vendredi , 26 mai 2017
Sahbi Othmani, Directeur général des Nouvelles conserveries algériennes.

Sahbi Othmani, Directeur général des Nouvelles conserveries algériennes.

Notre ambition est de faire de Rouiba un leader régional

Sahbi Othmani fait partie du staff dirigeant des Nouvelles conserveries algériennes (NCA Rouiba). Ce dynamique jeune homme titulaire d’un MBA Exécutif est le Directeur général de la société. C’est aujourd’hui lui qui copilote, avec son cousin et président du Conseil d’Administration, Slim Othmani, l’opération d’introduction en Bourse. Dans cet entretien, qu’il nous a aimablement accordé Sahbi Othmani explique les raisons de la réussite de la société. Mais il donne également ses impressions et ses choix de jeune chef d’entreprise.

Par Ali Boukhlef.

Dziri : Votre entreprise a réussi à avoir le visa de la COSOB pour l’entrée en Bourse. Est-ce une consécration ?

Sahbi Othmani : Oui, c’est une réelle consécration. Si nous nous apprêtons à entrer en Bourse aujourd’hui, cela prouve que l’entreprise est transparente, bien gouvernée, prête à ouvrir ses portes pour de nouveaux actionnaires en faisant valoir d’excellentes performances économiques et un potentiel de développement incontestable.

C’est aussi une consécration, vu que nous avons travaillé deux années durant avec différentes interfaces, à lever des obstacles d’ordre juridique. La complexité de l’opération liée à la présence d’un fond étranger dans le capital de la société nous a amené à solliciter le précieux éclairage des instances ministérielles que nous remercions au passage.

Je profite aussi de cette occasion pour dédier cette belle récompense à toutes les équipes internes qui se sont mobilisées sans relâche à l’effet de voir ce projet se cristalliser.

En plus d’avoir ouvert le capital, votre entreprise a été certifiée ISO. Quel est le secret de ces succès ?

Rouiba03Oui, nous avons récemment été certifiés ISO 22000, une norme considérée universellement comme la plus prestigieuse dans le domaine de la sécurité des denrées alimentaires. Cela dit, il me plait de rappeler que Rouiba jouit d’une séniorité historique en termes d’organisation et de méthodes de gestion. En effet, nous avons été la première entreprise privée à être certifiée ISO 9002 version 1994 en mai 2000. S’en est suivi la certification du système intégré selon le référentiel ISO 9001 et ISO 14000 en mars 2008 reconduits en décembre 2011.

Cette dynamique se prolonge aujourd’hui par notre participation au programme ISO – MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) portant sur la norme ISO 26000 relative à la responsabilité sociétale des organisations et leur contribution au développement durable.

Dans cette opération l’Algérie est un pays pilote et nous avons été choisis pour représenter le secteur privé algérien. C’est un projet structurant pour nous, il épouse parfaitement notre mode de gouvernance.

Notons par ailleurs, que nous déployons beaucoup d’efforts dans le domaine de la protection de l’environnement. Cette démarche a depuis longtemps été inscrite dans notre charte de bon comportement et engagements d’entreprise citoyenne. Nous avons été d’ailleurs les pionniers du prix National de l’Environnement en juin 2008.

Quel est votre chiffre d’affaires actuel ? Quelle est la proportion d’ AfricInvest ?

Nous réalisons 6 milliards de dinars de CA (60 millions d’euros) avec une croissance annuelle moyenne de 30% sur les trois dernières années. Entre 2007 et 2011 nous avons doublé notre chiffre d’affaires, et entre 2011 et 2012 nous avons réalisé une croissance en valeur de 45%.

Africinvest détient 36% du capital. La sortie du fond se fera progressivement et de façon non spéculative afin de ne pas perturber le parcours boursier du titre

Cette entrée en Bourse ouvre-elle d’autres perspectives ? Pourra-t-elle encourager, selon vous, d’autres entreprises algériennes à aller dans ce sens ?

Au delà des ouvertures en termes d’investissement grâce à un accès plus rapide aux capitaux permanents, nous permettrons à nos actionnaires de liquéfier plus facilement leur patrimoine par un recours direct au marché avec une valorisation objective.

Une très forte mobilisation des employés qui, libres de devenir actionnaires, seraient davantage concernés par l’avenir de Rouiba.

Enfin, notre introduction dans la Bourse d’Alger, apportera, nous l’espérons, un souffle nouveau, en contribuant à animer un marché financier qui jusque là, demeure infiniment inerte vu le nombre très réduit d’opérateurs comparativement aux pays voisins. Si nous comptons en Algérie une capitalisation largement inférieure à 1% du produit intérieur brut, au Maroc, celle ci dépasse les 50% du PIB.

En plus des boissons, NCA Rouiba compte-t-elle élargir sa gamme de production ?

Notre développement dans les boissons, nectars et jus de fruits n’est pas près de finir, comme je l’avais cité nous faisons 30% de croissance annuelle sans avoir encore dominé de gros segments de marché tels que le PET ou le verre. Bien que nous soyons aujourd’hui parmi les leaders du marché, nous pensons que notre potentiel de développement dans la catégorie demeure immense.

Ainsi, mettre en mouvement des synergies tel que notre réseau de distribution et notre connaissance du marché nous permettra facilement d’exploiter des gisements de volumes jusque là inexplorés.

Quels sont les projets de l’entreprise dans l’avenir ?

