Entretien avec son Excellence Mme Geneviève des Rivières, nouvelle ambassadeur du positive du Canada.» Canada en Algérie

Entretien avec son Excellence Mme Geneviève des Rivières, nouvelle ambassadeur du positive du Canada.» Canada en Algérie

L’Algérie et le Canada vivent une lune de mi el depuis plusieurs années. Mme Geneviève des Ri vières, nouvelle ambassadeure du pays de l’Érable en Algérie, n’a pas manqué de souligner, dans cet entretien accordé à Dzi ri, l’excellence de ces relations entre les deux pays. Elle n’a pas omi s aussi de mettre en relief «la perception positive» du Canada par les Algériens.

Dziri : Excellence, vous avez été accréditée en qualité d’ambassad rice du Canada en Algéri e le 13 septembre dernier. Quelle est votre première impression en rejoignant ce pays ?
Mme Geneviève des Rivières : J’ai été fort impressionnée par le merveilleux accueil reçu en Algérie dès mon arrivée. Les Algériens sont chaleureux, généreux et ont une perception très positive du Canada. Beaucoup ont visité le Québec et ont même de la famille établie là-bas, depuis plusieurs années. De plus, j’ai eu l’occasion de découvrir la beauté d’Alger et les trésors qu’elle renferme. J’ai aussi, depuis mon arrivée, séjourné à Ghardaïa et Tamanrasset, deux villes très riches en culture et en histoire ancienne. J’espère pouvoir, sous peu, découvrir Tlemcen, Oran, Constantine, de même que les zones rurales.

Vous avez quali fi é, récemment, de «très fortes » les relations poli tiques et économiques existantes entre l’Algéri e et le Canada . Pouvez-vous nous dire comment ces relations ont été façonnées ?

Le Canada a vite établi des relations diplomatiques, à la suite à l’Indépendence et a, dès le début, travaillé étroitement avec l’Algérie sur plusieurs questions dont, par exemple, la réforme parlementaire, le renforcement institutionnel en matière d’éducation spécialisée et les droits de la personne. Sur le plan économique, le Canada et ses entreprises ont maintenu une présence continue, même durant les années difficiles. SNC-Lavalin, qui est l’une de nos plus grandes firmes d’ingénierie conseil et de construction, a même construit le Monument des Martyrs en 1982, de même que le Palais de la Culture et le Musée des Moudjahidines. En plus, elle a appuyé le gouvernement dans des projets de barrages, de traitement de l’eau, d’électricité et plusieurs autres projets. Un grand nombre de compagnies sont actives en Algérie, au niveau de projets de maîtrise d’oeuvre, de même que le transport ferroviaire et routier. Le Canada, pour sa part, continue d’être un fournisseur important de blé, de légumineuses, d’équipements industriels, aéronautiques et pharmaceutiques. L’Algérie, quant à elle, est devenue le premier fournisseur de pétrole du Canada devant la Norvège et la Grande-Bretagne.

Vous avez fai t part, également, de l’intérêt des entreprises canad iennes, installées depuis longtemps en Algéri e, de partager leur savoi r-fai re avec leurs partenaires algériens. Mais allez-vous tenter de convai ncre de nouvelles entreprises canad iennes à venir investir en Algérie ?

Nous sommes constamment à l’affût de nouvelles opportunités d’investissement et d’exportation. Nous poursuivons un grand projet d’aluminerie, lequel pourrait mener à la création de milliers d’emplois et à la diversification de la production algérienne, de même qu’à l’ouverture de nouveaux marchés d’exportation.

Comment comptez-vous procéder pour raffermir encore da vantage la relation économique entre l’Algéri e et le Canada ?

Nous continuerons d’encourager nos entreprises à participer aux diverses foires commerciales ayant lieu en Algérie. Nous allons, aussi, continuer à organiser des missions commerciales, telles que celles sur les TIC au Salon Med-IT en septembre dernier, et à encourager les acheteurs algériens à participer aux évènements de partenariat ayant lieu au Canada.

