Samir Farès. Un premier album,… et déjà tant de succès.

Samir Farès. Un premier album,… et déjà tant de succès.

Le compositeur et interprète de « Li sar issir » et de « Wine nelqa kifek » se lance dans la promotion de son premier album. C’est sur les colonnes de Dziri que le jeune Samir Farès, nous dévoile sa personnalité et nous dit tout son amour pour la chanson qu’il développe depuis qu’il était tout petit.

Par Kamel Said

Qui est Samir Farès ? Parlez-nous de votre passion qu’est la musique.

Je suis auteur, compositeur, interprète. Je suis passionné de musique. A la base, je suis plus musique folk, rock, voir pop que musique algérienne. J’avais d’ailleurs, commencé à écrire en français. Mes deux premiers titres: «Le sourire de Rym » et « Fou de toi», cela fait des années que je les ai écrits. Ce sont mes toutes premières chansons, j’avais 18 ou 19 ans. Après quoi, je me suis mis à écrire en arabe. Le premier titre que j’ai enregistré, c’est « Li sar issir » qui tourne, pas mal en radio depuis fin 2007. Et petit à petit, j’ai enregistré l’album. Comme il est autoproduit, j’ai mis beaucoup de temps à l’enregistrer; donc chaque année, j’écrivais un titre et je le balançais en radio. « Wine nelqa kifek », c’est le deuxième titre, suivi de « Qalbi wella rassi » et dernièrement « Hallou l’bibane ». Ces quatre titres tournent actuellement en radio. Voilà, c’est mon premier album et je peux vous dire que cela a pris de nombreuses années.

Depuis quand êtes-vous sur la scène artistique ?

La toute première fois où je suis monté sur scène c’était en 2001. Mais, je considère que mes tout premiers pas furent, quand j’ai mis « Li sar issir » en radio, fin 2007. C’est là que j’ai commencé à être invité sur les plateaux télé tels que «Aha lil », « Dzaïr show », à Nessma TV, également et des émissions de radio. Je peux vous dire que l’album a véritablement tardé, et à ce titre, les choses ont commencé à être sérieuses fin 2007 et début 2008 avec « Li sar issir ».

C’est mon premier album que je mets là sur le marché. Je n’ai pas voulu lui donner de titre, c’est volontaire. La raison : tout le monde me disait que « Li sar issir » est une chanson engagée. Pour moi, cela n’a aucun sens, l’engagement politique c’est sur le terrain que cela se passe. Pareil pour la seconde chanson « Wine nelqa kifek », qui est une chanson d’amour, dédiée aux femmes. Je ne voulais pas non plus que l’album prenne une connotation de chanson sentimentale. C’est pour cette raison que l’album est sans titre.

Et dans quelle catégorie vous situez-vous, dans ce cas là ? Etes-vous plus engagé ou sentimental ou les deux ?

Franchement, moi, je ne me classe pas. J’écris mes chansons selon le sujet qui me touche. Il est vrai que la chanson « Li sar issir » est peut-être engagée parce qu’elle exprime la fierté de l’Algérien en parlant de la « hogra ». Sinon, 50 % de l’album contiennent des chansons d’amour qui traitent des rencontres, des séparations. On y passe tous. La chanson « Errefdi Ressek » retrace le viol d’une enfant. C’est peut-être lourd, mais c’est véridique et cela existe bel et bien, et il faut en parler. Elle est peut-être engagée dans ce sens par rapport aux enfants. Je n’ai pas de but, de direction ou de cible. Pour cette histoire, c’est une copine qui me l’a racontée et cela m’a inspiré une chanson. Une autre « Âmmi Kaddour », qui parle de t’kaarij, d’un voisin t’kaaraji, c’est une chanson légère, rigolote, qui retrace également un phénomène de société.

Qu’est-ce-qui vous a poussé à devenir chanteur ?

En fait, je suis pharmacien de formation. La chanson pour moi est une passion que je réalise en parallèle. Cette passion s’est dévoilée quand j’étais jeune. Je suis un fan de Francis Cabrel. D’ailleurs, mes premières chansons en français, sonnent très Cabrel.

Seriez-vous sur le point de développer votre propre style ?

