Réda Mehigueni à Dziri L’homme qui veut révolutionner le paysage audiovisuel

Réda Mehigueni à Dziri L’homme qui veut révolutionner le paysage audiovisuel

Réda Mehigueni, le nouveau P-DG et propriétaire de Beur TV, se dévoile exclusivement à Dziri. Depuis que le Président de la République s’est engagé à ouvrir le champ audiovisuel, Réda Mehigueni ne cultive qu’une seule ambition : offrir aux Algériens une chaîne de télévision à la hauteur de leur curiosité et de leur créativité. Pour Dziri, Réda Mehigueni a accepté de révéler les grands axes de sa stratégie éditoriale. Une stratégie avec laquelle le nouveau patron de Beur TV ambitionne de conquérir le coeur de ses compatriotes. À coeur ouvert, Réda Mehigueni s’est confié au sujet des défis que Beur TV compte relever. L’homme expose sereinement ses idées et promet de révolutionner l’espace audiovisuel algérien et maghrébin.
Propos recueillis par Abderrahmane Semmar

Dziri : Comment avez-vous réussi à vous imposer pour acquérir Beur TV ? Était-ce facile pour un Algérien de pénétrer le secteur audiovisuel français qui demeure très élitiste ?
Réda Mehigueni : Beur TV appartenait déjà à un Franco-algérien qui possède aussi la radio Beur FM. Au début, il s’agissait d’un projet de partenariat entre nous, ici, en tant que boite de production et régie publicitaire et lui, en tant que diffuseur. Mais au cours des discussions, il nous a semblé, à tous les deux, qu’il y avait une opportunité pour développer la chaîne. La télévision est budgétivore. Elle consomme beaucoup d’argent et de contenus. Il faut retenir tout le temps, l’attention du téléspectateur. Et cela demande aussi beaucoup d’organisation. Dès lors, l’ancien actionnaire majoritaire a trouvé en moi l’intérêt de construire une chaîne. Quant à moi, j’ai été intéressé par l’opportunité de contrôler tout le processus de fabrication d’une chaîne de télévision, en passant de la production à l’action commerciale et de l’information à l’actualité politique. J’ai eu beaucoup de chance car j’ai été soutenu par beaucoup de professionnels algériens installés en France et en Algérie, et je les remercie tous pour leur soutien.

De combien de parts disposez-vous réellement dans le capital de cette chaîne ? Et quel est le prix de son acquisition ?

Je détiens 80% de parts sociales. Pour l’estimation financière, on ne peut pas donner un montant exact car la prise d’une participation majoritaire comprend plusieurs aspects. Mais je peux vous dire, en gros, que la transaction tourne autour de 1,5 million à 2 millions d’euros. Ce montant représente globalement le coût de l’opération.

Beur TV va-t-elle s’engager à financer des productions audiovisuelles algériennes, au moment où ce secteur a cruellement besoin de soutien, pour sortir de la crise qui le caractérise depuis plusieurs années ?

Beur TV participera à la promotion du cinéma algérien en diffusant ses films et en lui donnant l’occasion d’être visible. On ouvre nos écrans à la production algérienne pour lui donner l’occasion d’être plus visible sur l’espace audiovisuel européen. En ce qui concerne la production télévisuelle, nous pensons aider beaucoup les producteurs algériens en leur confiant de nombreuses productions. Pour éviter la contrainte financière, nous allons impliquer aussi les annonceurs et les sponsors dans le montage financier de ces productions.

La rentrée sociale pointe son nez. De nombreux évènements se préparent en Algérie. Comment réagira alors Beur TV à ces évènements qui feront l’actualité des Algériens ? Autrement dit, quelle place sera consacrée à l’information sur votre chaîne ?

En Algérie, nous aurons deux plateaux dédiés aux questions de l’actualité. Tout ce qui est politique aura sa part sur notre chaîne de télévision. La rentrée sociale, c’est aussi la rentrée politique. Nous sommes à huit mois des élections législatives et communales. L’actualité sera marquée aussi par la remise, au Président de la République, du rapport Bensalah. Dans ce contexte, à la deuxième ou troisième semaine du mois de septembre, une émission politique, régulière et hebdomadaire, sera animée et produite en Algérie. Les principaux acteurs politiques seront invités à s’exprimer dans cette émission. Beur TV est accréditée en Algérie et elle peut, à ce titre, produire en Algérie.

