Marre de sa jalousie…

Marre de sa jalousie…

La jalousie féminine dans un couple est-elle un vilain défaut ou « un péché mignon » ? Comment la voyez-vous ? Quand est-ce qu’elle devient un danger pour le couple ? Quelles sont vos limites de patience ? Vous est-il arrivé de faire vos valises après une scène de jalousie ?

Par Sofia L

Quoi de plus insupportable pour une femme que de se croire remplacée, oubliée et trahie…? Qu’elle soit fondée ou non, la jalousie est en quelque sorte un sentiment exprimant une défense légitime, c’est un «instinct de propriété amoureuse»? Ce sentiment cache des frustrations inavouées, une vengeance intérieure extériorisée par une agressivité et des reproches récurrents, et c’est là où la jalousie devient une maladie. Sous son empire, une douleur terrible peut être à l’origine d’une cassure dans le couple. Qu’elle soit fondée ou non, la jalousie peut entraîner certaines femmes à la paranoïa, pour, après coup, se demander: «mais qu’est-ce qui m’a pris ?», mais parfois, c’est trop tard ! Le bouchon a été poussé trop loin et la situation a été transformée en un vrai calvaire pour celui qui la vit… et celui qui la subit. Devenant prisonnière d’une mauvaise série où le partenaire papillonne d’une jeunette à une autre, dans un harem qui n’est autre que le staff. Ce dernier devient souvent source de problèmes, à force d’imaginer des scénarios hollywoodiens. Mais ces femmes excessivement jalouses sont loin de se douter que leur homme est loin d’être un James Bond dans son milieu de travail. Mais allez leur faire comprendre cela ! Une petite inspection « improvisée » au bureau de l’être cher et tout bascule. Le moindre sourire ou le moindre salut sympathique d’une collègue plus au moins sympathique et ça commence : elle se met illico dans la peau de l’antihéros trahi par son conjoint. Les films en plan serré défilent dans sa tête décortiquant chaque comportement soupçonneux des ces «autres» dames comme «pièces à conviction». La victime n’est autre qu’elle. L’obsession est là et …rien ne pourra plus l’arrêter. Place à la paranoïa.

Mais pourquoi cette jalousie ?

Le manque de confiance en la personne aimée ou en soi même est souvent une explication hâtive à la jalousie. Les psychanalystes ont une autre explication: être jaloux est un comportement qui peut remonter à une période qui nous a marquée à vie, que l’on ne voudrait en aucun cas la revivre. Une période ou petite fille, elle a vu l’un des parents se détourner d’elle (souvent le père et souvent à la venue d’un autre enfant dans la famille). Une période où elle s’est sentie trahie et abandonnée. Ces souffrances qui remontent à l’enfance, sont nécessaires, selon les psychanalystes, pour permettre à l’enfant de sortir de la fusion avec le père ou la mère. Un autre traumatisme dû à une séparation de l’enfant de ses parents, celle de la période du sevrage déjà difficile en soi, pourrait être également une période qui peut être gravée à l’âge adulte et à jamais dans la mémoire. Tout dépend donc de la manière dont ces blessures (pourtant anodines durant l’enfance) auront été vécues. Que certains avalent les couleuvres plus difficilement que d’autres, et les voilà marqués au fer rouge du manque. Aucun amour ne sera jamais assez grand. Aucun être ne sera jamais assez fiable.

A vous d’y remédier Messieurs…

Rien n’est perdu. Au contraire, faîtes de ses jalousies une manière de vous dire qu’elle vous aime et qu’elle a peur de vous perdre. Vous me diriez « pas évident M’dame », mais rien n’est impossible. Essayez plutôt de la réconforter et de lui montrer que c’est elle que vous aimez et aucune autre ne pourrait vous offrir le bonheur que vous vivez avec elle. Quelques points vous aideraient à surmonter-voire éviter- des scènes qui pourraient vous coûter cheres.

Présentez-lui vos collègues et expliquez lui que vous ne confondez jamais travail et plaisir !

Il est clair que vous soyez entouré de jeunes gens du sexe opposé «sympathiques et dynamiques» et dont nombre d’entre elles sont séduisantes. Ce qu’il faut faire: Inutile de lui raconter « toutes » les anecdotes rigolotes et complices que vous vivez quotidiennement avec vos collègues «femmes», si vous voyez que les petites discussions sur la taie d’oreiller tournent souvent au vinaigre. Il faut éviter d’étoffer ces scénarios de films imaginés dès que vous parlez de l’une de vos subordonnées. Rien n’arrête une femme jalouse dans ses montages de films à la Desperates Housewives. Donc, si votre femme ne supporte pas que vous soyez complice avec vos collègues, ne l’encouragez pas à passer au tamis votre quotidien. Essayez plutôt de lui changer les idées, en lui parlant d’autre chose que de votre travail. Et surtout…dîtes-lui qu’elle vous a manquée cette journée. Encore mieux : un petit sms ou un e-mail lui relatant votre amour pour elle, tels que : « je m’ennuie de toi » ou un « j’ai hâte de rentrer ce soir pour te serrer dans mes bras » ne vous coûterait rien et calmerait ses doutes et ses soupçons. « Même au boulot, il pense à moi », s’empresserait-elle de le dire à sa collègue du bureau. Alors n’hésitez pas, ces déclarations ne relèveraient en aucun cas d’un baratin ou d’une mise en scène de mauvais goût. Si on aime on est sincère.

