Alger-Stockholm Des relations qui jouissent d’une longue tradition politique

Alger-Stockholm Des relations qui jouissent d’une longue tradition politique

Les relations algéro-suédoises ne datent pas d’hier. Elles sont aussi vieilles que l’histoire qui lie ces deux pays. En effet, la première convention ou traité d’échange commercial entre les deux partenaires, a été élaborée en 1729, l’année de l’ouverture du premier consulat suédois en Algérie. Par Abed Tilioua

L’Algérie et la Suède jouissent, en effet, d’une longue tradition politique qui remonte au processus d’accession de l’Algérie à son indépendance, à l’époque d’Olof Palme, le défunt Premier ministre suédois. Durant ces dernières années, plus exactement en 2005, la Suède occupe la 12ème place des fournisseurs de l’Algérie. Entre Alger et Stockholm existe une bonne plateforme pour la poursuite d’une coopération mutuellement avantageuse, ponctuée par de nombreuses visites politiques et de milieux d’affaires. Et cela depuis la signature par l’Algérie en 2006, d’un accord avec la Suède pour le remboursement par anticipation de sa dette extérieure vis-à-vis du royaume nordique, estimée à 92 millions de dollars. Ce pays scandinave de 9 millions d’habitants, connu pour sa social-démocratie et sa compétitivité, est le modèle-type à suivre pour l’Algérie, en vue de se frayer un chemin dans le concert des pays développés.

Un conseil d’hommes d’affaires pour bientôt

Un de nos projet est d’établir un conseil d’affaires algéro-suédois, afin de rendre possible un échange d’idées et d’expériences, a indiqué l’ambassadrice de Suède à Alger, Mme Eva Emnéus (voir entretien). L’Algérie a plaidé, depuis 2003, pour l’ouverture de ce forum pour un partnership avec les Suédois, qui soit à la hauteur des relations politiques excellentes entre les deux pays. Certes, la Suède ne dispose que de 17 entreprises installées en Algérie, une présence encore insuffisante pour constituer une chambre algéro-suédoise. Mais les responsables suédois attendent la configuration de la future structure industrielle qui se met en place en Algérie, pour stimuler le partenariat entre les deux communautés d’affaires. Les opérateurs suédois sont appelés à ne pas s’attarder sur les difficultés conjoncturelles dues à la bureaucratie, au système financier encore rigide, et à profiter de la très bonne santé macroéconomique de l’Algérie, pour porter assistance à la mise en place d’un mécanisme institutionnel apte à mobiliser les investissements internationaux et nationaux, engagés avec l’UE (Union européenne) et le FMI (Fonds monétaire international). Seulement, aujourd’hui, l’environnement positif qui existe en Algérie est apte à absorber la présence suédoise et à la faire fructifier dans l’intérêt des deux pays. D’autant plus que les deux parties ne voient pas l’inconvénient de mettre en place un fonds de garantie des investissements, et déjà en 2003 un accord bilatéral relatif à la protection de l’investissement et à l’encouragement réciproque des investissements a été signé. Un autre projet est la conclusion d’un accord sur la non double imposition. Les négociations ont commencé déjà en 2005, mais sont arrêtées pour des raisons inconnues.

L’Open trade gate : Un guichet unique pour les exportateurs algériens

Afin de faciliter le travail des exportateurs de pays en voie de développement, et notamment algériens, la Suède a mis en place l’Open trade gate, une sorte de guichet unique pour les exportateurs algériens. Il s’agit d’un pont de contact suédois, mis en place afin de faciliter le travail des exportateurs de pays en voie de développement ayant déjà des relations commerciales avec la Suède ou envisageant d’en instaurer. C’est une occasion de donner la chance aux deux parties de s’exprimer et de trouver de nouveaux terrains d’entente, afin d’intensifier et promouvoir ces relations jugées insuffisantes, qui ne traduisent pas la qualité des échanges entre les deux pays. En étant un membre actif de l’UE, le renforcement des relations entre l’Algérie et la Suède est une bonne motivation pour le développement de l’économie de l’Algérie. L’Open trade gate Sweden est, également, une vraie opportunité pour l’Algérie qui essaye de développer des relations commerciales spécifiques qui ne se basent pas uniquement sur l’exploitation des hydrocarbures. L’Open trade gate est géré par une agence gouvernementale (Kommerskollegium), et tous ses services sont gratuits. Les objectifs essentiels tracés par cet organisme, consistent dans la fourniture aux exportateurs de toutes les informations nécessaires sur les règlements et les législations commerciales de la Suède et de l’Union européenne, et d’influencer les stratégies commerciales en les rendant plus accessibles afin de promouvoir l’accès des pays en voie de développement. L’Algérie et la Suède ont beaucoup en commun et peuvent élargir davantage leur coopération et renforcer leurs relations bilatérales. Les différents secteurs où la coopération est particulièrement active sont, entre autres, le secteur de l’hydraulique, l’environnement, le bois, l’industrie mécanique et de transport, les télécoms et les produits pharmaceutiques. La Suède a, maintes fois, exprimé sa volonté d’accroître les échanges commerciaux, hors hydrocarbures, avec l’Algérie. En effet, les exportations de la Suède vers l’Algérie ont fortement augmenté, ces dernières années. En 2009, elles furent environ 300 millions d’euros, ce qui correspond à une augmentation de 29% par rapport à l’année 2008. Même pendant la crise économique globale, les exportations ont continué à augmenter de 8% en 2009-2010. Dernièrement, l’Algérie a exporté 15 tonnes d’oranges vers la Suède. C’était la première fois, depuis longtemps, que l’Algérie a exporté des agrumes.

