Ma femme ma rival!

Ma femme ma rival!

Antoine de Saint-Exupéry didisait qu’«aimimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même didirection.» Mais que se passerait-il si l’on se regarde l’un l’autre avec de la rivalité dans les yeux ? L’esprit de compétition est-il un stimimulant pour aller de l’avant ou une source de problèmes et de conflits ? Par Nedjma Hefiane

Le marché du travail en Algérie est partagé depuis près de deux décennies en parts plus au moins égales entre les hommes et les femmes. Ces dernières ont investi tous les domaines, même ceux qui n’étaient, jadis, réservés qu’au sexe fort. Que se passe-t-il lorsque dans un couple la femme est l’égale de l’homme sur le plan économique ? Et surtout comment l’Algérien vit-il cette mutation ?

Surpasse par ma femme quelle honte !
La question a été posée à dix hommes, tous cadres mariés, ou en liaison, avec des femmes cadres également. 7 sur 10 ont avoué qu’ils ne vivaient pas très bien la rivalité. «J’ai l’impression que j’ai perdu ma place de chef. Je sais que c’est un peu macho de ma part, mais j’ai été élevé dans une famille où c’est l’homme qui commande», confie Riad, 38 ans, directeur technique dans une entreprise publique. La femme qui partage sa vie depuis onze ans est chef d’une entreprise de solutions TIC. «Il n’y a pas un seul domaine où je me sens meilleur, elle conduit, gagne sa vie mieux que moi, cuisine, connaît les bons plans de sorties…», ajoute-t-il. Ce sont ces mêmes qualités qui l’ont pourtant attiré au départ. «J’admirais sa débrouillardise et son indépendance lorsqu’on était étudiants, chose qui me dérange de plus en plus car je
sens parfois qu’elle fait exprès de me surpasser en tout», a-t-il ajouté. Malgré la rivalité, le couple tient toujours le coup, mais dans leur cas, la compétition est une source de conflits. Les six autres hommes interviewés ont avoué qu’ils sont plutôt perplexes, car ils sont à la fois fiers et envieux vis-à-vis de leurs compagnes. «Je suis tellement fier lorsqu’un parent ou un ami complimente le succès professionnel de ma femme. Mais, en même temps, il m’arrive de lui en vouloir parce je ne me sens pas indispensable», a confié Hocine, fonctionnaire marié avec une collègue à lui.

Elle est ma rivale mais ca me motive !

 

Heureusement que parmi les dix hommes interviewés, trois vivent bien la compétition dans leur couple. Pour Smaïl, 32 ans, commercial, le fait d’avoir une femme indépendante (journaliste) est un plus dans sa vie. «C’est, quelque part, un repaire pour moi. Mon rythme de travail est très speed, et lorsque les choses ne vont pas bien, je la regarde et je me dis : elle, elle tient le coup, je dois être à la hauteur moi aussi», a-t-il expliqué. Smail estime que l’esprit de compétition est une arme à double tranchant : il peut être générateur d’énergie positive, poussant l’un et l’autre à faire mieux, comme il peut être destructeur s’il vise à écraser l’autre dans sa montée.

Le «bon» esprit de competition

L’esprit de compétition, selon Mme Belhadj, peut avoir plusieurs émotions refoulées comme origine. Elle peut avoir une origine positive, et l’on parlera dans cas d’émulation. C’est un sentiment qui vous pousse à égaler ou à surpasser l’autre pour l’intérêt général.
L’esprit de compétition est dans ce cas bénin. Il peut, toutefois, démarrer d’un sentiment négatif, tel que le désir de se positionner plus haut que les autres pour «mieux les mépriser». La motivation est donc malsaine. Alors que les personnes compétitives à motivation saine acceptent la défaite, celles de la deuxième catégorie ne sont pas prêtes de perdre. «J’ai vu des hommes et des femmes sombrer dans la dépression parce qu’ils ont perdu dans une compétition», témoigne la même spécialiste.

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