mardi , 25 avril 2017
Journée mondiale des Réfugiés Alerte, leur nombre a progressé en Algérie !

Journée mondiale des Réfugiés Alerte, leur nombre a progressé en Algérie !

LE NOMBRE DES RÉFUGIÉS NE CESSE DE PROGRESSER EN ALGÉRIE. EN 2013, IL A DÉPASSÉ LES
25 000. LES NIGÉRIENS, LES MALIENS ET LES SYRIENS, REPRÉSENTENT À EUX SEULS PLUS DE 24 000
RÉFUGIÉS. EN 2014, LE NOMBRE A PROGRESSÉ ÉGALEMENT AVEC L’ARRIVÉE D’AUTRES MILLIERS ;
LA DERNIÈRE VAGUE A ÉTÉ RECENSÉE RÉCEMMENT, DES CENTAINES DE MALIENS ONT DÉBARQUÉ
DE KIDAL APRÈS LE RETOUR DES COMBATS ENTRE LE MNLA ET LES MILITAIRES MALIENS.

Par Yousfi Sofin

Dans le monde, ils sont 16,7 millions de réfugiés qui se sont déplacés dans d’autres cieux plus cléments à cause des guerres, selon le Haut-commissariat des réfugiés (HCA) qui a annoncé le  chiffre à l’occasion de la journée mondiale des Réfugiés. En Algérie, leur nombre a progressé entre 2013 et 2014 où, selon certaines sources non-confirmées par l’État, ils seraient plus de 30 000. Certes, en 2013, le ministre de l’Intérieur Ould Kablia avait dévoilé le chiffre de 25 000 réfugiés en Algérie. Depuis, aucun officiel algérien n’a osé révéler le nombre des réfugiés qui se sont installés dans les camps en Algérie, après qu’ils ont fui les guerres dans leurs pays. Aujourd’hui,