Beur TV sera-t-elle ouverte à toutes les tendances politiques ?

Tout parti légal et toute personne activant dans la légalité aura la liberté de parler sur Beur TV. La chaîne est ouverte à tous les acteurs politiques de la société, pour peu qu’ils travaillent dans la légalité. Beur TV n’est pas un outil politique, elle est un espace d’expression. Nous avons une ligne éditoriale et non pas une ligne politique. On s’impose une neutralité politique et cette neutralité sera respectée pour permettre à tout le monde de s’exprimer en toute liberté.

Y a-t-il des sujets tabous ou des lignes rouges à ne pas franchir sur Beur TV ?

Il n’y aura pas de censure sur Beur TV. Il n’y aura pas de tabous, sauf si ça touche des choses qu’on ne peut pas dire en antenne. Il n’est pas question de laisser passer, par exemple, des propos choquants ou désobligeants. Je ferai de mon mieux pour faire respecter notre neutralité, mais je demeure Algérien. Et je ne permettrai pas qu’on touche à l’intégrité de mon pays à travers ma chaîne. Je ne permettrai pas qu’on fasse appel au retour au chaos et aux années de terreur à travers ma chaîne. Je m’interdis et j’ai interdit à ma chaîne de jouer le rôle de destructeur à l’encontre de mon pays.

Beur TV est-elle prête à une guéguerre médiatique avec les autres chaînes de télévision maghrébines qui dominent davantage le paysage audiovisuel maghrébin ?

Nous ambitionnons de devenir un espace d’expression pour tous les Maghrébins. Aujourd’hui, personne ne peut prétendre à 100% d’audience. L’autre jour, on m’avait dit que Berbère TV revenait avec une nouvelle stratégie. Je leur ai dit que je serais content de voir Berbère TV récupérer des parts d’audience détenues par des chaînes qui nous viennent d’ailleurs.

Beur TV disposera-t-elle d’un bureau à Alger ? Qui composera ce bureau et quel sera son rôle dans les activités de la chaîne ?

Beur TV va travailler en Algérie à travers ses partenaires, comme la société Vox Algérie qui sera la régie publicitaire de la chaîne. En matière de production, ce sera les producteurs partenaires. Le personnel qui travaillera pour Beur TV, planchera sur l’information. Il s’agit de journalistes qui travailleront pour l’information. Et pour cela, nous avons lancé la procédure d’accréditation, afin de disposer d’une équipe de journalistes qui travaillera ici.

Prochainement, la France entreradans un climat électoral qui s’annonce très tendu au regard des polémiques alimentées par les déclarations de plusieurs hommes politiques français, au sujet de l’immigration maghrébine et l’Islam. Dans ce contexte, quel sera le traitem ent réservé par Beur TV aux élections présidentielles françaises ?

Notre ligne est de défendre les intérêts des Algériens et des Maghrébins. Nous aurons donc un plateau et un talk show qui s’intéresseront à toutes les questions qui engagent la survie de notre communauté en France. Il y a aussi l’émission politique qui traitera des élections politiques françaises. En plus de cela, nous aurons un plateau de débats qui parlera de tous les problèmes de la communauté maghrébine en France, comme le port du foulard et les mosquées. À ce sujet, Beur TV invitera les acteurs de la communauté algérienne et maghrébine en France, qui dénonceront en toute liberté les dérives et les propos de n’importe quel décideur français. Néanmoins, il est de mon devoir de veiller à ce que la chaîne ne devienne pas un cadre de règlements de comptes.

Avez-vous commencé les négociations pour approcher les candidats aux élections présidentielles françaises ?

Nous avons pratiquement l’accord d’une grande partie de la classe politique française. Martine Aubry, Dominique De Villepin, François Hollande, etc. Nous allons, au mois de septembre, monter un studio à Paris, dédié aux présidentielles françaises où tous les présidentiables et les acteurs influents de la scène française pourront intervenir.

