mardi , 25 avril 2017
Le paiement électronique Une solution contre l’informel

Le paiement électronique Une solution contre l’informel

L’ALGÉRIE EST EN RETARD EN MATIÈRE DE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE, POUR DES RAISONS À LA FOIS D’ORDRE CULTUREL ET STRUCTUREL. SELON LES EXPERTS DANS LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION, LES GENS NE FONT CONFIANCE QU’AUX LIQUIDITÉS.

Par Sandra Touat

Selon un sondage réalisé par Biz-Algérie, 70% des personnes questionnées sont prêtes à acheter en ligne, contre 20% qui se disent indécises, pour seulement 10% qui sont contre cette solution.

Il est difficile de convaincre le citoyen de la nécessité de changer son mode de paiement. En Algérie, parmi les entreprises qui ont opté pour ce système, Naftal a doté certaines de ses stations-service d’équipement de paiement électronique, et ce, depuis les transactions par la monnaie électronique qui est restée l’apanage d’un nombre limité de commerces. Le nombre de terminaux de paiement électronique utilisés représente une minorité, pas assez suffisante pour un pays aussi peuplé que l’Algérie. Dans la zone nord-africaine, la Tunisie et le Maroc représentent les pays avancés sur cette nouvelle méthode de paiement moderne. Nos deux voisins penchent actuellement sur le développement du commerce via Internet, ainsi que le commerce via le téléphone mobile. Jusqu’ici, seuls les grands hôtels, les aéroports, et certaines stations-service disposent de ce moyen de paiement, mais leur nombre reste insuffisant ; les TPS dépassent à peine 3 000 appareils, quant à la diffusion audionumérique DAB (en anglais : digital audio broadcasting), il en existe 800 au niveau des banques et près de 450 au niveau des bureaux d’Algérie Poste. Selon les experts, la non-généralisation de ces outils électroniques, est expliquée par le fait que les Algériens nourrissent de la méfiance à leur égard, si cette méfiance est naturelle, nos voisins étant passés par là. En fin de parcours, on ne peut croire aux annonces à ce sujet, puisque ce ne sont que des paroles et rien de concret ; en termes plus clairs, le secteur des TIC va mal et pour sortir de ce marasme, au lieu de faire des annonces, il faudrait passer à la phase des faits. Sinon, nous allons nous retrouver après des mois et des années au même point et faire des constats en se lamentant sur notre sort et nos chiffres décevants…

Younes Grar,
expert consultant dans les nouvelles technologies
de l’information et de la communication
«Il ne faut pas ignorer les attentes des ncitoyens en quête d’une solution à la problématique des liquidités»

«La société algérienne est prête pour l’événement du paiement électronique, mais la lenteur est au niveau institutionnel.»

Dziri : Qu’est-ce qui nous empêche de faire du commerce électronique aujourd’hui, à votre avis ? Younes Grar : Il s’agit principalement du chevauchement dans les prérogatives de certains ministères. Chacun pense que le commerce électronique est dans ses prérogatives. D’autres ministères, au contraire, pensent qu’ils ne sont pas du tout concernés. Pour ce projet comme pour les autres, il faut que les décisions soient prises rapidement, il faut mettre à la tête de chaque projet un responsable qui devra rendre des comptes. Nous sommes malheureusement habitués à avoir un responsable pour annoncer un projet mais sans que rien ne soit fait. Il demeure l’otage d’un vide juridique que les pouvoirs publics hésitent encore à combler, ils ne doivent pas ignorer les attentes des citoyens qui sont en quête d’une solution à la problématique des liquidités. L’environnement est-il favorable au développement du secteur des TIC, voire même d’une industrie du contenu ? L’infrastructure est aujourd’hui un frein important au développement du paiement électronique ; il faut pouvoir équiper les commerçants de terminaux de paiement et couvrir de nouveaux segments qui sont encore très peu équipés. Dans un autre contexte, il est important de se pencher sur les actions liées au haut débit fixe et mobile, afin d’améliorer la qualité des services et proposer des formules semblables à celles existantes chez nos voisins. Selon vous, les Algériens sont-ils prêts à changer leur manière de paiement ? Un concept qui a fait ses preuves dans différents pays dans le monde, alors pourquoi pas en Algérie ? Il faut aussi savoir que le développement rapide du téléphone mobile chez nous, a réussi à Younes Grar, expert consultant dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication «Il ne faut pas ignorer les attentes des citoyens en quête d’une solution à la problématique des liquidités» faire ses preuves, sachant que 33 millions d’abonnées ont introduit l’idée d’orienter leurs efforts vers les technologies mobiles. Aujourd’hui, chaque Algérien dispose d’un mobile qui pourrait être connecté à Internet, surtout avec le lancement de la 3G qui serait, de ce fait, un outil idéal pour profiter des services électroniques, e-administration, e-gouvernement, e-paiement ; de toutes les manières, la révolution numérique en Algérie sera mobile.

 

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