Mauvaise gestion portuaire. Le FCE tire la sonnette d’alarme.

Mauvaise gestion portuaire. Le FCE tire la sonnette d’alarme.

Lors d’un atelier débat organisé par le FCE Le Forum Des Chefs d’Entreprise sur le thème «Ports algériens, un gisement de croissance et de compétitivité», en février dernier, plusieurs experts ont soulevé les contraintes liées à ce secteur en termes de gestion et d’infrastructures jugés obsolètes et inaptes à concurrencer les ports des pays méditerranéens, en particulier ceux du Maroc.

Par Lamia N.B

fce01A l’époque de la mondialisation, des échanges et du commerce international, l’activité portuaire représente 90% des échanges commerciaux internationaux qui transitent par le transport maritime. Un secteur devenu un des vecteurs les plus puissants du développement économique. Malheureusement, les ports algériens restent en retrait et n’engendrent pas de plus-value économique.

C’est la conclusion tirée au cours de cette rencontre consacrée à l’activité portuaire. A ce propos, Mr Réda Hamiani, président du FCE, dans son allocution de bienvenue a appelé à «une relance résolue et urgente des réformes touchant ce secteur vital qui impacte directement le fonctionnement et les performances de nos entreprises et de notre économie».

En effet, ce secteur souffre de multiples contraintes, telles que les délais de dédouanement considérés trop longs, l’insuffisance logistique de faible régulation en termes de gouvernance, le traitement des navires, la capacité d’accueil des navires de gros tonnage … ce qui génèrent des surcoûts énormes pouvant atteindre le chiffre de 3 milliards de dollars annuellement, soit le coût de réalisation d’un port de taille mondiale, a expliqué Mr Abdelhamid Bouarroudj, consultant en transport maritime.

Mr Abdelkader Boumsila, consultant et ex-PDG de l’entreprise portuaire de Bejaia (EPB), a affirmé que depuis les années 90, jusqu’à 2010, le flux des échanges mondiaux est passé de 4 à 8,7 milliards de tonnes de marchandises transportées par voie maritime. Ce changement a révolutionné ce secteur en imposant des mutations profondes en matière d’infrastructures d’accueil et de capacité de traitement de navires au tonnage de plus en plus gros. Cette modernisation des ports s’est accompagnée d’une évolution en termes de facilitation de la gestion des flux d’échanges avec l’introduction du système EDI (échanges de données informatisées) qui a révolutionné l’opération de dédouanement des cargaisons. La modernisation des espaces portuaires dans le monde mis en évidence les insuffisances et les faiblesses dont souffrent les ports algériens. En plus des problèmes liés aux infrastructures, les experts comparent les délais moyens de transit dans les grands ports modernes qui se comptabilisent en heures, alors que le délai moyen pour les ports algériens se situe aujourd’hui entre 5 et 25 jours.Pour le premier responsable du FCE le développement du secteur portuaire national est, aujourd’hui, « une nécessité » et « une urgence ». « Les retards peuvent être rapidement rattrapés, pour peu que la volonté politique soit au rendez-vous », a-t-il jugé.

Pour se faire, le FCE recommande «l’implication de tous les intervenants, que ça soit les pouvoirs publics, les entreprises publiques ou privées, ainsi que les entreprises étrangères ». On préconise également l’ouverture de ce secteur au marché mondial pour des investissements internationaux, tout en préservant les intérêts des partenaires, de l’économie et des producteurs nationaux, sous l’oeil régulateur de l’Etat. Selon Mr Hamiani : « l’Etat doit se concentrer sur sa mission régalienne tout en autorisant une plus grande implication de partenaires économiques et des investisseurs privés dans la gestion des activités multiples au sein des enceintes portuaires.».

Ce symposium est l’occasion pour le FCE de démontrer l’importance de ce secteur dans la croissance économique du pays et l’urgence d’investir dans cette activité, pour en faire un levier économique prometteur dans la création de richesses et de réduction de la dépendance extérieure.

Les experts sceptiques

Mr Abdelkader Boumsila, consultant et ex-PDG de l’entreprise portuaire de Bejaia (EPB) déplore l’inexistence d’une stratégie de développement portuaire en matière de gestion et d’infrastructure. Le constat est désolant quant à l’état actuel des infrastructures dégradantes par rapport aux multiples évolutions que connait ce secteur dans les autres pays du monde en général, et dans les pays voisins en particulier. Ce dernier, pointe du doigt la taille des nos ports qui sont inadaptés au flux croissant des transactions commerciales et incapables de suivre l’évolution des transports maritimes actuels. Selon Mr Boumsila, depuis les années 60, le secteur portuaire en Algérie est à l’abandon. En outre, cet expert pense que : « la création de nouveaux ports bâtis sur des partenariats publics-privés » ou sur «la concrétisation de démonopolisation de la gestion portuaire», peuvent contribuer à l’amélioration de la situation présente et apporter des changements sur le plan économique.
Pour Mr Abdelhamid Bouarroudj, l’activité portuaire en Algérie, prend du retard par rapport au autres pays voisins. Ce qui représente un risque réel à long terme. Si notre pays ne se décide pas à investir dans ce secteur, dans quelques années, les transactions commerciales, principalement les hydrocarbures, passeront par la nouvelle plateforme portuaire de Nador West Med, située à 50 km du port de Tanger.
D’après Mr Seriaï, ex-cadre du port de Skikda les surcoûts engendrés par le fret et les autres opérations portuaires s’estiment à 900 dollars par container, et le transport ainsi que le traitement d’un container en Algérie sont 40% plus chers qu’au Maroc. Par ailleurs, les coûts de la logistique représentent 25% du PIB, alors qu’au Maroc elle est de 15%. Et une baisse de 5% de ces dépenses apporterait une économie de près de 9 milliards de dollars par an. Par ailleurs Mr Seriaï dans son intervention revient sur l’interdiction imposée aux opérateurs algériens d’affréter des navires, et ce, au seul bénéfice des armateurs étrangers.

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