Carin Wall, Son Excellence l’Ambassadrice de Suède en Algérie

Carin Wall, Son Excellence l’Ambassadrice de Suède en Algérie

«Le développement des relations entre les deux pays passent nécessairement par l’intensification des échanges intersectoriels…»

LES RELATIONS BILATÉRALES ENTRE L’ALGÉRIE ET LA SUÈDE SONT APPELÉES À ÊTRE DÉVELOPPÉES. LES DEUX PARTIES ONT CONSENTI UN EFFORT CONSIDÉRABLE CES DERNIÈRES ANNÉES AFIN DE BOOSTER LES ÉCHANGES ÉCONOMIQUES EN UN MEILLEUR AVENIR. À TRAVERS LEUR PRÉSENCE EN ALGÉRIE, LES ENTREPRISES SUÉDOISES COMPTENT INVESTIR DANS LE TEMPS ET DANS L’ESPACE. MALGRÉ UN SOUCI BIEN PRÉSENT QUANT À LA JURIDICTION D’INVESTISSEMENT (RÈGLE 51/49), L’AMBITION EST TOUJOURS PLUS GRANDE DANS L’EFFORT SECTORIEL ENVISAGÉ PAR CE PAYS. ENTRETIEN AVEC CARIN WALL, SON EXCELLENCE L’AMBASSADRICE DE SUÈDE EN ALGÉRIE Propos recueillis

par Lynda Mellak

«Un des consuls suédois, établi en Algérie dans les années 1930, avait écrit un livre sur l’Algérie de son époque. Le premier tome parlait de l’Algérie en général, de son économie et de sa culture en particulier. Le deuxième tome a été dédié à la ville d’Alger.»

Dziri : Étant nouvellement installée à la tête de l’ambassade de la Suède en Algérie, comment évaluez-vous les relations bilatérales entre les deux pays ? Quel est votre point de vue quant au climat des affaires en Algérie ? Son Excellence Carin Wall : Il faut bien le dire, nous avons d’excellentes relations avec l’Algérie depuis très longtemps. Nous souhaitons renforcer davantage nos relations économiques. L’une des tâches les plus importantes pour l’ambassade est la promotion de ses exportations et l’établissement des entreprises suédoises en Algérie. Nous étions présents dans le pays bien avant l’indépendance. D’ailleurs, le premier accord entre les deux pays a été conclu en 1729 où nous avons installé un consulat dans une Algérie qui était complètement différente de celle d’aujourd’hui. L’intérêt qui a été défendu à l’époque était, en particulier, d’assurer la libre circulation des bateaux suédois lors des navettes commerciales au moment de leur passage, au niveau du LES RELATIONS BILATÉRALES ENTRE L’ALGÉRIE ET LA SUÈDE SONT APPELÉES À ÊTRE DÉVELOPPÉES. LES DEUX PARTIES ONT CONSENTI UN EFFORT CONSIDÉRABLE CES DERNIÈRES ANNÉES AFIN DE BOOSTER LES ÉCHANGES ÉCONOMIQUES EN UN MEILLEUR AVENIR. À TRAVERS LEUR PRÉSENCE EN ALGÉRIE, LES ENTREPRISES SUÉDOISES COMPTENT INVESTIR DANS LE TEMPS ET DANS L’ESPACE. MALGRÉ UN SOUCI BIEN PRÉSENT QUANT À LA JURIDICTION D’INVESTISSEMENT (RÈGLE 51/49), L’AMBITION EST TOUJOURS PLUS GRANDE DANS L’EFFORT SECTORIEL ENVISAGÉ PAR CE PAYS. ENTRETIEN AVEC CARIN WALL, SON EXCELLENCE L’AMBASSADRICE DE SUÈDE EN ALGÉRIE Propos recueillis par Lynda Mellak bassin méditerranéen. Un des consuls suédois, établi en Algérie dans les années 1930, avait écrit un livre sur l’Algérie de son époque. Le premier tome parlait de l’Algérie en général, de son économie et de sa culture en particulier. Le deuxième tome a été dédié à la ville d’Alger. Les deux ouvrages vont être traduits dans les deux langues – français et anglais – puis vont être imprimés en plusieurs exemplaires. Le volume d’échange économique algéro- suédois n’est pas aussi important. Que prévoit la Suède pour booster ses activités sur ce volet ? Quels sont les secteurs qui intéressent le plus les investisseurs suédois ? Nous préconisons un effort soutenu pour une meilleure approche développementale entre nos deux pays. Nous avons organisé des séminaires, à travers lesquels nous avons débattu de l’éventuelle coopération dans ce domaine, avec des spécialistes et chercheurs. Nous souhaitons que ce partenariat soit établi à long terme. Des visites d’experts sont ainsi programmées dans le but d’assurer le bon déroulement des échanges partenariaux, notamment, pour le suivi des traitements envisagés dans la pathologie du cancer. À ce sujet, des journées d’études et de supervisions ont été prévues avec 14 cliniques algériennes. Il a été envisagé d’installer 14 accélérateurs – appareils dédiés pour le traitement du cancer. Elekta, une entreprise spécialisée dans le domaine médical, vient de conclure un contrat de partenariat pour l’exportation des appareils destinés pour le traitement du cancer. Nous allons commencer avec une clinique pilote au niveau d’Annaba. Des séances de formations vont être programmées au fur et à mesure, au profit des spécialistes pour les mettre à niveau de la nouvelle technologie. La dernière rencontre a été une occasion pour rappeler l’impact économique que supposent la généralisation des TIC et les potentialités de partenariats qui pourront être développés entre les deux pays. L’occasion est aussi une opportunité pour permettre aux entreprises algéro-suédoises d’échanger leurs expériences et leur savoir-faire. Le développement du secteur des télécommunications demeure un sujet phare, notamment que ce dernier coïncide avec l’introduction de la 3G en Algérie. Il s’agit d’un domaine typiquement stratégique qui ouvre.