Rouiba04Nous avons un projet qui nous tient à coeur, celui de faire de Rouiba un acteur maghrébin majeur, leader des boissons sans Alcool. Il s’agit désormais d’une vision fermement partagée avec nos partenaires.

En effet, grâce à l’augmentation récente de nos capacités de production (+50%), nous renouons avec l’export avec une stratégie de déploiement plus ambitieuse. Nous pensons que nous possédons de réels atouts comparatifs (qualité du produit, diversité de la gamme, innovation, expertise en distribution) que nous pourrions facilement faire valoir dans la région du Maghreb où Rouiba jouit d’une antériorité suite à plusieurs expériences réalisées avec des résultats très prometteurs.

En plus de gérer NCA Rouiba, que fait Sahbi Othmani dans la vie ?

Bien que mes week-ends soient de plus en plus courts avec tous les chantiers et les projets que je copilote, j’aime passer du temps en famille, j’essaye autant que faire se peut de rendre visite à ma mère qui ne vit malheureusement pas en Algérie.

Sinon, comme tous les jeunes de mon

âge, je passe plus de temps avec les amis qu’à cultiver le jardin de mon appartement. Je sors à l’occasion mais essaie de me ménager de plus en plus en faisant de l’exercice.

Est ce que vous vous intéressez à la politique ?

Je m’intéresse à la politique, mais qui ne le fait pas avec ce qui se passe dans le monde et surtout dans la région. J’ai vécu une bonne partie de ma vie en Tunisie et ce qui se passe dans ce pays n’est absolument plus rassurant. J’espère que ce havre de paix sortira au plus vite de la crise.

En plus de l’Algérie et de la Tunisie, pays dans lequel vous avez vécu une partie de votre vie, quel est le pays que vous aimeriez visiter en plus ?

J’aime les endroits chargés d’histoire, beaucoup de villes d’Europe me fascinent. Venise, sans tomber dans le cliché classique, est une ville qui me passionne pour son architecture, ses balades en gondoles et ses musées.

D’autres villes, comme Dubaï, me fascinent moins. Cette ville incarne pour moi une forme d’évolution dépourvue d’identité, une sorte de clonage. Enfin, l’Algérie reste pour moi une destination privilégiée n’ayant pas fini de découvrir tous ses trésors cachés. J’ai découvert dernièrement le village natal de mes aïeux, le village d’ Ouelja à côté de Khenchela ; une palmeraie verdoyante au pied des Aurès que le temps n’a eu aucun ravage sur son authenticité, des endroits pareils n’ont rien à envier aux destinations les plus exotiques.

Des goûts musicaux particuliers ?

J’aime un peu de tout, la magie de l’art est dans sa diversité. Des grands classiques aux musiques les plus contemporaines, mon coeur vadrouille.

Il y a aussi quelques chanteurs de Raï qui sont incontournables. D’ailleurs, je trouve que le dernier album de Khaled est un véritable succès international. Cependant, certaines chansons qui passent à la radio n’ont plus rien à voir avec le Rai qu’on aime …

Une passion ?

J’aime la littérature et la poésie mais je suis aussi un passionné de pêche. Entre la mer et moi s’est créé dès mon plus jeune âge un lien passionnel. Pour finir, je vous demande un petit message à la jeunesse algérienne…

Beaucoup d’espoir pour l’Algérie et pour cette belle jeunesse qui a dépassé le triste épisode de la guerre civile, avec tous ses ravages socioculturels, et qui a la possibilité aujourd’hui, de prendre son destin en main, de mettre de côté cet alibi qui n’en est plus un, et de commencer à travailler.

Entrée en Bourse 

NCA Rouiba sur la voie de la capitalisation

Une première! Depuis l’ouverture de la Bourse d’Alger, une Société par Actions privée dans le domaine des produits de grande consommation entre en Bourse. Les Nouvelles conserveries Algériennes (NCA) ont donc décroché le ticket d’entrer en Bourse. L’entreprise, détenue en majorité par la famille Othmani, va ouvrir sur le marché 25% de son capital.

La NCA Rouiba, qui affiche aujourd’hui une bonne santé financière, s’inscrit donc dans la logique d’une reprise de la Bourse. L’entreprise, que préside Slim Othmani, enregistre, un chiffre d’affaires de 6 milliards de dinars, soit une croissance annuelle moyenne de plus 30%. Une évolution positive pour une société qui souffre, comme beaucoup de ses semblables, des problèmes de foncier pour accompagner son déploiement.

Cette entreprise familiale, créée en 1966, n’a jamais fléchi, malgré les innombrables changements législatifs qu’a connus le pays depuis son indépendance. Elle a, au contraire, dépassé toutes les étapes de son développement avec tact et a réussi à se moderniser malgré les obstacles.

Après avoir été la première dans l’emballage Tetra Park, NCA est aussi la première entreprise privée algérienne dans ce segment à avoir décroché plusieurs certifications ISO. Après les certifications «classiques», Rouiba est sur le point de se faire attribuer la prestigieuse et avant-gardiste norme ISO 26000 relative à la responsabilité sociétale des entreprises. Elle a décroché également l’ISO 22000 relative à l’environnement.

Aujourd’hui encore, NCA Rouiba veut aller encore de l’avant en modernisant ses équipements et moyens de production. Les dirigeants veulent faire de la société un leader régional dans le domaine de l’agroalimentaire, notamment des boissons non alcoolisées.

L’opération d’entrée en Bourse va démarrer vers la fin du mois de mars en cours. D’après les derniers estimatifs l’action coûterait 400 DA.

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