Prévention et sécurité routières : l’Algérie fait appel à l’expérience suédoise

Les experts participant à une rencontre algéro-suédoise sur la sécurité routière, première du genre initiée par l’ambassade de Suède à Alger, appellent à tirer profit de l’expérience suédoise en la matière, d’autant que ce pays est parvenu à baisser considérablement le nombre d’accidents et, partant, le nombre de morts et de blessés. Les experts suédois présentent leur expérience à travers des programmes appliqués dans les années 90, dont le plus important s’intitule «vision zéro.» Ce programme oeuvre à réduire, considérablement, les pertes humaines en dépit de la densité de la circulation routière. Ce programme adopté en Suède depuis 1990, tient compte de la nature de l’homme qui a tendance à commettre des erreurs pendant la conduite, ainsi que la qualité des routes qui est, dans la plupart des cas, l’une des principales causes des erreurs menant vers une mort certaine. Grâce à cette «philosophie sécuritaire», la Suède qui recense 9 millions d’habitants, a pu réduire à 266 le nombre de morts et à 3 700 celui des blessés par an, causés par les accidents de la route, pendant la période allant de 1998 à 2010, expliquent les experts suédois. Ces derniers mettent en avant l’expérience de la banque de données «STRADA» où sont recensés et localisés tous les accidents, grâce aux efforts des agents de la police et des services médicaux. Les données sont mises à la disposition des services concernés qui les exploitent pour réaliser des études approfondies, en vue de trouver les solutions possibles. La Suède, par la voix de l’ambassadrice de Suède à Alger, Mme Eva Emnéus, plaide pour un système intelligent de la gestion du trafic routier, à travers l’utilisation des technologies de pointe dans la conception des systèmes de maîtrise de la vitesse des véhicules et des systèmes informatiques régissant la circulation routière.

Ericsson, un parfait exemple de succès suédois en Algérie

Le leader mondial de la téléphonie mobile, Ericsson, est un parfait exemple de réussite en Algérie. L’opérateur suédois dans les télécoms a décroché le marché des 500 000 lignes GSM lancées en septembre 2003 par Algérie Télécom, au lendemain des réformes du secteur des postes et télécommunications enclenchées en 2000. Un marché juteux dans la téléphonie mobile, qui a fait de l’opérateur télécom suédois un partenaire indéniable de l’opérateur historique. Le groupe suédois est présent en Algérie depuis les années 50. Il détient actuellement, 95% du marché des équipements en téléphonie fixe et possède 35% de la société algérienne Sitel, leader dans le domaine des centrales numériques. Ericsson Algérie, dont les bureaux ont été inaugurés en 1974, a choisi une étroite coopération avec Algérie Télécom (fixe), Mobilis, Nedjma et Djezzy. La société Ericsson est aussi le fournisseur d’autres organes gouvernementaux, depuis plusieurs années, et est très active dans le marché d’entreprises. La bonne connaissance du marché algérien, combinée à l’ambition de servir le marché des télécommunications par les meilleurs moyens, ont construit une confiance entre Ericsson et ses partenaires en Algérie. Cette ambition a, d’ailleurs, été confirmée par la création de la SARL (Société anonyme à responsabilité limitée) Ericsson Algérie. Hans Vestberg, nouvellement Président-directeur général du groupe depuis le 1er janvier 2010, a déclaré que «l’activité Services a réalisé de bonnes performances et nos coentreprises (Sony-Ericsson et ST-Ericsson) conservent le cap pour retrouver la profitabilité.» La pénétration d’Ericsson en Afrique du Nord est de 35% dans les opérateurs mobiles, et de 18% dans les lignes fixes. L’évolution des investissements de la téléphonie-voix vers le haut débit mobile, se poursuit. Ericsson est leader mondial sur le marché des technologies des télécommunications et des services aux opérateurs. Numéro un sur le marché des technologies mobiles 2G, 3G et 4G, cette société accompagne les opérateurs dans la gestion de réseaux utilisés par plus d’un milliard d’abonnés, tout en figurant également au premier plan dans le domaine des services gérés. Présent dans plus de 175 pays, Ericsson fournit à ses clients des solutions technologiques innovantes et durables qui répondent à son ambition d’être l’acteur numéro un d’un monde «tout communicant.» Avec plus de 75 000 collaborateurs, Ericsson a réalisé, en 2008, un chiffre d’affaires consolidé de 32,2 milliards de dollars US (209 milliards de couronnes suédoises). Fondée en 1876, la société Ericsson a son siège social à Stockholm. Le titre Ericsson est coté à Stockholm et au Nasdaq (New York).

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