Pour booster la croissance…

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Des réformes bancaires et financières, un passage obligé

FINANCER L’ÉCONOMIE NATIONALE, QUI ACTUELLEMENT N’EST ASSURÉE QUE PAR LE RECOURS AUX CRÉDITS BANCAIRES DE MOYEN ET LONG TERME GRÂCE À UN SYSTÈME FINANCIER ET BANCAIRE ADAPTÉ AUX EXIGENCES INTERNATIONALES, VOILÀ CE À QUOI APPELLENT LES EXPERTS EN LA MATIÈRE.

Des réformes bancaires et financières, un passage obligé

Ces derniers considèrent à juste titre que trouver et offrir aux entreprises d’autres alternatives de financement, outre que bancaires, est aujourd’hui plus qu’urgent. Et pour cause, face à une consommation intérieure de plus en plus accrue, et à une baisse des cours mondiaux des hydrocarbures, ainsi qu’à la vulnérabilité des finances publiques et de la balance des paiements justement fortement dépendante de l’évolution des hydrocarbures, offrir aux entreprises des alternatives de mode de financement tels que les marchés des capitaux, est aujourd’hui plus que jamais impératif. Plus que jamais, estiment les experts, le secteur bancaire algérien est appelé à affuter l’ensemble des éléments (compétitivité, modernisation, décentralisation…) devant huiler et assurer le moteur de la croissance et du développement ; à ce titre, les milieux financiers et bancaires ont accordé leurs accordéons pour affirmer en choeur et de même voix la nécessité d’opérer au plus vite des réformes «profondes» dans le système financier et bancaire, en vue d’accélérer le rythme de la croissance économique. «La modernisation du système financier est une de nos priorités, adossée à une réforme budgétaire afin de s’inscrire dans une politique fiscale plus adaptée et plus accessible», avait déclaré à ce sujet début mai dernier Mohamed Djellab, nouveau ministre des Finances. Aussi, affirmant que cette question constituait une des «priorités» des autorités publiques, le premier argentier du pays ajoutera à ce propos que «des axes stratégiques de développement» ont été tracés à cet effet, «notamment celui concernant la modernisation du secteur, et plus particulièrement les services financiers et bancaires.» L’objectif de l’État à travers cette action de modernisation, avait-il expliqué, est d’«arriver à une politique fiscale plus adaptée et accessible, mais aussi qui contribue à la lutte contre la fraude fiscale.»

Pour leur part, financiers et économistes, relevant un certain ralentissement de la croissance économique en Algérie par rapport aux réformes engagées dans le domaine bancaire, ont eux aussi appelé à la restructuration du système financier et bancaire en vue justement d’accélérer le rythme de la croissance économique grâce à l’introduction de «nouvelles réformes profondes et structurelles». Lesquelles nouvelles réformes viendront, estimeront-ils, «relancer l’offre, résoudre les problèmes entravant la croissance économique et lutter contre le chômage en Algérie jusqu’en 2030.» Selon eux, «les précédentes réformes n’étaient pas globales ou conçues pour aboutir à des résultats positifs au niveau sectoriel, voilà pourquoi il faut exploiter toutes les ressources financières allouées à la réalisation d’une croissance économique proche de son niveau d’équilibre à court terme». En effet, les réformes bancaires et financières déjà lancées par les pouvoirs publics dans le but de soutenir le financement de l’économie avancent à pas de tortue, quand elles ne stagnent pas. Ainsi, les experts, financiers et les économistes dans les débats organisés sur cette problématique considéreront que ces réformes doivent toucher les entreprises et les agents économiques, dans le cadre de la diversification de l’économie pour hisser le niveau de la croissance à long terme, notamment à travers la relance du marché du travail. Estimant, en effet, impérative et nécessaire «une nouvelle réforme de la réglementation bancaire algérienne dans le cadre de la deuxième génération de la réforme financière» afin de «rendre l’économie compétitive et transparente.» Dans ce contexte, Abderrahmane Benkhalfa, consultant indépendant et ancien délégué général de l’ABEF (Association des banques et établissements financiers) avait déclaré que la deuxième génération de la réforme financière doit aboutir à terme et à plus de cohésion dans l’économie nationale. Et à Mr Benkhalfa de considérer que «l’une des priorités pour l’Algérie, est la réforme du secteur bancaire. Car son état actuel ne permet pas à l’économie nationale de fonctionner comme celle d’autres pays.» «Nous avons aujourd’hui un secteur bancaire solide mais commercialement faible», a-t-il estimé.

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