mardi , 25 avril 2017
Lutte contre les bidonvilles à Alger

Lutte contre les bidonvilles à Alger

40 000 baraques éradiquées en cinq ans

L’ÉTAT A DÉCIDÉ D’EN FINIR AVEC LE PHÉNOMÈNE DES BIDONVILLES, LES TROTTOIRS VÉTUSTES ET LES ORDURES DE LA HONTE QUI ONT TANT DÉFONCÉ LA BLANCHEUR DE LA CAPITALE. LE NOUVEAU WALI D’ALGER, ABDELKADER ZOUKH, VEUT IMPRIMER SA TOUCHE. EN CINQ ANS, L’ÉTAT A ÉRADIQUÉ 40 000 BARAQUES À ALGER, BIEN ENTENDU EN AJOUTANT LA GRANDE OPÉRATION LANCÉE, VISANT À RELOGER 25 000 FAMILLES RÉSIDANT DANS DES SITES DE TRANSIT.

Par Yousfi Sofiane

CONSTRUCTION

Alger va-t-elle retrouver sa blancheur ? Une question posée par tous les Algérois au lendemain de la grande opération de relogement des 25 000 familles résidant dans les bidonvilles, dans les chalets et à travers les habitations menacées de ruine. L’État veut en finir avec les bidonvilles, ces champignons empoisonnés qui ont tant infecté l’esthétique urbanistique de la capitale. Il y a cinq ans, leur nombre était de 40 000 baraques. Aujourd’hui, il ne reste que 25 000 toits de fortune qui sont sur le point d’êtres éradiqués. L’arrivée à la tête de la wilaya d’Alger d’Abdelkader Zoukh a, certes, redonné du punch dans le cadre du combat contre les bidonvilles. Une volonté «politique» qui consiste à faire de la capitale une métropole digne de ce nom. Le wali d’Alger, dès son arrivée, a décidé de s’attaquer aux trottoirs, très vétustes. En un laps de temps, de nombreux trottoirs ont été revêtus avec de nouveaux carrelages. Il était grand temps, disaient les citoyens. Puis, la volonté de la wilaya d’Alger a ciblé les bidonvilles avec l’éradication de plusieurs milliers de baraques plantées dans plusieurs communes de la capitale. Pour ce qui est des ordures qui ternissent depuis des décennies l’image d’Alger, ici, le wali a ordonné un vaste plan, en coopération avec les citoyens, de nettoyage des quartiers.

Ainsi, compte tenu des dimensions alarmantes enregistrées ces vingt dernières années en matière d’implantation de baraques, la capitale est devenue un «eldorado» pour beaucoup de familles qui ont quitté leur région, fuyant les groupes armés durant la décennie noire. Ces familles ont été contraintes de construire des maisons de fortune dans certains quartiers de la ville d’Alger. Alger, à l’instar des autres grandes villes du pays, a été envahie donc par des milliers de familles, une situation qui a occasionné de très graves répercussions sur l’esthétique de la ville. En installant leurs habitations précaires, insalubres et non réglementaires, certaines familles avaient pour objectif de bénéficier d’un nouveau logement dans le cadre de la lutte contre les bidonvilles lancée par les autorités du pays. Une stratégie adoptée par plusieurs milliers de familles qui, pour beaucoup d’entre elles, sont arrivées à leurs fins en bénéficiant de leur maison de rêve. En d’autres termes, plusieurs maisons précaires ont été vendues entre 20 et 30 millions de centimes à travers des sites bidonvilles, tels que Baraki, Bouzaréa, Béni Messous et bien d’autres quartiers.

Les plus vieux sites bidonvilles sont concernés

Abritant aujourd’hui plus de 1 300 familles et classés parmi les plus vieux sites bidonvilles de la capitale, les centres de transit «Céleste» de Béni Messous et «Beaucheraye» d’Oued Koriche seront éradiqués suivant le plan de la wilaya d’Alger. Aujourd’hui, ces deux anciens sites bidonvilles figurent dans la liste des endroits à éliminer, notamment dans le cadre de la lutte contre l’habitat précaire à Alger, une ville qui compte déjà plus de 25 000 baraques. La wilaya d’Alger, acteur principal de cette lutte, compte venir à bout de ces baraques durant cette année. Cependant, la lenteur observée dans la procédure a entraîné la prolifération des maisons de fortune dans ces deux lieux de transit. En effet, le site bidonville «Céleste» abrite aujourd’hui près de 1 000 baraques pour plus de 5 000 personnes, alors qu’il y a dix ans, leur nombre était seulement de moitié. Si les responsables concernés avaient agi au moment opportun, la situation ne se serait pas aggravée et le site aurait été éradiqué de la commune de Béni Messous. Mais, faute d’initiative pour plusieurs raisons, la situation est alarmante aujourd’hui, et il faut attendre 5 ans pour éradiquer définitivement ce site. Il est bon de rappeler que cela fait déjà plus de quarante ans que ce site de bidonvilles est implanté à Béni Messous, faisant de lui l’un des plus anciens centres de transit de la ville d’Alger. Aujourd’hui, il est évident, selon la wilaya d’Alger, qu’il faut éradiquer ce lieu honteux, d’autant que cela affecte l’image de la capitale.

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