Prêtez votre oreille

En soirée ou entre amis, vous aimez faire de nouvelles connaissances (des deux sexes) et discuter en toute liberté…Ce qu’il faut faire : pensez-y : et si le problème venait de vous, et si vous ne lui accordez pas suffisamment d’attention ? Et si vous vous intéressez « un peu trop » aux autres convives ? Et si vous cherchez à tout prix à vous faire remarquer ou peut-être à séduire le sexe opposé ? Vouloir séduire l’autre sexe est tout à fait normal et peut être anodin mais il ne faudrait pas non plus que cela soit un geste récurrent ! Il est normal qu’elle se sente lésée et mise à l’écart. Au lieu de passer toute votre soirée à papoter, soyez présent et faîtes là participer à vos débats…

L’habit ne fait pas le moine !

Vous lui reprochez souvent de ne pas être aussi fashion que la cousine de la voisine de votre mère. Un commentaire dont vous pouvez vous passer ; d’autant que vous pourrez éventuellement lui glisser des remarques subtiles concernant son look de fille rangée et très carrée. Ce qu’il ne faut pas faire : la comparer à d’autres filles de l’entourage, que vous connaissez tous les deux et éviter de lui dire La situation : vous pouvez lui reprocher de ne pas soigner son apparence sans pour autant faire allusion à des femmes très coquettes qu’elle fréquente .C’est très déplacé ! Ce qu’il faut faire : la rassurer en lui glissant des compliments à propos de sa beauté tout en lui suggérant une petite touche mode ou sexy que vous apprécierez !

La jalousie dans les deux sexes ?

La jalousie pathologique existe dans les deux sexes. Mais elle revêt souvent des formes plus aiguës chez l’homme. Ce sentiment n’est généralement pas permanent : on assiste à de grandes scènes, déclenchées par des évènements anodins. Mais le plus souvent le jaloux regrette ensuite ses emportements et ses crises. En fait, on peut distinguer plusieurs éléments qui caractérisent une jalousie pathologique : elle est chronique (et dure depuis plusieurs années) et souvent accompagnée d’actes d’agressivité.

De l’existentiel au psychotique

La jalousie peut revêtir trois formes principales, de la plus anodine à la pathologique : la jalousie existentielle.

Elle serait en quelque sorte bénéfique au jaloux (au dépend du conjoint) ! Celui-ci se sert de cette expérience pour mieux se connaître et développer sa personnalité.

La jalousie névrotique

La jalousie est compulsive : la personne ne peut s’empêcher de l’être, elle ne contrôle pas ce sentiment. De plus elle est obsédante : elle ne pense qu’a ça. Néanmoins elle n’arrive pas à des extrémités violentes qui peuvent être atteintes dans la jalousie psychotique

La jalousie psychotique

Cette forme survient généralement chez des personnalités paranoïaques, caractérisée par une méfiance, une susceptibilité, un orgueil… Dans ces cas, la jalousie est un véritable harcèlement et peut même devenir violente. C’est la véritable jalousie pathologique

Quelle prise en charge ?

Face à une jalousie pathologique, la consultation d’un psychologue ou d’un sexologue reste indispensable. Dans certains cas, une thérapie de couple peut-être utile. Mais elle peut demander quelques aménagements : éviter par exemple de mettre un thérapeute du sexe opposé au conjoint du jaloux… La jalousie pathologique peut être normalement vaincue, et permettre de retrouver une vie de couple normale. Car il est possible d’aimer sans se gâcher la vie…et celle de l’autre !

Ils nous racontent…

Farid N, cadre dans une entreprise privé: «Je surprends parfois mon épouse en train de fouiller dans le répertoire de mon portable sans me le demander. Je ne trouve pas ces gestes spécialement mignons mais plutôt agaçants par moments. Première question qu’elle me pose: est ce qu’elle est mariée; ce qui est embêtant parfois parce que je peux comprendre cela comme un manque de confiance J’essaie de la comprendre et de lui parler. La communication est primordiale. Ça a l’air de marcher.»

Fares, «Ma chérie est jalouse. Ce qui est agaçant mais il le faut : si elle ne l’est pas, je me poserai des questions. De plus, la jalousie émoustille la relation et la rend plus croustillante.»

Kaci : «Elle ne l’est pas forcément mais il lui arrive de me faire des petites scènes de jalousie modérées dans ces cas là, je la rassure et lui explique que si j’avais envie de voir ailleurs, je l’aurais fait avant de la connaître ; vu mon job de photographe qui me permet de rencontrer beaucoup de mannequins et de jolies filles.»

Lyamine : « Sa jalousie est un péché mignon plutôt. C’est une sorte de preuve d’amour. Cela me flatte et me conduit à l’aimer plus. »

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