lundi , 24 avril 2017

Virée à Tikjda, Amour, nature et pèlerinage

TIKJDA, UNE STATION CLIMATIQUE, SITUÉE À UNE VINGTAINE DE KILOMÈTRES AU NORD D’EL ASNAM, À L’EST DE LA VILLE DE BOUIRA, DEMEURE ENCORE L’UNIQUE REFUGE DES AMOUREUX DU TOURISME MONTAGNARDS. DES DIZAINES DE GENS SE RENDENT QUOTIDIENNEMENT À CETTE LOCALITÉ DITE «MAGNIFIQUE ET SILENCIEUSE».

Reportage réalisé par Noreddine Izouaouen

Du béton un peu partout, des ordures ménagères et une pression démographique, continuent à « amocher » l’un des plus beaux endroits en Algérie connue comme réserve de biosphère. Néanmoins, les gens restent toujours fidèles à cet endroit mythique qui relève de la célèbre chaîne de montagnes du Djurdjura. Après 2 heures de route depuis Alger, et à peine arrivés au branchement qui mène à Tikjda, nous commençons à sentir l’air pur nous revitaliser. Plus nous avançons et plus le décor devient de plus en plus agréable à voir, «ça change un peu des grande agglomérations comme Alger où le vert est quasiment inexistant», s’extasie notre chauffeur. Réductions et promotion pour les touristes Arrivés sur place. On observe pas mal de familles qui se sont déjà mises au vert, d’autres jouent au ballon ; à l’hôtel où nous allons passer notre week-end, on remarque des promotions et des réductions aux familles ! Durant cette saison d’été, les hôtels de Tikjda ont, en effet, pensé à fidéliser leurs clients mais aussi à attirer d’autres. Ils ont opté pour une meilleure solution dans le marketing. Il s’agit des promotions et des réductions des prix nuitées seulement pour les familles, faisant exception pour les clubs et les délégations. Les prix des chambres ont bel et bien été réduits à 20%. Les tarifs d’hébergement restent toutefois assez abordables ; à l’hôtel, une nuitée dans une chambre single coûte environ 2 600 dinars le week-end, les tarifs étant un peu plus bas en jour de semaine ; à l’auberge, une chambre single coûte 1 500 dinars. Le Centre national des sports et loisirs, faut-il le savoir, dispose d’une capacité d’accueil d’environ 160 chambres pour la partie hôtel, et une vingtaine pour la partie auberge. Une offre bien maigre en comparaison avec le potentiel du site et surtout au vu du nombre toujours plus élevé de visiteurs. Certaines familles hébergées au niveau de ces structures apportent de la nourriture de l’extérieur en dépit de l’interdiction formelle consignée noir sur blanc par la direction et ce, pour rester plus longtemps. Le but pour certains locataires est de rester le plus longtemps possible en gérant au mieux leur budget. «C’est vrai que les prix sont raisonnables, mais pour ma famille j’ai pris deux chambres, ça me fait tout de même une belle somme donc j’essaye de réduire les dépenses en ramenant de la nourriture, des biscuits, des fruits, des salades», nous confie un père de famille qui avait l’air de se régaler des plats faits maison par sa femme et sa fille aînée. On a croisé également un couple qui se promenait dans les bois denses de Tikjda, le henné était encore frais sur les mains de la jeune mariée, et son mari était aux petits soins, «tu veux te reposer ou tu veux encore marcher, tu veux de l’eau ?», lui demandait son mari. Ce dernier, lors de sa pause, nous raconte avec un léger sourire : «Je suis un Zawali, je travaille mais je ne gagne pas assez d’argent pour partir à l’étranger pour notre lune de miel, mon ami m’a proposé de partir à Tikjda car ce n’est pas cher et c’est un endroit agréable avant de commercer la vrai vie de couple.» Tikjda est un endroit qui à la cote en été comme en hiver, malgré la froideur qui vous gélifie au point de vous pousser à grincer des dents en pleine saison hivernale. Les familles aiment profiter de la neige pour jouer, faire du ski ou encore prendre des photos, pour les moins aventureux. Cependant, d’autres projets sont en cours de réalisation. Selon un responsable du centre rencontré sur les lieux, le site sera doté d’autres établissements hôteliers. «Il existe un projet pour la création d’un hôtel appartenant au secteur public non loin du centre, mais il tarde à voir le jour», a-t-il indiqué, précisant : «L’investissement privé est interdit au niveau de cette région depuis quelques années», car, a-t-il ajouté : «Tikjda se trouve sur le territoire du parc national du Djurdjura et il existe une certaine méfiance vis-à-vis de l’investissement privé. En réalité, il y a, non loin du centre, un hôtel privé mais son existence est antérieure à l’interdiction qui fait grimacer les investisseurs privés.»

Tikjda appelle au secours ! Nombreux sont ceux qui regrettent l’état actuel de la station de Tikjda, ne reflétant guère celui des années 70 et 80, c’est le constat fait par des gens de la région. «Cette époque-là était la meilleure, en ce sens que les gens y venaient tout en faisant de leur mieux pour aider les autres, sans contrepartie. Que ce soit dans le transpor t, le secourisme, etc. Chacun faisait ce qu’il pouvait pour rendre service à autrui. C’était le bénévolat dans tous les domaines, y compris pour les moniteurs de ski», disent-ils. L’autre problème, selon le responsable rencontré : «C’est l’absence de communication entre la direction chargée de la gestion du parc national, le ministère du Tourisme et la direction de la Jeunesse et des spor ts de la wilaya de Bouira dont relève le centre», et d’ajouter : «Il y a beaucoup d’endroits où des hôtels publics ou privés peuvent être érigés sans pour autant porter atteinte à la nature. Je parle des terrains dégagés où l’on peut construire sans avoir à couper des arbres.» La route nationale numéro 33, dira notre interlocuteur, «nécessite des travaux de restauration.» Il ajoutera, par ailleurs, qu’il y a encore un effort à faire sur le plan de la sécurité en signalant que les agressions ne sont pas aussi rares que l’on pourrait le supposer

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