plusieurs milliers de réfugiés syriens, maliens et nigériens se trouvent en Algérie, notamment dans les camps des réfugiés installés au niveau des frontières, mais aussi dans les villes algériennes. Une bonne partie des réfugiés des guerres sillonnent les rues de la capitale. Dans les gares ferroviaires, dans les stations urbaines, en plein centre-ville d’Alger, même dans les tramways de la capitale et un peu partout dans les communes, les réfugiés, en familles, squattent tous les coins d’Alger à la recherche de nourriture et d’argent. Des scènes attristantes qui donnent froid dans le dos, surtout devant le laisser-aller des services concernés qui devaient agir pour prendre en charge ces réfugiés. Une des familles syriennes réfugiée au square Port Saïd, en plein centre d’Alger, a sollicité l’aide des passants. Venus de Tartous où les combats sont intenses entre l’armée syrienne et les insurgés, les réfugiés syriens dont le nombre ne cesse d’augmenter ont envahi Alger et ses mosquées. Le père de cette famille, Abdoussalam Hannah Mahmoud, a raconté leurs souffrances et comment lui et sa famille, ainsi que beaucoup d’autres, ont regagné Alger. «Nous sommes originaires de Tartous, une ville côtière à 160km de la capitale Damas. Dans cette ville, les manifestations anti-Assad ont débuté en 2011, entre la fin du mois d’avril et début du mois de mai. Aujourd’hui, les combats font rage entre l’armée syrienne et les groupes armés de Nosra et l’armée libre», relatait le père, pleurant sur la situation actuelle de sa famille, de son pays et de ses proches. L’homme ne sait plus quoi faire, il est responsable de cinq personnes et doit subvenir à leurs besoins. Le square est devenu un espace pour les Syriens qui ont sauvé leur peau et regagné Alger par voie maritime, mais à quel prix. «J’ai payé une somme faramineuse pour sauver mes enfants et ma femme. Je ne peux pas vous dire combien, mais des dizaines de milliers de livres que j’ai déboursés pour arriver en Algérie après une escale en Égypte et en Libye», ajoute ce père de famille. Cette dramatique situation des Syriens, qui n’ont pas encore le statut de réfugiés, n’a suscité, jusqu’à présent, aucune réaction officielle de nos responsables. En attendant, ils vivent de la charité des citoyens algériens ; à Birkhadem, les réfugiés syriens ont envahi les mosquées, à El Biar, ce sont les boutiques qui sont leur cible ; selon plusieurs témoins, des algériens. réfugiés syriens, dont la majorité sont des femmes, se sont adressés aux propriétaires de magasins afin de les aider à survivre. «Des femmes munies de plusieurs papiers et de passeports bleus (syriens), sont entrées et elles ont demandé aux clients et au propriétaire de leur donner de l’argent», nous a-t-il raconté. Les enfants réfugiés envahissent les gares ferroviaires d’Alger En plus des réfugiés syriens, d’autres Maliens et Nigériens, par milliers, ont envahi les frontières et villes algériennes. Pis, les réfugiés subsahariens ont occupé les rues, les gares ferroviaires et autres lieux publics de plusieurs villes du pays, créant, de ce fait, une véritable anarchie dans les milieux urbains. En face, l’État algérien a promis une prise en charge de ces réfugiés dans les jours qui viennent, selon la ministre de la Solidarité. Toutefois, entre les promesses et la réalité sur le terrain, on remarque très bien qu’il y a une différence de taille, d’autant plus que beaucoup de réfugiés sont abandonnés à leur sort. Dans les gares ferroviaires, des centaines de Maliens et Nigériens font la charité aux passagers des trains de banlieues. Des enfants, surtout, sillonnent les locomotives pour faire la mendicité. La station ferroviaire d’Agha, à Alger, est un cas de figure flagrant. Ici, des dizaines de réfugiés se présentent tôt le matin pour entamer une nouvelle journée de mendicité devant le ras le bol des passagers qui, chaque jour, leurs donnent de l’argent et de la nourriture. «Mais que fait l’État ?», demande une femme à un agent de sécurité de la SNTF. Cette dernière s’interroge sur le fait de l’absence de l’État face à cette situation attristante à laquelle les réfugiés maliens et nigériens font face depuis des mois. Alerte aux faux réfugiés Profitant de la vague des réfugiés qui s’abattait depuis 2011 vers l’Algérie, de plus en plus de Subsahariens tentent de se faufiler pour glaner une place de «rêve» en Algérie. En effet, des dizaines de faux réfugiés ont été interpellés ces derniers mois suite à des contrôles effectués par les services de sécurité sur la partie frontalière algéro-malienne, apprend-on de sources sécuritaires. La dernière prise a été effectuée il y a quelques jours lorsque les gendarmes ont arrêté un ressortissant ghanéen possédant un faux certificat de réfugié. La situation alarmante qui sévit depuis des semaines à la frontière algéromalienne, suite à l’intervention étrangère au Mali, semble jouer contre l’Algérie. Pis, les récents combats ayant opposé l’armée malienne aux rebelles du MNLA ont poussé quelque 18 000 Maliens à fuir la ville de Kidal où beaucoup d’entre eux ont regagné les frontières algériennes, notamment Timiaouine et Tinzaouatine (Bordj Badji Mokhtar). Aujourd’hui, le spectre des faux réfugiés plane sur le territoire du pays. Selon plusieurs sources sécuritaires, il y aurait déjà des dizaines de faux réfugiés qui sont appréhendés à la frontière algéro-malienne. Ces derniers, des Ghanéens, Maliens, Nigériens et même des Mauritaniens ayant un faux certificat de réfugié ont tenté de regagner le territoire algérien, cela depuis que l’armée française avait commencé ses raids à Kidal. Les mêmes sources ajoutent aussi qu’actuellement des enquêtes sont ouvertes pour identifier les ressortissants africains arrêtés, d’autant plus qu’il se pourrait que des terroristes soient parmi eux. Tout le monde sait que les tentatives des groupes affiliés à Aqmi, Mujao et Ançar Eddine, tentent d’infiltrer le sol algérien en utilisant de fausses identités, mais aussi en tentant de passer comme étant des réfugiés fuyant les frappes de l’armée française. Face à ce danger «attendu», les autorités algériennes ont décidé de renforcer la présence militaire, non seulement pour faire face aux éventuelles frappes terroristes, mais également pour procéder à l’identification de nombreux réfugiés qui fuient les villes maliennes vers le Sud algérien. Même de faux passeports… Plus de 2 800 ressortissants africains ont été refoulés hors des frontières en 2013, car ils avaient utilisé de faux passeports maliens pour s’installer au pays. Le passeport malien contrefait est de nos jours le «sésame» pour des milliers de ressortissants africains qui veulent entrer en Algérie, selon des sources proches de la PAF et celle de GGF.

Cette dramatique situation des Syriens, qui n’ont pas encore le statut de réfugiés, n’a suscité, jusqu’à présent, aucune réaction officielle de nos responsables. En attendant, ils vivent de la charité des citoyens algériens.

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