vendredi , 26 mai 2017
Dr Nabil Mellah,

Dr Nabil Mellah,

Directeur général du laboratoire Merinal

«La bureaucratie demeure un problème monstrueux auxquels nous faisons face»

laboratoire Merinal2LANCÉE VERS LE DÉBUT DES ANNÉES 2000, L’ENTREPRISE MERINAL COMPTE AUJOURD’HUI PLUS DE 400 EMPLOYÉS. L’UNE DES RARES UNITÉS D’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE QUI EXPORTE À L’ÉTRANGER, MERINAL A PU S’IMPOSER SUR LE MARCHÉ MÉDICAMENTEUX AVEC UNE GAMME DE PRODUCTIONS PHARMACEUTIQUES ET PARAPHARMACEUTIQUES, ASSEZ LARGE. LES LABORATOIRES MÉRINAL ONT PU METTRE SUR LE MARCHÉ PRÈS DE 40 MILLIONS DE BOÎTES DE MÉDICAMENTS. ILS COMPTENT FINIR L’ANNÉE 2014 AVEC UN CHIFFRE D’AFFAIRES D’EXPORTATION D’UN MILLION D’EUROS, TOUTES GAMMES DE PRODUITS CONFONDUES, C’EST DU MOINS CE QUE NOUS INDIQUE SON DIRECTEUR, MR NABIL MELLAH.

Entretien réalisé par Lynda Mellak

Dziri : Pouvez-vous présenter votre entreprise à nos lecteurs ?

Mr Nabil Mellah : À l’origine, nous sommes une société familiale qui a voulu être, dès les débuts, producteurs. Vu que la plupart des membres de notre famille sont formés dans des spécialités qui ont un rapport au secteur médical (pharmacie et médecine), l’idée s’est vite installée. Une idée d’avance. En 1997, dans un pays en quasi-guerre civile, nous sommes lancés. Il fallait une certaine dose d’optimisme dès le départ pour faire de la production de médicaments avant même que le Gouvernement algérien décide d’imposer aux importateurs de médicaments l’obligation de devenir également producteurs locaux au bout de trois années d’activité. Donc, l’origine du projet remonte à l’année 1997. Notre industrie s’est bien concrétisée et officiellement en 2002. Au fur et à mesure, nous avons pu augmenter notre capacité de production. Même si nous sommes nouvellement intégrés au domaine pharmaceutique, nous sommes très rapidement apparus sur le marché et nous avons réussi à être parmi les plus anciens producteurs. Ceci est dû logiquement au manque d’opérateurs industriels pharmaceutiques en Algérie ; à part l’entreprise Saidal, les premières n’ont fait leur apparition qu’au début des années 2002, 2003, 2004… Pour en revenir à notre entreprise, désormais, la zone de production s’étale sur une superficie de 1 780m2 avec plus de 20 ateliers de fabrication. Elle fait travailler plus de 400 employés.

Quelle est la capacité de production de Mérinal ?

Jusqu’à aujourd’hui, nous avons mis sur le marché près de 40 millions de boîtes de médicaments. En matière de volume de production, Merinal se positionne quatrième fournisseur sur le marché algérien. Nous exportons, par ailleurs, à destination de huit à sept pays africains (Mauritanie, Guinée, Cote d’Ivoire…). Cette année, nous devrons finir avec un chiffre d’affaires d’exportation d’un million d’euros toutes gammes de produits confondues.

À votre avis, quelles sont les contraintes majeures qui bloquent l’investissement pharmaceutique en Algérie ? Les terrains et les financements sont-ils disponibles ?

Il y a lieu de noter que les entreprises algériennes sont malheureusement plongées dans la gestion de problématiques bien moins prestigieuses, en raison de l’environnement difficile dans lequel elles évoluent. Pour vous parler de contraintes, la liste est longue. La bureaucratie demeure un problème monstrueux auxquel nous faisons face. Nous enregistrons des contraintes liées à la conformité de produit, à l’enregistrement, au remboursement. Je précise également que cela fait 3 ans que nous essayons de débloquer une assiette foncière afin d’élargir notre capacité de production, mais la bureaucratie a fait en sorte que notre projet soit bloqué. Un autre problème que nous signalons également par rapport à l’absence de visibilité sur le taux de change. Ce dernier est pourtant l’un des points les plus importants pour un industriel performant qui doit toujours être à jour et maîtriser le coût de la monnaie par rapport au taux de change. En ce qui concerne le foncier, il reste problématique, d’autant plus qu’il s’agit de projets ambitieux nécessitant des assiettes de terrain importantes.

L’investissement dans la production de médicaments bénéficie-t-il d’avantages ? Le développement de la molécule en Algérie est-il possible ?

Cette année, l’Algérie est classée à la 158ème place dans le dowing business mondial, contre 156ème l’année passée, soit deux places perdues. Ce n’est pas l’entreprise qui décide d’aller vers les molécules développées. Instaurer une politique de recherche et de développement nécessite la participation de tout un environnement bien encadré et un programme national bien défini. Le développement d’une molécule coûte au minimum entre 200 à 300 millions de dollars. Pourquoi cette cherté ? En réalité, ce n’est pas la molécule elle-même qui coûte cher. Mais ce sont la recherche et les essais. Pour trouver une molécule, il faut faire des essais sur au moins 1 000 molécules. Ceci nécessite un environnement adéquat et une politique nationale bien adaptée avec des aides et des subventions. Investir dans ce domaine nécessite un environnement bien mis à niveau. L’industrie pharmaceutique est un secteur nécessitant des investissements lourds qui ne peuvent être rentables qu’à moyen terme. Il est donc indispensable d’avoir une visibilité à moyen et long terme.

«L’industrie pharmaceutique est un secteur nécessitant des investissements lourds qui ne peuvent être rentables qu’à moyen terme.»

 

 

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