 

«Pour ce qui est du volume d’échange économique entre les deux pays, nous constatons un effort assidu et continu dans tous les secteurs d’activités économiques. Les exportations se situent autour des 300 millions d’euros.»

beaucoup de possibilités vis-à-vis des entreprises suédoises, comme ceux qui sont en place et d’autres qui souhaitent introduire le marché algérien. La Suède est un pays très avancé en termes de nouvelles technologies des communications. Nous avons des idées et des ambitions à partager avec l’Algérie, spécialement en cette phase de développement. Je cite en particulier l’entreprise Ericsson qui investit en Algérie depuis des décennies. Dans cette concertation envisagée par les deux pays dans ce domaine des télécommunications, l’entreprise Ericsson qui est présente en Algérie depuis plusieurs années joue un rôle très important, notamment à travers ses réalisations plurielles de par le monde et précisément en Algérie. Ericsson, en investissant en Algérie, a visé un double objectif : la formation et l’emploi. À travers cette présence, les entreprises suédoises comptent investir dans le temps et dans l’espace. D’où un souci toujours plus grand dans l’effort d’investissement sectoriel dans le pays. Des études sur la sécurité routière faisaient objet de plusieurs rencontres dans les années précédentes. Nous avons lancé récemment le premier centre de surveillance et de service au niveau de l’autoroute Est-Ouest. La compagnie suédoise, en partenariat avec une entreprise espagnole, a gagné un contrat pour la réalisation de ce projet de mise en place des systèmes de surveillance (signalisation, panneaux d’indications numériques, poste de renseignements…) au niveau des autoroutes. Nous avons programmé prochainement un séminaire sur les réseaux intelligents lié à la distribution de l’eau et l’électricité, et dont le but est d’éviter les failles signalées en cette matière. L’ambassade de Suède en Algérie en collaboration avec le conseil pour la promotion des exportations (business swiden) a procédé à l’ouverture des portes de partenariats avec les secteurs étatiques nationaux. Pourquoi cette vision «unijambiste» ? Le secteur privé s’avère être encore à l’état de balbutiement primaire. De ce fait, la mise à niveau de ces entreprises algériennes ne peut dans ce cas que se mettre en place graduellement.

«Le message que nous souhaitons véhiculer au Gouvernement est le suivant : nous avons des entreprises qui veulent s’installer et investir en Algérie, mais qui n’osent pas faute de problèmes bureaucratiques et juridiques ; nous souhaitons, dans l’avenir, des facilitations dans les procédures de transactions et des allègements des lois régissant l’investissement étranger en Algérie.»

À combien estimez-vous le volume d’échange économique entre les deux pays ? Pour ce qui est du volume d’échange économique entre les deux pays, nous constatons un effort assidu et continu dans tous les secteurs d’activités économiques. Les exportations se situent autour des 300 millions d’euros. Au premier semestre 2013, nos exportations vers l’Algérie ont augmenté de 17%. Il s’agit en particulier de l’activité des entreprises qui sont déjà en Algérie. Les plus importantes sont Ericsson dans le domaine des télécommunications, et ABB dans le domaine de l’énergie. Un grand potentiel d’échange demeure envisageable non seulement dans le domaine des télécommunications, mais aussi celui des autres activités économiques (le bois, le médicament et le papier). LÀ combien estimez-vous le volume d’échange économique entre les deux pays ? Pour ce qui est du volume d’échange économique entre les deux pays, nous constatons un effort assidu et continu dans tous les secteurs d’activités économiques. Les exportations se situent autour des 300 millions d’euros. Au premier semestre 2013, nos exportations vers l’Algérie ont augmenté de 17%. Il s’agit en particulier de l’activité des entreprises qui sont déjà en Algérie. Les plus importantes sont Ericsson dans le domaine des télécommunications, et ABB dans le domaine de l’énergie. Un grand potentiel d’échange demeure envisageable non seulement dans le domaine des télécommunications, mais aussi celui des autres activités économiques (le bois, le médicament et le papier). Les importations sont es importations sont de moindre importance. Il s’agit seulement de quelques produits dérivés du pétrole. Le système suédois de la santé qui figure parmi les systèmes pionniers dans le monde et qui repose sur la sensibilisation, l’orientation médicale de proximité et la prise en charge de toutes les franges de la société. Je cite, à titre d’exemple, le domaine médical (production des médicaments). D’ailleurs, l’entreprise suédoise Elekta est entrée en partenariat avec les autorités concernées pour un projet de production des médicaments. Cette collaboration effectuée avec le ministère de la Santé rentre dans le cadre du traitement du cancer d’une part, et d’autre part le contrôle des infections dans le milieu sanitaire. Ceci nécessite, en outre, une organisation de formations des médecins et des techniciens pour mettre en oeuvre ce partenariat. La société suédoise Elekta spécialisée dans les équipements de radiothérapie ouvrira bientôt un bureau d’études en Algérie. Le projet sera opérationnel à l’automne prochain. Il a pour objectif la construction du modèle médical suédois et de partager les expériences en termes de solutions et d’organisation du système de santé suédois.