Vous avez, récemment, abordé lors de vos rencontres avec des mi nistres algériens, l’inquiétude des entreprises canad iennes quant aux contraintes induites par les condi tions de création des sociétés mixtes. Selon vous, que faut-il fai re pour remédier à ces inquiétudes ?

Le Canada reconnaît qu’il faut s’adapter au climat des affaires de chaque pays. Nous allons continuer à travailler étroitement avec les investisseurs canadiens qui sont à l’aise avec les conditions d’affaires de l’Algérie, afin de nous assurer qu’ils réalisent les objectifs qu’ils se
sont fixés et que nous puissions voir une croissance de l’investissement canadien, lequel s’accompagne incontestablement de bonnes conditions de travail et de principes solides de responsabilité sociale bénéficiant aux communautés et aux travailleurs.

La ministre de l’Immigration et des communautés culturelles de la provi nce du Québec, Kathleen Weil, a annoncé que l’Algéri e est la première source d’immigration au Québec depuis 2006. Croyez-vous que la communauté algérienne établie au Québec pourrait contri buer à rapprocher encore da vantage le Canada et l’Algéri e ?

La communauté algérienne établie au Québec contribue énormément au rapprochement entre nos deux pays. Nous avons un nombre croissant d’entrepreneurs et de professionnels algéro-canadiens qui s’intéressent à développer des opportunités d’affaires en Algérie. De cette façon, nos deux pays sortent totalement gagnants de cette dynamique. Je suis convaincue qu’au cours des prochaines années, nous bénéficierons encore plus de l’avantage compétitif que nous offre la présence importante de concitoyens algéro-canadiens au Québec.

Êtes-vous d’accord avec certains observateurs qui estiment que le marché du travai l est verrouillé pour la communauté algérienne et maghrébi ne au Canada , notamment au Québec ?

Je ne suis pas d’accord avec cette observation. Il est vrai que dans certaines professions, les immigrants doivent faire des études additionnelles et se soumettre à un processus de qualification canadien. Ces contraintes, qui existent dans la plupart des pays industrialisés, sont bien connues des immigrants algériens et de ceux provenant d’autres pays. Malgré ces contraintes, des milliers d’immigrants choisissent de s’établir au Canada, afin d’y poursuivre les opportunités qu’offre le Canada.

Quels sont, aujourd’hui, les projets sur lesquels vous travai llez en collaboration avec les autorités algériennes pour renforcer les relations bilatérales entre l’Algéri e et le Canada ?

Il existe plusieurs projets tant dans les domaines miniers et hydrocarbures, que celui de l’eau et agro-alimentaire, de même que pour l’environnement, les transports et les TIC. Nous avons signé, en janvier dernier, un protocole d’entente, lequel est un mécanisme nous permettant
de promouvoir la coopération économique, scientifique et technologique, les échanges commerciaux et les investissements. L’avantage compétitif du Canada repose principalement sur sa capacité de répondre aux besoins des Algériens avec des technologies de pointe nord-américaines que nous transmettons en français. Le Canada, qui n’a pas d’histoire coloniale, est particulièrement apprécié.

Le Canada et l’Algéri e ont élargi, au début de l’année, leur accord de transport aérien. Croyez-vous que cet élargissement ait mené à l’accroissement des liens commerci aux et touristiques entre les deux pays ?

Le fait d’avoir des vols directs depuis 2006, entre l’Algérie et le Canada avec Air Algérie, nous a permis d’augmenter considérablement les échanges tant économiques que culturels et sociaux. Plus de 50 000 personnes d’origine algérienne résident au Canada, principalement au Québec et, en conséquence, la circulation des personnes et des familles entre Montréal et Alger est très abondante.
L’accord aérien entre nos deux pays prévoit jusqu’à cinq vols par semaine, ce qui pourrait bien devenir une réalité en très peu de temps, étant donné la forte demande qui existe, tant dans le milieu des affaires qu’au niveau des communautés algéro-canadiennes.

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