Entretien avec Christoph J. Partsch, directeur général de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK)

Entretien avec Christoph J. Partsch, directeur général de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK)

La Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK) est une association de droit algérien créée en 2005. Elle a pour première mission de booster la coopération économique entre l’Allemagne et l’Algérie. AHK qui avait démarré avec 40 opérateurs, compte aujourd’hui 700 membres, dont 200 allemands. Son directeur général, Christoph J. Partsch, installé en juin, ambitionne de porter les échanges entre les deux pays, à un niveau très élevé. Ce juriste de formation de 50 ans – il est né trois mois avant le début de la construction du mur de Berlin – que nous avons rencontré dans son bureau, parle avec passion d’un pays, l’Algérie, qu’il vient de découvrir. Entretien. Propos recueillis par Nesma Aghilès

Dziri : Quels sont les objectifs de la Chambre algéro-allemande de commerce et d’Industrie ?
Christoph J. Partsch : En arrivant en Algérie, j’ai trouvé que le pays a d’énormes potentialités. Mais certains domaines peuvent, à mon avis, constituer une véritable opportunité de coopération. Le premier domaine auquel nous avons pensé est celui des énergies renouvelables. Nous avons commencé à travailler dans ce domaine bien avant l’intérêt affiché pour le projet Désertec. D’ores et déjà, des opérateurs algériens sont invités au salon des énergies renouvelables qui se tiendra en mai 2012. Le 15 novembre prochain, des hommes d’affaires allemands, opérant dans le domaine des énergies renouvelables, vont venir en Algérie pour explorer des opportunités d’affaires. Une conférence de presse sera organisée, le 1er octobre, pour expliquer cette démarche. Une entreprise allemande, Centrotherm, va construire une usine à Alger dans les prochaines semaines. C’est vous dire que le créneau est très important pour nous.
Le second centre d’intérêt est le tourisme. Je suis absolument frappé par la diversité touristique de votre pays. Je n’ai jamais trouvé un pays où on peut faire du ski, le matin et aller à la plage, l’après-midi. J’ai visité récemment Annaba, j’ai trouvé que la région est fabuleuse. Il y a aussi le tourisme de campagne qu’on peut développer en Kabylie, par exemple. En plus des sites historiques éparpillés un peu partout.
Malgré la situation sécuritaire !
La situation sécuritaire n’est pas forcément un problème. Regardez l’Égypte, par exemple. Les attentats signalés, ici et là, n’ont jamais empêché les touristes de visiter le pays. Il faut dire que vous n’avez pas les pyramides, mais vous avez une diversité de paysages que ne possède aucun de vos voisins.
Quant au troisième objectif que nous nous sommes fixé, il s’agit de la formation. L’Allemagne a une tradition dans la formation professionnelle. Ce sont les jeunes formés dans ces centres qui créent un réseau dense de PME, qui créent des milliers d’emplois. C’est cette expérience que nous voulons transmettre aux Algériens. Nous voulons que des entreprises allemandes forment des jeunes qui, au lieu d’aller émigrer au Canada, vont plutôt aimer travailler dans l’entreprise qui les a formés.

En attendant de réaliser ces objectifs, quelles sont les missions que vous effectuez actuellement ?

Nous nous occupons actuellement d’orienter les entreprises, des deux côtés : nous tissons des liens entre des entreprises algériennes et leurs homologues allemands. Nous avons, bien entendu, la mission de faire connaître l’économie allemande en Algérie. En plus de cela, nous tentons de faciliter les démarches administratives (notamment les visas) aux entrepreneurs algériens qui veulent aller en Allemagne. Nous aidons également les entreprises algériennes à venir faire la promotion de leurs produits en Allemagne.
Malgré cela, le produit algérien ne trouve pas de marché en Allemagne…
Je dois vous dire que, malheureusement, les entreprises algériennes n’arrivent pas à écouler leurs produits en Allemagne. Cela tient à plusieurs raisons. La première est que, souvent, la qualité des produits algériens fait défaut. En plus de cela, il faut reconnaître que toute l’Europe est pratiquement hermétique aux produits qui viennent de l’extérieur.
Mais les Algériens ont des atouts à faire valoir. Ils peuvent facilement écouler les produits agroalimentaires. Plusieurs entreprises du secteur vont être présentes au salon de Cologne. J’espère que des contrats vont être signés à cette occasion.
L’autre atout des Algériens, ce sont les produits artisanaux. L’artisanat algérien, qui n’existe nulle part dans la région, avait pourtant la cote en Allemagne. La décennie noire a malheureusement coupé cet élan qu’il va falloir relancer.

L’Algérie n’a pas que des atouts, naturellement. Quelles sont les grandes difficultés que rencontrent les entreprises allemandes en Algérie ?

Il y a deux problèmes majeurs. Le premier, est celui de la bureaucratie. Prenez l’exemple des grands projets. Vous ne pouvez pas réaliser des ouvrages de qualité si vous ne planifiez pas bien. Or, par exemple, dans l’autoroute est-ouest, des entreprises allemandes ont perdu des appels d’offres à cause des incessants changements dans les cahiers des charges. Vous n’avez qu’à voir le nombre d’appels infructueux, pour vous rendre compte de l’ampleur du phénomène. Lorsqu’une entreprise est confrontée à ce genre d’écueils, il est évident qu’elle cherche des opportunités ailleurs.
Le deuxième obstacle est à trouver dans la loi de finances complémentaires 2009. On ne peut pas convaincre des entreprises de venir, en leur disant à l’avance qu’elles seront minoritaires. C’est extrêmement difficile. Par ailleurs, nous n’arrivons toujours pas à comprendre pourquoi on oblige les entreprises à réactualiser leur registre de commerce tous les deux ans.
Par contre, cette loi a, quand même, des aspects positifs. Il s’agit, plus spécialement, de la disposition inhérente à la concession des terrains industriels. C’est une excellente chose de s’affranchir des ventes aux enchères qui ont toujours bloqué beaucoup d’entreprises.

Un commentaire

  1. Salam
    nous autant que jeune promoteur algérien dans l’industrie pharmaceutique et para-pharmaceutique nous attendant beaucoup de votre coopérations ainsi de votre expérience du domaine dont vous être leader.
    veuillez monsieur acceptez mes sincère salutations .

    Merci

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