Dr Dahbia Kessal, pédopsychiatre à l’EHS de Tizi-Ouzou

Dr Dahbia Kessal, pédopsychiatre à l’EHS de Tizi-Ouzou

«L’autisme touche plus les garçons que les filles»

SPÉCIALISTE EN PÉDOPSYCHIATRIE, DR KESSAL S’EXPRIME SUR LES TROUBLES DU SPECTRE AUTISTIQUE ET L’AUTISME.

Propos recueillis par Karima Dj.

Dziri : Y a-t-il une relation entre l’autisme infantile et les troubles du spectre autistique ? Dr Dahbia Kessal : Le terme «autisme» était utilisé autrefois en abréviation pour designer, justement, les troubles envahissants de développement (TED). Le diagnostic des TED est posé sur la base des classifications internationales : américaine ou française. Le point est qu’actuellement les TED tendent à être regroupés sous l’appellation générique de trouble de spectre autistique (TSA). Cependant, le diagnostic de trouble autistique reste clinique. C’est-à-dire que, d’après mes connaissances, il n’y a aucun marqueur biologique validé à ce jour. On pose le diagnostic, en effet, devant l’association d’une triade de caractéristiques. La personne soufrant de TSA manifeste une altération des interactions sociales avec isolement et difficulté de partage émotionnel. Elle est peu communicative – si le langage oral existe, il ne peut s’inscrire dans un échange ou un dialogue avec autrui. On a remarqué aussi que le trouble du comportement des autistes est marqué par des activités et des intérêts restreints, répétitifs et stéréotypés, une tendance à l’immuabilité et une intolérance au changement pouvant provoquer des angoisses et des agressivités. Cette maladie est-elle la cause d’un environnement socio-familial spécifique ? On connaît mal la cause des troubles du spectre autistique. C’est une pathologie plurifactorielle. Donc, on incrimine une cause génétique : plusieurs gènes sont impliqués. Pour ce qui est de l’influence environnementale, elle reste inconnue. En outre, les TSA ne sont pas causés par le comportement des parents ou par leur façon d’élever les enfants. N’y en moins, les enfants victimes de violence ou de négligence – carence affective – peuvent manifester des troubles de comportements similaires mais distincts des TSA. Quelle est la tranche d’âge la plus touchée par ces troubles du spectre autistique ? Les symptômes sont généralement détectés dès les premières années de la vie d’un enfant. Le dépistage peut se faire à 18 mois, voire même à 12 mois, lorsque les signes cliniques ne sont pas discrets. Cependant, les traits persistent jusqu’à l’âge adulte. Aussi, il est à signaler que cette pathologie touche davantage les garçons que les filles, 4 garçons sur 1 fille. Comment peut-on gérer la personne atteinte de cette pathologie, qu’elle soit fille ou garçon ? À ce jour, malgré les avancées des recherches neurobiologiques et de psychologie cognitive, on ne parvient toujours pas à guérir de TSA. Ces troubles touchent différents domaines du développement. Il est essentiel de favoriser une prise en charge globale qui aura pour objectif l’acquisition de compétences sociales, du langage ou d’autonomie. Bien qu’aucun protocole standard n’existe, leur accompagnement doit se faire tout au long de leur vie. Ceci peut se faire avec des moyens humains – une équipe multidisciplinaire spécialisée et l’implication de la famille partenaire – personne ne connaît l’enfant mieux que ses parents. On peut procurer aussi des moyens techniques, comme des méthodes éducatives adaptées peuvent être proposées selon le profil de l’enfant et l’évolution de la maladie.

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