Epargne des ménages

Epargne des ménages

Inflation et baisse du dinar, facteurs d’inquiétudes

L’ÉPARGNE DES MÉNAGES DEVRAIT SUBIR UN SÉRIEUX COUP SOUS L’EFFET DE LA BAISSE DE LA VALEUR DE LA MONNAIE NATIONALE FACE AUX DEVISES ÉTRANGÈRES. LES PRÉVISIONS D’UNE FORTE DÉPRÉCIATION DU DINAR EN 2015 FAIT PLANER DE SÉRIEUSES INQUIÉTUDES QUANT À L’ÉROSION DE L’ÉPARGNE. LES ANTICIPATIONS SUR UNE REPRISE DE L’INFLATION DURANT LA MÊME ANNÉE RISQUE D’ASSOMBRIR DAVANTAGE LE TABLEAU DE BORD QUI CONTRÔLE L’ÉVOLUTION DE L’ÉPARGNE AU NIVEAU DU CIRCUIT BANCAIRE.

Par : Yani T.

Voilà à quoi seraient confrontées les économies des ménages en 2015. En termes plus clairs, si le dinar devrait chuter davantage face à l’euro, et particulièrement au dollar, et si la fièvre inflationniste venait à ressurgir cette année, la valeur de l’épargne devrait baisser en conséquence et inciterait les ménages à échanger leurs liquidités en dinar contre des devises, essentiellement en euro ou en dollar. Mais pas seulement. Face à une monnaie nationale en perte, les ménages pourraient se réorienter vers l’acquisition de divers biens, dont l’immobilier et l’or, réputés valeurs refuges.

Mais tout n’a pas été clairement dit dans cette affaire de chute brutale de la valeur du dinar par rapport au dollar surtout. Si, pour le gouvernement, le recul de la valeur de la monnaie nationale constitue une configuration très favorable pour la balance des paiements, pour l’épargnant, la donne pourrait lui coûter quelques économies. Tout comme le retour, tambour battant, de l’inflation. Mathématiquement, l’épargnant perd au change lorsque le taux d’inflation est supérieur au taux d’intérêt. Le taux des rémunérations des dépôts à vue est fixé autour de 2% et donc inférieurs à l’inflation (2,6%). Déjà, dans ce cas de figure, la Banque d’Algérie tend à dissuader sciemment l’épargne, surtout lorsqu’on sait que la maîtrise de l’inflation se lézarde sous l’effet de la combinaison de plusieurs facteurs endogènes et exogènes. Dans une conjoncture marquée essentiellement par la raréfaction des ressources financières, sous l’effet de la baisse des prix du pétrole, le gouvernement peut jouer sur un levier très important à savoir agir pour que les citoyens gardent et si possible augmentent leur épargne. Deux solutions s’offrent aux autorités monétaires ; la première est liée au financement aux projets de logement lancés par le Gouvernement, tandis que la seconde est liée à la rémunération des dépôts à vue.

Selon les dernières statistiques disponibles, l’épargne des ménages en valeur culminait au dessus des 27 milliards de dollars en 2012, date des fameuses revalorisations salariales avec effet rétroactif, ayant servi de réacteur pour propulser la valeur de l’épargne des ménages. Celle-ci a connu également une légère hausse ces deux dernières années, particulièrement depuis la reprise des formules d’accès au logement. Cependant, l’année 2015, marquée par une forte baisse de la valeur du dinar par rapport aux monnaies étrangères ainsi que par la poussée inflationniste, risque de porter un coup dur aux économies des ménages stockées dans le circuit bancaire.

Le taux des rémunérations des dépôts à vue est fixé autour de 2% et donc inférieur à l’inflation (2,6%).

Les commentaires sont fermés.

Revenir en haut de la page