Je ne pense pas. Ce serait un peu prétentieux de ma part, parce qu’on n’a rien inventé. Les Beatles, oui, et El-Anka pour ce qui est du chaâbi, mais nous autres, nous n’avons rien inventé. Nous refaisons ce qui a déjà été fait. Je pense, toutefois, que pour ce qui est de la chanson algérienne, les genres sont mélangés. On trouve une chanson pop avec derbouka, l’bendir, mais encore une fois, c’est tout le monde qui a fait cela. Alors quand on me demande : Qu’est-ce-que tu fais ? Je leur réponds du folk, rock, à l’algérienne. Mais dire que j’ai développé un style, cela fait un peu prétentieux.

Concernant votre premier album, est-il disponible sur le marché ? A-t-il eu du succès ?

L’album est sorti en début d’octobre. Cela a coïncidé avec le décès de l’ancien président Chadli. Il est un peu passé inaperçu en raison de cette semaine de deuil. Et comme moi, j’ai dû me déplacer pour le travail, je n’ai pas pu m’occuper de la promotion. Ce n’est que maintenant que je m’y mets. Je ne suis pas très facebook, l’internet, donc c’est ma soeur qui s’est occupé de ce côté-ci de la communication. Il s’avère être un excellent outil et la meilleure invention qu’il soit pour les artistes. Et cela commence à prendre.

Avez-vous votre propre groupe de musiciens ?

En effet, des musiciens m’accompagnent sur scène. Sid Ali Mohammedi, c’est l’arrangeur avec qui j’ai travaillé l’album, et qui est aussi mon guitariste et j’ai mes musiciens. C’est avec eux que je répète, et on a fait pas mal de scènes ensemble. Toutefois, ce ne sont pas des musiciens fixes, dans la mesure où, eux aussi ont d’autres engagements, dans d’autres groupes.

Quelles sont les personnes qui vous ont boosté ?

Dans mon entourage immédiat, je pourrais dire mes amis et ma soeur. Celle-ci m’a beaucoup aidé, et a toujours cru en moi. C’est elle qui m’a offert ma première guitare professionnelle. Pour ce qui est du milieu artistique, j’ai eu la chance de faire de belles rencontres comme celle avec Baâziz. C’est grâce à lui que j’ai enregistré « Li sar issir ».

C’est une chanson qui a eu beaucoup de succès, vous l’avez dit vous-même. Quand vous chantez cette chanson, votre voix est assez particulière. Y-t-il un travail derrière ?

Je n’ai jamais eu l’occasion de prendre des cours de chant. A l’époque j’étais à la fac, et il fallait s’inscrire à l’institut de musique, ce n’était pas possible, par rapport au temps, de faire les deux à la fois. Au final, on apprend à chanter, en reprenant les chanteurs que l’on aime. En quelque sorte, j’ai appris sur le tas. Mais, jusqu’à présent j’aimerais bien trouver un professeur qui m’enseigne l’art de chanter. Les techniques sont nombreuses. Il faut savoir maitriser le souffle, la respiration. Savoir se tenir correctement.

Puisque vous n’êtes pas passé par le conservatoire, comment savez-vous jouer de la guitare ?

Alors ! La guitare, c’est un ami, à Bab El Oued qui m’a appris à l’utiliser. J’aime regarder sur scène des chanteurs qui ne font que guitare et voix, tels que Francis Cabrel et Bob Dylan. On sent que la musique est juste là pour soutenir un texte. J’aime la guitare depuis longtemps. Et un de mes amis, avec qui j’ai l’habitude de jouer au basket, m’a appris à gratter sur une guitare. Aujourd’hui, je peux lire une partition, tout en continuant à me documenter sur le sujet. Mais, à la base on ne m’a montré que quelques accords. Quand on aime, on cherche, et à travers les rencontres, on apprend. Je suis autodidacte, en quelque sorte. J’arrive à composer et à écrire des chansons. D’ailleurs, je m’accompagne à la guitare sur scène.

Quels sont vos projets ?

Je suis en pleine promotion de mon premier album et je compte monter sur scène, en France entre autres, notamment à Toulouse, en décembre prochain pour un festival. D’autres scènes sont en projet à l’étranger mais elles ne se sont pas encore concrétisées. En Algérie, je viens de terminer une petite tournée avec l’OREF. On a fait Jijel, Béjaïa, Tizi Ouzou, Bordj, et Bouira. Le public a été très réceptif et très accueillant. Et là, on va commencer à effectuer une autre tournée, début décembre, dans les salles d’Alger.

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