Amara Latrous,

Amara Latrous,

président de l’Union algérienne des sociétés d’assurances et des réassurances (URA)

«54% de la progression du chiffre d’affaires des sociétés d’assurances provient du secteur automobile»

LE CHIFFRE D’AFFAIRES DES SOCIÉTÉS D’ASSURANCES APPROCHE LES 125 MILLIARDS DE DINARS EN 2013. IL EST EN PROGRESSION DE 12,5% PAR RAPPORT À L’EXERCICE PRÉCÉDENT. 54% DE CETTE PROGRESSION REPRÉSENTE LES PRIMES REVENANT DU SECTEUR AUTOMOBILE. LES COMPAGNIES D’ASSURANCES ONT PAYÉ, PAR AILLEURS, ENVIRON 30 MILLIARDS DE SINISTRES EN 2013. L’URA S’EST ENGAGÉ À LIQUIDER D’ICI LE 30 JUIN DE L’ANNÉE EN COURS TOUS LES DOSSIERS SINISTRES QUI TRAINENT, NOTAMMENT LES DOSSIERS CONTENTIEUX ; C’EST, DU MOINS, CE QUE NOUS INDIQUE MR LATROUS, DANS CETTE INTERVIEW.

Entretien realisé par Lynda Mellak

Dziri : Pourriez-vous nous présenter l’URA ?

Amara Latrous : l’Union nationale des sociétés d’assurances et de réassurances est une association qui défend les intérêts de la profession. Actuellement, l’URA compte 23 assureurs qui sont agréés par le ministère des Finances. Sur les 23 sociétés d’assurances, 7 sont spécialisées dans les assurances de personnes, 13 dans les assurances des dommages. Le peu de sociétés qui sont dans l’assurance de personnes, certaines sont des filiales des compagnies d’assurances qui étaient auparavant dans l’assurance dommage. L’État a été clair sur le fait que toutes les compagnies d’assurances doivent créer leurs propres filiales assurance-vie. Mais, hélas, pour ces sociétés, il s’agit plutôt d’une question de moyens. Ceci dit, pour être agréé en assurance de personnes, la compagnie doit disposer de moyens financiers de pas moins d’un milliards de dinars.

Le chiffre d’affaires de l’assurance algérienne ne cesse de croître. Quel est le segment de cette croissance ?

En 2013, le chiffre d’affaires des 23 sociétés d’assurances avoisine les 125 milliards de dinars. Entre 2012 et 2013, le chiffre d’affaires a progressé de 12,5%. C’est une augmentation assez appréciable. 54% de cette progression représente les primes provenant du secteur automobile. Le reste provient des risques industriels, transports agricoles et de personnes. L’assurance de personnes représente 6 à 7% du chiffre d’affaires global. C’est un niveau de croissance intéressant, car, depuis trois ans, le marché s’accroît d’un rythme à deux chiffres. Depuis quatre ans environ, de 2010 à 2013, la progression est assez conséquente. En Algérie, l’on assiste à des investissements de la part de l’État dans différents domaines, à des niveaux assez importants. Les assurances ont, ainsi, profité et ont été souscrites pour couvrir lAmara Latrous2es travaux, notamment ceux engagés dans le cadre de ces investissements de l’État – travaux liés au bâtiment et la construction de barrages.

À combien évaluez-vous les coûts des dommages durant ces deux dernières années ?

En 2013, les assureurs ont payé pour environ 30 milliards de dinars de sinistres. L’URA s’est engagé à liquider d’ici le 30 juin de l’année en cours tous les dossiers sinistres qui traînent, notamment les dossiers contentieux. En plus de ce chiffre dégagé, il y a encore un montant au moins équivalent qui a été mis en réserve, en provision par les sociétés d’assurances dans le cadre des règlements des sinistres. Une partie de ces sinistres qui a été provisionnée au 31 décembre 2013 a bien été payée en 2014.

Les clients de l’assurance automobile se plaignent souvent des lenteurs dans les délais d’indemnisation. Quelle est, selon vous, la raison des retards ?

Les compagnies d’assurances des dommages reçoivent annuellement 1 million de déclarations d’accidents automobiles. Les trois quarts de ce chiffre sont solutionnés. Les déclarations et les règlements ont été, également, réglés. Le reste des sinistres est déclaré dans le dernier trimestre de l’exercice précédent. C’est pour cela, et souvent, que le mois de décembre représente le mois le plus sinistré de l’année. Pour les divergences qui ont été enregistrées dans les déclarations des parties, chacune des parties rapporte à son assureur les circonstances de l’accident. Quelquefois, les circonstances rapportées sont contradictoires. Souvent, les personnes ne racontent pas toutes les vérités et ne décrivent pas de façon réelle les circonstances de l’accident. Dans ce cas, les compagnies d’assurances sont obligées de correspondre entre elles pour connaître l’exacte version des faits.

Qu’en est-il de la fraude à l’assurance ?

Les compagnies d’assurances ont créé une filiale qui s’appelle Agence de lutte contre la fraude à l’assurance (ALFA). Cette dernière est saisie par les compagnies d’assurances pour enquêter dans les accidents jugés non véridiques, à savoir des cas d’escroquerie. Il est évidement clair que ce phénomène n’est pas spécial à l’Algérie ; dans tous les pays du monde, il existe des gens qui tentent cette pratique.

Comment la question est-elle gérée ?

Vu le nombre important des déclarations de sinistres traitées par les compagnies, ces dernières n’ont pas le temps de mener des enquêtes sur tous les dossiers. Les assurances font très attention et prennent pour argent comptant les déclarations de leurs assurés. Par ailleurs, les compagnies d’assurances ouvrent des enquêtes quand il y a lieu de vérifier une tentative d’escroquerie, soit directement, soit par l’intermédiaire d’ALFA ; à titre d’exemple, sur les huit dernières années, certaines compagnies d’assurances ont fait une économie de l’ordre d’un milliard de dinars sur la totalité des dossiers de fraude. Le sort de ces dossiers est de les classer sans suite. L’on demande tout simplement à ces clients de se désister. Pour ceux qui ne le souhaitent pas, l’affaire est forcée devant le tribunal. La tentative à l’escroquerie constitue un délai sanctionné par la loi.

Qu’en est-t-il de l’assurance voyage ?

Concernant l’assurance voyage, il s’agit de sociétés d’assurance de personnes. Sous forme d’assurance de prévoyance sociale, elle développe des compléments maladies, soins, frais médicaux, pharmaceutiques, frais dentaires, analyses et autres. L’assurance voyage a pour but la prévoyance. Pour la souscription, la personne doit être en bonne santé au moment de la souscription. La personne qui a subi un accident ou qui est atteinte d’une maladie en cours du voyage sera automatiquement prise en charge. Par contre, l’assurance n’a pas pour but de payer les frais de soins pour quelqu’un qui est malade au moment de la souscription du contrat. L’assurance, par ailleurs, ne répond pas à une maladie pré-existante.

«Les compagnies d’assurances ont créé une filiale qui s’appelle Agence de lutte contre la fraude à l’assurance (ALFA). Cette dernière est saisie par les compagnies d’assurances pour enquêter dans les accidents jugés non véridiques, à savoir des cas d’escroquerie. Il est évidement clair que ce phénomène n’est pas spécial à l’Algérie ; dans tous les pays du monde, il existe des gens qui tentent cette pratique.»

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