Première victoire pour Care et Injaz El Djazaïr. Algreenia sur le toit de la région Mena.

Première victoire pour Care et Injaz El Djazaïr. Algreenia sur le toit de la région Mena.

Il y avait de la joie le 14 novembre dernier. Dans la salle de l’hôtel Hilton qui devait abriter une conférence de presse portant sur les start-Ups, la jubilation et les embrassades ont pris le dessus sur la réalité d’un pays où il faut faire preuve d’une grande patience pour créer une entreprise.

Par Ali Boukhlef

Même avec des moyens limités, une entreprise de jeunes étudiants algériens issus de l’école polytechnique, a réussi l’exploit de se hisser sur le haut du podium des entreprises régionales. Classée première lors du concours national de jeunes entreprises, tenu le 7 novembre dernier à Alger, cette société –expérimentale- spécialisée dans la récupération du papier, est allée décrocher la palme d’or à Doha, au Qatar, où elle a pu se mesurer à d’autres entreprises du même type et issues de plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Les responsables de Injaz El Djazaïr et ceux de CARE (Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise) étaient tout et tous fiers d’annoncer que la première session de parrainage de jeunes entreprises en Algérie a réussi. Leen Abdeljaber, directrice exécutive de Injaz El Djazaïr et Slim Othmani, président de CARE, était réjouie d’annoncer non seulement qu’une entreprise algérienne a gagné au concours final régional, mais que la prochaine session de cette compétition régionale pourra se tenir ici en Algérie. « La candidature de l’Algérie a été retenue », a expliqué Slim Othmani qui avoue qu’il est « conscient qu’une telle entreprise nécessite beaucoup de fonds et de temps ». N’empêche, ces responsables semblent être prêts à relever le défi.

Le Pdg d’Algreenia, Ghalib Fissah, lui, préfère garder les pieds sur terre. Lors d’une allocution prononcée à l’occasion de la célébration de cet évènement, le jeune étudiant a indiqué que ses camarades et lui comptent poursuivre l’aventure. Ces derniers ont déjà enregistré leur projet au niveau du Centre national de registre de commerce. « Nous continuons à travailler pour convaincre d’éventuels investisseurs de miser sur notre projet», a-t-il promis.

Leen Abdel Jaber a tenu à rappeler l’itinéraire de Injaz El Djazaïr. Cette 2010. Elle se charge d’accompagner des étudiants de grandes écoles dans un processus de création d’entreprises. L’opération a concerné, dans un premier temps, 8 grandes écoles. Cette opération va toucher plus de 3000 jeunes dès l’année 2013. Cela n’est bien sûr pas le fruit du hasard. C’est l’action d’une volonté de fer des Injaz El Djazaïr avec l’aide des entreprise privées notamment Alstom , «qui nous a aidés», insiste Leen Abdeldjaber; Classée meilleure entreprise en Algérie, Algreenia s’est distinguée à Doha, la capitale du Qatar. Avec une équipe de 27 jeunes étudiants dynamiques et des techniques innovantes, l’entreprise a réussi le pari de placer la barre très haut. Une chose qui a suscité apparemment l’engouement d’étudiants de l’école polytechnique et au-delà. Puisque, selon les promoteurs de Algreenia, plusieurs étudiants veulent déjà faire partie de l’équipe. Sauf qu’il est déjà trop tard, car, à partir de décembre ce sera une nouvelle session qui commence. Pour l’année prochaine, les responsables de Injaz et Care ambitionnent de toucher d’autres écoles. Mieux, Slim Athmani et Leen Abdeljaber souhaitent aller auprès d’autres jeunes de l’intérieur du pays, y compris ceux des lycées et écoles dépendant du ministère de l’Education nationale. L’objectif étant d’initier un maximum de jeunes à l’entreprenariat. Car, comme l’a dit Hind Beniloud, vice-présidente du Conseil d’administration de Injaz El Djazaïr, les jeunes n’ont pas besoin seulement d’argent, mais «ils ont besoin également d’un accompagnement et de conseils». C’est cela l’ambition du projet Injaz El Djazaïr.

Leurs impressions:

 Leen Abdejaber, directrice exécutive Injaz El Djazaïr :

« Je suis fière de ces jeunes »

Dziri : L’une des entreprises ayant participé au programme Injaz, AlgreeNia a remporté le premier prix du concours régional qui s’est déroulé récemment à Doha. Quel est votre sentiment ?

Leen Abdejaber : Je suis très fière de ces jeunes. Ils nous ont honorés et ont honoré l’Algérie. Le concours a été très difficile. Mais ils ont su passer toutes les étapes de la présentation avec brio. Je leur souhaite plein de succès et de réussite. J’espère qu’ils vont concrétiser ce projet sur le terrain, d’autant plus qu’ils ont un bon projet, enregistré et avec lequel ils peuvent affronter le marché du travail.

Quels sont vos projets dans un avenir proche ?

Au niveau de Injaz, nous sommes présents dans 8 grandes écoles. Nous espérons pouvoir élargir notre action. Nous ambitionnons aussi de sortir en dehors de la capitale et d’aller à l’Est, à l’Ouest et au Sud du pays. Nous voulons toucher le maximum de jeunes.

Slim Othmani, président du Conseil d’administration de Injaz El Djazaïr

« Je suis rassuré pour l’avenir de l’Algérie »

M. Othmani, vous avez accompagné ces jeunes Algériens au Qatar. Quel est votre sentiment après ce sacre ?

Mon sentiment est que je suis rassuré pour l’avenir de cette région, en me disant que le potentiel est là. Maintenant, c’est à nous et à ma génération ainsi que celle qui m’a précédé, de s’assurer que l’environnement des affaires soit propice à l’éclosion et à la réussite de tous ces talents pour que l’économie de la région prospère.

Cet intérêt pour le climat des affaires doit s’afficher autrement qu’il ne l’est actuellement. Ce n’est pas suffisant. Nous sommes très loin de ce qu’on pourrait faire pour voir émerger une économie diversifiée en Algérie. J’appelle à corps et à cri les pouvoirs publics à s’intéresser de très près à ce potentiel et, surtout à se remettre en question au niveau du climat des affaires pour qu’il soit propice au développement de l’entreprise en Algérie.

Après un premier résultat encourageant, quels sont les prochains projets de CARE et Injaz El Jazaïr ?

L’année 2013 va être intéressante en ce sens que les objectifs sont extrêmement ambitieux. On s’est fixé comme objectif de former 3000 jeunes à l’entreprenariat. Notre principal objectif est de réussir à conclure un accord avec le ministère de l’Education nationale. Nous n’avons malheureusement pas pu obtenir un tel accord avec le précédent ministre de l’Education nationale qui a fait véritablement obstruction au projet de Injaz El Jazaïr sans aucune raison politique ou économique, et sans que cela ne soit justifié.

Je tiens à dire cela parce que faire mal aux jeunes gratuitement n’a aucun sens. D’autant plus que cela ne s’inscrit dans aucune logique, ni dans le programme du chef de l’Etat ni dans la politique des partis politiques, ceux du pouvoir comme ceux de l’opposition.

Propos recueillis par A. B.

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