispositifs Ansej, Angem et Cnac représentent de très bonnes initiatives, mais sont malheureusement  insuffisants dans le sens où les délais qu’ils prennent pour étudier et répondre aux demandes des porteurs de projets s’étalent, parfois, sur deux ans.

Il faut savoir que le dispositif  de l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes (Ansej)  offre aux jeunes la possibilité de monter une petite entreprise en bénéficiant d’un prêt allant jusqu’à 10 millions de dinars, auxquels s’ajouteront des avantages fiscaux assez importants. Il n’en reste pas moins que ce dispositif  est loin de faire l’unanimité à cause, entre autres, des lenteurs administratives. Le jeune entrepreneur se voit donc obligé d’attendre, surtout qu’il ne peut prétendre à un poste d’emploi durant la période où la procédure de demande de financement est à l’étude, ce qui est d’autant plus frustrant, puisque un projet, s’il est innovant, peut très bien devenir obsolète au bout d’une année.

 

Lancer sa start-up en Algérie relève-t-il de l’utopie ou est-ce une véritable opportunité pour se construire un avenir ?

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