Mokrane Achour. Directeur Général de Batigec Immobilière

Mokrane Achour. Directeur Général de Batigec Immobilière

La valeur d’un manager est celle de l’expérience accumulée

Gérer une équipe demeure une responsabilité à bien des égards. C’est à ce statut, ô combien complexe, que Mokrane Achour, Directeur Général de Batigec Immobilière, tente d’apporter des éclaircissements. Dans les colonnes de Dziri, il nous peint son métier de manager.

Par Sonia Dahbi

Financier de formation, et après un début dans le secteur bancaire, vous occupez, successivement, le poste de sous-directeur, directeur central, puis président directeur général dans le secteur du bâtiment.

Comment avez-vous abordé votre première prise de fonction au niveau d’une équipe ?

Le principe fondamental dans la gestion d’une équipe réside dans la capacité à rassembler les individualités autour d’un objectif commun, celui de la performance. Pour cela, l’ensemble de la constituante doit se trouver à un même niveau d’information. Faire circuler et véhiculer l’information constitue le ciment de l’équipe. D’autre part, il s’agit de ne pas brider les initiatives et iles faut laisser libre cours aux actions des uns et des autres, tout en insistant néanmoins, sur les limites des risques et des règles prudentielles. La concertation et l’esprit d’équipe constituent donc, la meilleure des stratégies de gestion. Savoir écouter, anticiper les événements et établir des projections planifiées forment la ligne de conduite toute indiquée. En un mot, la collégialité doit primer.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées à vos débuts ?

Elles sont de nature diverse. Il faut d’abord, revenir au contexte initial. Le gestionnaire se découvrait pris dans un carcan procédural où les initiatives et la prise de risques se trouvaient confrontées à des balises posées par une gestion administrée, ce qui réduisait considérablement tout esprit de compétitivité, d’émergence, et de valorisation de compétences. Dans ce contexte, les potentialités s’en trouvaient réduites par une exploitation insuffisante des compétences.

Quelles sont les erreurs à éviter ?

Les erreurs à éviter sont avant tout celles qui ont été commises, et nul ne peut se prévaloir d’en être exempt. C’est précisément la confrontation avec des situations particulières qui forge la réaction du responsable, son aptitude à contourner la difficulté, à apporter les réponses idoines. Comme on dit précédemment, cette aptitude à éviter les erreurs est grandement favorisée par une vision à long terme et l’esprit de collégialité.

Qu’est-ce-qui a changé après toutes ces années de management ?

Le changement est la résultante de toutes les mutations qui se sont opérées dans la sphère économique du pays. Jadis, les entreprises bénéficiaient en toutes circonstances, de l’assistanat de l’Etat. Néanmoins, avec l’ouverture du marché algérien enregistrée au début des années 2000, l’esprit de concurrence qui s’est élargi et la pénétration du marché par des opérateurs étrangers, ont fait que les managers ont dû s’adapter à cette nouvelle configuration, en sortant des sentiers battus.

Comment coachez-vous les employés inexpérimentés ?

L’intégration du personnel inexpérimenté se fait graduellement en le plaçant directement en milieu opérationnel, tout en étant suivi et entouré par des hommes chevronnés. C’est en fait une mise en milieu professionnel encadrée, qui vient compléter et renforcer les connaissances théoriques acquises. A cette intégration active vient s’ajouter, tout au long de la carrière, des cycles de mise à niveau de formation et de perfectionnement.

Comment s’imposer lorsqu’on est manager ?

Etre manager ne veut pas dire nécessairement imposer sa vision des choses et ses idées. La clé de la réussite tient beaucoup, pour le manager, à écouter ses collaborateurs, à en tirer les meilleures propositions pour aboutir à l’adhésion de tous dans la prise de décision. Il n’en demeure pas moins que le manager se doit d’être à un niveau supérieur dans la vision stratégique, à moyen et long terme pour trouver les axes directeurs de gestion. Il doit également évaluer les risques de toute décision majeure, tout comme il doit jouir d’une grande capacité de réaction dans la prise de décision particulière et urgente.

Comment cerner son profil et celui des autres ?

Cerner son propre profil reste un exercice assez délicat. Néanmoins, cela peut se réaliser à travers l’image réfléchie par les collaborateurs. A partir de là, le manager peut apporter éventuellement, les correctifs et les adaptations nécessaires. Encore une fois, le maître-mot est la collégialité sans se départir de la fermeté indispensable.

Comment s’affirmer devant ses subordonnées et collègues ?

Au risque de se répéter, savoir écouter est un atout nécessaire au manager. A mon humble avis, savoir déléguer est également une stimulation dans la valorisation des compétences, à l’inverse d’une concentration du pouvoir de décision unique. La retenue, la raison, le respect des collaborateurs, ne pas réagir à chaud à certaines situations restent le propre du gestionnaire avisé.

Comment faire accepter ses idées en réunion ?

Pour les faire accepter, il est évident que l’adhésion de tous est recherchée. Le sens de la persuasion est donc nécessaire, ajoutée à la totale connaissance de tous les volets de la gestion. Il faut d’abord, en premier lieu, en être soi-même convaincu. Faire accepter ses idées, c’est d’abord accepter celle des autres.

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