mardi , 25 avril 2017
Concert de Boogie Woogie avec Fabrice Eulry. Un véritable One Man Show !

Concert de Boogie Woogie avec Fabrice Eulry. Un véritable One Man Show !

Sur invitation de l’Institut français d’Alger, et ce, en partenariat avec l’hôtel Aurassi le concert de Fabrice Eulry dans le cadre de la tournée «Prestige Jazz», a bel et bien eu lieu ce mois de février dernier.

Par Anaïs Tassa

Fabrice Eulry, « Le Pianiste aux Doigts de Feu » s’est produit à Alger, à l’hôtel Aurassi, plus exactement, le 7 février dernier. Dans une salle comble, contenant plus de 600 personnes, c’est au seul son de son piano qu’il a fait vibrer la salle tout entière. En A capella, en direct et en acoustique, Fabrice Eulry s’est livré au public algérien pour sa première , dans un« merveilleux pays », comme il aime si bien, qualifier l’Algérie.

Il ausculte son piano, écoute ses pulsations, pianote sur sa cravate, joue du piano debout et prolonge ses percussions sur ses genoux, sur les tables et ……sur le crâne des spectateurs. Tous les supports qui l’entourent deviennent matière et prennent forme à travers ses doigts : Tout n’est plus qu’instrument.

« C’est à chaque fois un éternel recommencement », lance-t-il. « Chaque soir, j’offre un spectacle différent, parce que j’improvise beaucoup », continue-t-il.

 

Fabrice Eulry, surnommé le pianiste fou, à Dziri.

En Algérie, la façon de vivre la musique, est basée d’avantage sur le rythme, la fête, et l’expression que sur une analyse purement cérébrale.

Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Fabrice Eulry ne cache pas son étonnement quant à l’accueil ô combien chaleureux que lui a réservé le peuple algérien. Il notera, également, qu’en Algérie, personne ne le juge ou ne l’a attendu au tournant.

Est-ce la première fois que vous vous produisez en Algérie ?

Oui c’est d’ailleurs un choc pour moi, je me suis rendu compte que nous ne connaissons pas assez votre merveilleux pays, son humanité, et la poésie de son quotidien.

Ne soyez pas surpris par ces propos : si ces quelques jours constituent une expérience trop courte, le fait d’avoir la chance de monter sur scène permet cependant, en allant tout de suite à l’essentiel, de partager la sensibilité de ceux qui ont fait la démarche de venir m’écouter jouer. Je les en remercie chaleureusement.

Pouvez-vous nous citer les lieux et les dates où vous vous êtes produit? Quelles ont été vos impressions ?

J’ai joué le 5 février à l’institut français (CCF) de Constantine, le 6 février en privé à Alger, le 7 à Alger à l’hôtel El-Aurassi où il y avait 600 personnes, ce qui n’était pas évident sur un plan logistique, car l’expérience n’avait jamais été tentée. Grâce à l’extrême souplesse de la direction et à la bonne volonté enthousiaste et énergique du personnel, cette idée formidable du CCF s’est réalisée.

J’ai également joué le 9 à l’Institut français d’Oran (CCF) qui comme celui de Constantine, et celui d’Alger, possède un bel auditorium chaleureux bien équipé, et surtout des régisseurs et éclairagistes avec qui c’est un plaisir de travailler

Vous voyez, nous en revenons toujours à la richesse humaine

Par rapport à tous les publics que vous avez rencontrés en Europe, notez-vous une particularité propre au public algérien ?

Oui, personne ici ne me juge ou ne m’a attendu au tournant

Il règne une belle spontanéité entre autres choses

Je suppose qu’elle est due au côté sensoriel de la façon de vivre la musique, basé d’avantage sur le rythme, la fête, et l’expression que sur une analyse purement cérébrale.

Cela me convient tout à fait, parce que faire de la musique uniquement un objet intellectuel comme le font certains publics parisiens, crée une impasse qui assèche tout plaisir et tout partage.

Votre style musical est vraiment original, pouvez-vous nous l’expliquer ?

Tout est parti de l’amour que j’ai pour la musique et du désir de faire partager ce trésor à mes semblables, ayant constaté quel sens merveilleux elle pouvait donner à l’existence.

Quelque soit la musique abordée, dès 1981 lorsque j’ai commencé à faire le métier de pianiste, j’ai développé une manière scénique de jouer qui attire l’attention, pour que le public entre dans l’univers musical avec moi en communion, hors du temps, et reparte surpris et heureux de cette expérience même s’il était venu pour autre chose.

L’adhésion et l’expérience aidant, cela s’est peu à peu, mué en spectacle.

Qu’est-ce-que le Boogie Woogie ?

Il vient du blues des afro-américains.

Le blues est la forme musicale de leurs complaintes.

Le boogie-woogie est la même forme musicale adaptée au contexte de la fête et de la danse.

Pourquoi vous surnomme-t-on le pianiste fou ?

Je ne savais pas. Comme tous les fous, j’ignore que je le suis.

Pardon je plaisantais : je suppose que cela vient de mes mimiques très caricaturales que les acteurs utilisent dans le cinéma muet expressionniste, ou que l’on utilise dans le mime Marceau pour contrebalancer l’absence de texte.

pianiste01

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