mardi , 25 avril 2017
Automobile Nouveautés de 2014

Automobile Nouveautés de 2014

LE GOUVERNEMENT VEUT ÉTABLIR UN NOUVEL ORDRE DANS LE SECTEUR AUTOMOBILE. OUTRE L’INVESTISSEMENT DANS LA FABRICATION, SOUTENU DIRECTEMENT PAR L’ÉTAT À TRAVERS LE PROJET D’UNE USINE RENAULT À OUED TLILET (ORAN), LE GOUVERNEMENT VEUT IMPOSER, CETTE FOIS-CI, DE NOUVELLES RÈGLES DU JEU AUX CONCESSIONNAIRES AUTOMOBILES ALGÉRIENS.

Par Sofiane Bensaid

Le gouvernail est réorienté désormais vers la production locale. Pour amener les concessionnaires à investir dans la production locale, du moins dans certains composants pour servir, à l’avenir, de sous-traitants, la loi de finances 2014 introduit de nouvelles mesures pour encourager l’investissement productif, promouvoir la production nationale et favoriser la création d’emplois ; à cet égard, la loi budgétaire fondamentale prévoit l’exonération des véhicules et les remorques, produits localement de la taxe sur les transactions de véhicules neufs. Les concessionnaires automobiles et les importateurs de véhicules seront obligés d’installer une activité industrielle ou de service qui a un lien direct ou indirect avec l’industrie de l’automobile dans un délai de trois ans. Le Gouvernement veut présenter ainsi de nouvelles perspectives du secteur, susceptibles d’apporter de la valeur ajoutée. Il veut, dans un délai de trois années, porter un toast à l’occasion de la naissance d’une nouvelle industrie automobile en Algérie. Pour ce faire, la loi de finances de cette année contient plusieurs dispositions visant à remettre de l’ordre dans le marché national du véhicule neuf, notamment la limitation de l’importation des véhicules aux seuls concessionnaires automobiles et l’interdiction à ces derniers d’importer pour le compte d’autres concessionnaires en dehors de leur propre réseau de distribution. Le Gouvernement estimait que la hausse effrénée des importations était comme un cheval de Troie qui se dressait contre l’émergence d’une industrie automobile en Algérie. Tel est l’objectif clairement avoué par l’Exécutif. Cependant, ces dispositions sont qualifiées de draconiennes, puisque bon nombre de concessionnaires ne disposent pas de moyens à même d’accompagner la politique du Gouvernement. Ils ne disposent pour ainsi dire ni de l’expérience requise dans le domaine de la construction automobile, ni des montants financiers exigés par cette industrie. Pour apporter une réponse à l’écueil financier, ladite loi de finances prévoit la suppression des dispositions spécifiques relatives aux modalités d’octroi des avantages pour les projets d’investissement dont le montant est supérieur à 500 millions de dinars et inférieur à 1,5 milliard de dinars. La loi introduit aussi un allègement des procédures d’agrément en faveur des projets d’investissement étrangers directs ou d’investissement en partenariat avec des capitaux étrangers. Les investissements étrangers en partenariat, qui contribuent au transfert du savoir-faire ou qui arrivent à un taux d’intégration national supérieur à 40%, profitent d’autre part des avantages fiscaux et parafiscaux du CNI (Conseil national de l’investissement). Ces avantages financiers et fiscaux serontils suffisants à même de voir surgir chez les concessionnaires une industrie automobile ? La question est capitale. Autre mesure contenue dans la loi de finances 2012, les concessionnaires doivent, lors de la souscription de leurs cahiers des charges, importer un quota de véhicules roulant au GPL et GNC. C’est pourquoi, le Gouvernement, à travers les nouvelles dispositions comprises dans loi budgétaire fondamentale de 2014, a joué une nouvelle carte à même de tenter un coup, dont le but était de réguler l’acte d’importation de véhicules et soutenir, par la même, les prémices d’une nouvelle industrie automobile en Algérie.

 C’est pourquoi, le Gouvernement, à travers les nouvelles dispositions comprises dans loi budgétaire fondamentale de 2014, a joué une nouvelle carte à même de tenter un coup, dont le but était de réguler l’acte d’importation de véhicules et soutenir, par la même, les prémices d’une nouvelle industrie automobile en Algérie.