Quels sont les problèmes majeurs rencontrés par les entreprises suédoises en Algérie ? Il faut reconnaître que la bureaucratie est assez rigide dans ce pays. Cette dernière pose de sérieux problèmes aussi bien au niveau de l’importation qu’à celui de l’exportation. La règle 51/49 est une question soulevée par plusieurs partenaires étrangers, mais je constate qu’il y a une évolution qui se met en place. Entendons par là les mécanismes propres à la compréhension et à la mise en place de cette règle. D’une façon générale, le développement des relations entre les deux pays passent nécessairement par l’intensification des échanges intersectoriels… J’entends par là également une clarification meilleure quand les entreprises souhaitent s’installer durablement en Algérie au niveau des différents secteurs de la vie économique du pays. Entre autres agents économiques, je citerai celui des douanes qui représente un levier non négligeable dans le développement économique du pays. Comment qualifiez-vous le climat d’affaire algérien ? La banque mondiale a ses propres règles d’appréciation pour un contrôle efficace et exhaustif qui permet une approche rationnelle et porteuse d’un ensemble de propositions formant la feuille de route énoncée par cette institution financière. Ceci constitue l’index des affaires. Dans ce contexte d’études, l’Algérie ne figure pas en bonne place dans le dit index (index doing business). La révolution technologique impose aux pays émergents une indexation du know how sur les industries innovantes afin de rattraper le retard considérable qui les sépare des pays développés. Ce que je reçois et ce que reçoivent les entreprises de la partie algérienne, c’est que l’Algérie souhaite non seulement des importations des entreprises en matière de produits des services, mais elle souhaite l’installation des entreprises pour la création de l’emploi. Je pense ainsi que pour faciliter tout cela, il faut alléger les procédures afin de permettre une installation rapide et efficace de l’outil de production.

Est-ce que la Suède est disposée à soutenir l’Algérie pour son adhésion à l’OMC ? La Suède est un exemple de l’importance de libre échange au monde. Ceci était un facteur très important pour le développement économique de notre pays. Nous sommes pour le libre échange. Et nous souhaitons que l’Algérie soit un membre de cette organisation. Son adhésion est un point très important pour l’évolution de ses activités avec les membres de l’OMC, notamment l’UE qui est l’un des plus importants partenaires de l’Algérie. L’Algérie doit booster ses activités commerciales et économiques à travers un travail de coordination en vue de dynamiser les échanges et les investissements en cette matière. Nous recevons bien saisis les messages du Gouvernement algérien qui nous invite à nous intéresser davantage à l’investissement local, source d’emploi et de productivité. Des obstacles font en sorte que l’investissement étranger ne soit pas si facile en Algérie. Je cite, à titre d’exemple, la règle économique d’investissement (51/49), qui n’est pas aussi si adéquate, de sorte à ce qu’elle encourage l’investissement des étrangers dans le pays. Nous souhaitons, à cet effet, que cette loi soit allégée de manière à ce que nos entreprises deviennent des propriétaires majoritaires. Je cite également les problèmes liés aux lourdeurs administratives. Le message que nous souhaitons véhiculer au Gouvernement est le suivant : nous avons des entreprises qui veulent s’installer et investir en Algérie, mais qui n’osent pas faute de problèmes bureaucratiques et juridiques ; nous souhaitons, dans l’avenir, des facilitations dans les procédures de transactions et des allègements des lois régissant l’investissement étranger en Algérie. Un dernier mot ? La Suède participera cette semaine au Festival européen avec un groupe de jazz. Nous avons participé plusieurs fois au Festival de la musique symphonique. Nous y étions également en septembre dernier. Nous comptons y participer cette année de nouveau avec un film que nous avons déjà projeté à l’occasion de la tenue du Festival européen en février dernier. Le film sera projeté, par ailleurs, au niveau des villes, à l’instar d’Annaba, Constantine et Oran. Nous nous intéressons aussi au domaine de la littérature pour les enfants. Je me renseignerai sur les possibilités de partenariats dans ce domaine afin de développer davantage les activités et les échanges culturels.

 

 

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