L’Algérie est en pleine mutation économique. Les questions économiques occupent une place importante dans l’actualité algérienne. Quelle sera alors la place du business et de l’économie dans votre grille de programmes ?

L’économie occupera une place très importante à Beur TV. La télé veut s’ouvrir aux capitaines d’industrie nationaux et à ceux qui font l’économie nationale. Nous voulons aussi contribuer à renforcer cette passerelle qui lie l’Algérie à la France, en oeuvrant pour la mise en relation des hommes d’affaires français et algériens. Beur TV réservera, au moins deux créneaux, pour l’économie et les questions économiques. Et, en ce moment, nous avons commencé toute une série de publi-reportages sur les grands acteurs privés de l’économie algérienne. Il s’agit de dresser les portraits de ces hommes d’affaires et de parler de leurs projets. D’ores et déjà, nous avons reçu les premiers portraits des managers d’Ifri, Vénus et plusieurs autres encore.

Nous avons déjà commencé à diffuser quelques-uns de ces reportages. Il y aura une diffusion périodique de cette série car nous voulons que les Algériens connaissent leurs acteurs économiques. Nous voulons aussi faire la promotion de ces capitaines d’industrie nationaux, à l’internationale. Dans ce sens, Hassan Khelifati et Issad Rebrab viendront prochainement enrichir notre série.

Comment Beur TV compte-t-elle drainer les recettes publicitaires qui lui permettront d’accompagner son développement ?

Nous allons procéder de façon normale. Nous proposons une offre de services avec une grille de programmes et une stratégie éditoriale. Nous envisageons de construire des partenariats autour de nos programmes. Par exemple, nous avons deux émissions sportives, et des partenaires ont manifesté leur intérêt pour sponsoriser ces deux émissions. En France, nous sommes aussi en contact avec des annonceurs qui cherchent à cibler les dix millions de Maghrébins qui représentent un marché important. En Algérie, nous sommes aussi en contact et en discussions avec plusieurs annonceurs nationaux, pour établir des partenariats.

Avez-vous entamé des négociations avec la FAF, pour un éventuel partenariat avec l’instance qui dirige le football national ? Beur TV a-t-elle l’ambition de diffuser les matchs de la sélection nationale ?

Je peux vous assurer que vous verrez un match de l’équipe nationale sur Beur TV. La FAF s’est modernisée et professionnalisée sous la direction de Raouraoua. Et, personnellement, je m’en félicite. Si l’ENTV a l’habitude de diffuser cinq matchs du championnat national, il reste tout de même les autres rencontres qui ne sont pas diffusées. Pourquoi, alors, empêcher les autres chaînes de télévision de les diffuser ? Pourquoi priver aussi les Algériens de ces matchs ? Et pourquoi priver également la FAF de ces recettes supplémentaires ? Maintenant la balle est dans le camp de la FAF. On attend encore qu’elle nous montre sa stratégie et ses exigences financières. En tout cas, nous serons partie prenante des négociations avec la FAF, pour acquérir les droits de diffusion des matchs du championnat et de la sélection nationale. Nous avons l’ambition de conquérir des parts dans ce marché pour peu qu’on trouve le sponsor qui nous accompagne.

Si vous avez l’occasion de vous adresser aux Algériens, notamment aux plus jeunes, que leur diriez-vous ?

Je leur dit d’avoir surtout le courage d’entreprendre. Il faut être audacieux, et il faut profiter des opportunités qui s’offrent à eux. Moi, mon souhait est de voir cette génération de brillants Algériens, qu’ils soient universitaires ou hommes d’affaires, aller de l’avant et de défoncer les portes pour arracher des droits et des acquis. Mon expérience dans le business, que ce soit dans les médias ou les télécommunications, m’a fait découvrir des Algériens d’une très grande compétence mais, malheureusement ils sont délaissés et rarement pris en charge. Les droits s’arrachent, et c’est à cette génération de faire le forcing….

 

3 commentaires

  1. Salut Mr.le directeur , je suis un membre de l’association lions club (leo club el djoussour) c’est le nom de notre club qui ce trouve a constantine-algerie est nous sommes besoin d’étre sponsorisais pour faire des actions est nous voulons d’être notre sponsor , merci de lire mon message é j’attends votre réponse

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