«Il va sans dire qu’investir dans la construction automobile nécessite la création de nouvelles entités, des services qui sont liés aux différentes lignes du métier. C’est vous dire qu’il s’agit bel et bien d’une nouvelle activité aussi complexe et aussi exigeante.»

Abderrezzak Lachachi,
président de l’Association des concessionnaires
algériens de l’automobile (AC2A)
«L’obligation de définir une stratégie claire au secteur s’impose avec acuité»

Dziri : La loi de finances 2014 apporte plusieurs nouveautés au domaine de l’automobile en Algérie. Le Gouvernement entend, à travers cette loi, encourager les concessionnaires à investir dans la production. Pensez-vous que cette loi est susceptible de faire surgir, dans les délais de trois ans fixés, les prémices d’une industrie automobile en Algérie ? Abderrezzak Lachachi : Dire qu’on aura dans trois années les prémices d’une industrie automobile, c’est aller trop vite en besogne. Il faudrait plutôt dire que dans trois années, suivant les délais fixés par la loi de finances 2014, on aura éventuellement les prémices d’une industrie de sous-traitance au secteur de la carrosserie en Algérie. Nous sommes cependant restés scotchés aux annonces faites dans la loi de finances 2014. Nous nous attendons à ce que le ministère de l’Industrie apporte les textes et les modalités d’application de toutes ces dispositions comprises dans la loi budgétaire fondamentale qui, quant à elle, fixe le cap, en attendant que ce cap soit bien clarifié avec des dispositions complémentaires qui fixeront les obligations et les droits de tout à chacun. Nous nous attendons à ce que le ministère de l’Industrie établisse des cahiers des charges qui comprendront et clarifieront toutes ces questions abordées par la loi de finances 2014. C’est vous dire qu’il y a un besoin de clarification et d’élucidation par des mesures complémentaires et par des modalités d’application.

Mais est-ce que les concessionnaires algériens, visés par les dispositions de la loi de finances 2014, ont les moyens de cette politique gouvernementale qui tend à asseoir les bases d’une industrie automobile en Algérie ? Dans les trois années de délais fixés par les dispositions de la loi de finances 2014, on aura à voir surgir des petits projets de soustraitance au domaine de la carrosserie. Mais il faut qu’on se détrompe, de gros projets dans le domaine de l’automobile nécessitent un engagement si important, des investissements de taille et des avantages fiscaux et financiers au profit des investisseurs. La construction automobile est un nouveau métier pour les concessionnaires. C’est aussi un métier complexe. Il y a donc cette nécessité de définir le cap et les modalités par lesquelles nous pourront réaliser les objectifs arrêtés. Il va sans dire qu’investir dans la construction automobile nécessite la création de nouvelles entités, des services qui sont liés aux différentes lignes du métier. C’est vous dire qu’il s’agit bel et bien d’une nouvelle activité aussi complexe et aussi exigeante. Pensez-vous que le but inavoué de cette nouvelle politique du Gouvernement qui veut forcer la main aux concessionnaires, est d’assurer un tissu de sous-traitance à l’usine de Renault prévu à Oued Tlilet, près d’Oran ? Dans un premier temps, oui ; le but étant d’assurer la sous-traitance à l’usine Renault. Mais pas seulement. Certainement, on aura encore d’autres projets et d’autres constructeurs qui s’intéresseront au marché algérien et au domaine de la fabrication locale. Mais l’obligation de définir une stratégie claire au secteur s’impose avec acuité. Il faut avoir une vision et une politique qui fixeront des objectifs clairs sur lesquels nous allons travailler en commun. Car réunir toutes les énergies autour de ces objectifs est un des défis qui nous attendent aussi. Il faudra ensuite éclaircir certaines dispositions de ladite loi et qui concernent les concessionnaires automobiles qui activent sur le marché algérien. Il y a plusieurs questions qui ne cessent d’être posées, à titre d’exemple, tous les concessionnaires sont visés par ces dispositions, quels sont les créneaux sur lesquels nous pouvons travailler, par quelle formule ces projets peuvent être montés, etc. Je pense que le ministère de Tutelle s’affaire à apporter les réponses à toutes ces questions dans des cahiers des charges et dans les textes d’application de ladite loi.

 

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